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ESG / ESG / la banque postale / La Banque Postale Asset Management / L'Oréal / Renault

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La réussite de la transition énergétique passe par une vision 360

À l’occasion des « Dialogues de l’Economie citoyenne » organisés par La Banque Postale, divers intervenants ont rappelé que si, pour réussir sa transformation énergétique, une entreprise doit sensibiliser ses fournisseurs, les investisseurs doivent également développer avec elle un dialogue constructif. 
La transition énergétique d'une entreprise ne se joue pas qu'à l'intérieur d'une de ses usines (Photo by NICOLAS MAETERLINCK / BELGA MAG / Belga via AFP)
La transition énergétique d'une entreprise ne se joue pas qu'à l'intérieur d'une de ses usines (Photo by NICOLAS MAETERLINCK / BELGA MAG / Belga via AFP)

Avoir la conviction qu’il existe une crise climatique et que la transition énergétique est une des solutions pour résoudre cette urgence est une première étape, mais un fort alignement dans l’entreprise est encore plus impactant. "Ça commence d’abord par inscrire dans les statuts une raison d’être. Ensuite, l’entreprise doit se fixer des objectifs ambitieux, certains à très long terme, comme notre ambition chez Engie d’être neutre en carbone à l’horizon 2045, mais qui doivent aussi être déclinés en objectifs plus courts termes à 2025, 2030, tels que par exemple d’avoir respectivement 50 gigawatt et 90 gigawatt de capacité installée en renouvelable électrique ", a expliqué Catherine Mac Gregor, directrice générale de Engie, à l’occasion des "Dialogues de l’économie citoyenne ", organisés par La Banque Postale, première banque mondiale en matière de RSE selon l’agence de notation extra-financière Vigeo Eiris. Une vision partagée par Philippe Heim, président du directoire de la Banque Postale et directeur général adjoint du groupe La Poste : "L’alignement, c’est également faire de l’impact un élément de performance économique et de nos clients par nos produits des acteurs de la transition ", a-t-il complété.

 

Un accompagnement des investisseurs

 

Dans cette transformation, les investisseurs ont un vrai rôle à jouer. "Les entreprises ne doivent pas agir sous la pression des investisseurs mais un dialogue avec eux enrichira leur réflexion ", a souligné Catherine Mac Gregor. Pour cela, ils ne doivent pas systématiquement sanctionner. "Il faut dépasser le débat "rester ou sortir". Nous devons favoriser la transition par le débat actionnarial afin d’influencer les entreprises. Par exemple, à travers La Banque Postale Asset Management (LBPAM), nous avons participé à 630 assemblées générales, l’idée étant d’entrer dans un échange constructif avec le management", a ajouté Philippe Heim. Mais, ce dialogue ne doit pas uniquement être réservé aux grands groupes. Les plus petites entreprises doivent également être sensibilisées. "Les entreprises de taille plus modeste n’ont pas forcément les moyens de planifier leur décarbonation, c’est donc notre travail de les accompagner ", a rappelé Emmanuelle Mourey, présidente du directoire de La Banque Postale Asset Management (LBPAM), entreprise 100% ISR gérant 60 milliards d’euros d’encours.

Certes, pour respecter leurs objectifs propres fixés dans le cadre de leur transition énergétique, les investisseurs doivent procéder désormais à des sélections. A ce titre, LBPAM ne finance d’ores et déjà plus les projets industriels ayant recours à des énergies fossiles et prévoit d’exclure les entreprises qui ne veulent pas s’engager dans la transition ou celles ayant encore recours à des énergies fossiles, mais elle a bien conscience qu’elle doit se montrer à l’écoute : "Exclure est la chose la plus simple à faire mais cela ne fait pas avancer la cause climatique dans le monde. Nous allons donc mettre en place des outillages en matière ESG (critères environnementaux, sociaux et de gouvernance) de plus en plus précis pour suivre la progression des entreprises du secteur énergétique", a toutefois précisé Emmanuelle Mourey.

 

Une sensibilisation des fournisseurs

 

Cependant pour parvenir à réussir sa transition énergétique, un grand groupe doit également sortir "de la frontière de son entreprise ", a indiqué Joël Trochon, directeur développement durable Europe chez L’Oréal. Cela passe donc par une éducation et une sélection des partenaires commerciaux. " Il faut savoir embarquer dans notre ambition nos fournisseurs puisque l’impact climatique n’est pas simplement le sujet de nos usines, il est partout ", a revendiqué Joël Trochon. "Notre devoir est aussi de les accompagner vers cette transition et notamment avec le soutien de nos équipes achat ", a-t-il poursuivi. Pour cela, les entreprises doivent choisir sur des critères ESG leurs partenaires mais aussi en aval les clients distributeurs. " Pour notre groupe, il s’agit des parfumeries, des salons de coiffure…tous ceux qui utilisent les produits de nos gammes. Nous devons leur apprendre à changer leur mode de consommation ", a rappelé le directeur développement durable Europe de L’Oréal. Un élément incontournable pour les entreprises dans la mise en œuvre de leurs objectifs ESG à court et long terme, et ce dans tous les secteurs industriels. " Il faut une coalition commune et prendre l’écosystème en entier si l’on veut réussir sa transition énergétique. Chez Renault Group, nous étudions la totalité du cycle d’une voiture : de la genèse des composants des matières premières que nous utilisons jusqu’à la fin des véhicules", a expliqué Clotilde Delbos, directrice générale adjointe de Renault Group et de la marque Mobilize qui craint toutefois un échec de la transformation des entreprises en raison de la répercussion de son coût sur le client final : "Le citoyen n’est pas prêt à payer la transition énergétique", a-t-elle prévenu.

 

Une flexibilité de la part des pouvoirs publics

 

Si pour Laurent Babikian, directeur monde des marchés de capitaux CDP – Carbon Disclosure Project, la réponse à la hausse des prix de vente réside "dans une baisse substantielle de la profitabilité des entreprises ", les autres intervenants ont estimé que les pouvoirs publics devaient également se montrer plus compréhensifs. "Nous avons un besoin de flexibilité. Les institutions nous imposent du tout électrique en Europe, ce qui ne laisse aucune place à l’innovation. Tout le monde travaille sur les mêmes technologies et sur les mêmes ressources naturelles, ce qui, en conséquence, accélère leur épuisement ", a constaté Clotilde Delbos qui regrette également que les fournisseurs ne soient pas soumis à la réglementation européenne sur la taxonomie verte au même titre que les constructeurs automobiles. Un besoin d’harmonisation partagé par Emmanuelle Mouret qui attend des pouvoirs publics au niveau européen un meilleur accompagnement des petites entreprises afin de favoriser leur transformation. "Il faut des réglementations plus claires, que le risque climatique soit imposé dans la façon de fonctionner des sociétés, nous devons aller beaucoup plus loin pour réussir collectivement", a-t-elle déclaré.  

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