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France : des entreprises armées pour supporter la remontée des taux
"Jusqu’ici tout va bien", a déclaré Sylvie Goulard, seconde sous-gouverneure de la Banque de France. La banquière centrale a voulu insister sur la résistance dont font preuve les entreprises hexagonales alors que se produit une normalisation acérée des conditions de financement depuis le début de l’année. "C’est une photographie et non une prévision", a-t-elle indiqué, à l’occasion d’une conférence de presse sur l’évaluation des risques pour le système financier français (rapport semestriel de la Banque de France).
"Le resserrement des conditions de financement est pour l’instant sans impact majeur sur l’accès au crédit bancaire et au financement de marché", affirme la Banque centrale française, qui s’appuie sur la dynamique de l’encours de l'octroi de crédit et des émissions obligataires pour réaliser ce diagnostic. Tandis que le volume de crédits aux sociétés non financières continue de croître de plus de 5 % l’an, les émissions obligataires mensuelles évoluent proche de leur moyenne observée depuis début 2018 (20 milliards d’euros).
La remontée des taux d’intérêt se produit dans un contexte compliqué pour les entreprises non financières françaises. En effet, leur endettement brut consolidé a atteint 82,8 % du Produit intérieur brut (PIB) fin 2021 quand la moyenne de la zone euro est de 63,6 %. "L’endettement des SNF françaises est notamment supérieur aux niveaux prévalant aux États-Unis, en Allemagne, en Italie et en Espagne mais reste plus faible qu’au Japon", précise la Banque de France.
Depuis quelques mois, l’heure n’est plus aux emprunts quasi gratuits sur le marché obligataire : en 2021, la quasi-intégralité des sociétés non financières (SNF) notées investment grade (les obligations les plus sûres) bénéficiaient d’un taux d’intérêt de refinancement inférieur à 1 %, or depuis quatre mois il n’y a quasiment plus aucune entreprise profitant d’un tel taux. Cela n’était plus arrivé depuis quatre ans. "Pour les titres de dette, le resserrement est d’abord une conséquence de la hausse de l’inflation et des anticipations de normalisation de politique monétaire plutôt que d’une défiance vis-à-vis de la qualité de crédit des SNF, alors que les spreads évoluent à la hausse mais de manière contenue", tempère la Banque de France.
"Face à une hausse des taux supplémentaire, les SNF françaises, du fait du profil de maturité de leur dette étalé dans le temps, et de la part très majoritaire des taux fixes, devraient se montrer résilientes", a par ailleurs avancé l’institut d’émission. Dans le détail, les deux tiers de la dette des SNF sont à taux fixe (environ 65 % pour les crédits bancaires, plus de 90 % pour les obligations) tandis que les trois quarts de leur dette ont une maturité supérieure à un an. Si bien que dans le cas d’une hausse des taux d’intérêt de 200 points de base alors la charge annuelle d’intérêts des SNF passerait de 33 à 55 milliards d’euros sur trois ans, d'après les calculs de la Banque de France. "Au total ce surcoût devrait, en agrégé, être absorbable par les entreprises, compte tenu de leurs niveaux toujours élevés de trésorerie", juge la Banque centrale.
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