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Le FMI marche sur des œufs
Des "développements de plus en plus sombres ", voilà comment le Fonds monétaire international (FMI) qualifie l'année 2022. Des chocs multiples ont secoué une économie en pleine reprise et obligent aujourd'hui l'institution basée à Washington à réviser à la baisse leurs prévisions du printemps. Les nouvelles prévisions de base du FMI font état d'une croissance qui devrait ralentir, "passant de 6,1 % l'an dernier à 3,2 % en 2022, soit 0,4 point de pourcentage de moins que dans les perspectives de l'économie mondiale d'avril 2022".
Outre-Atlantique c'est avant tout les dépenses de consommation qui ont déçu et entraînent une révision à la baisse de 1,4 point de pourcentage aux États-Unis. Le resserrement de la politique monétaire pour juguler l'inflation est également mis en cause. L'Empire du milieu a quant à lui connu une aggravation de la crise immobilière et des blocages multiples qui "ont conduit à réviser à la baisse de 1,1 point de pourcentage" avec les conséquences en cascade que cela comporte pour le reste de la planète.
Le Vieux continent subit également "d'importantes révisions à la baisse", issues du cocktail dévastateur constitué du resserrement de la politique monétaire et des conséquences de l'invasion de l'Ukraine. Ce conflit aux portes du continent pèse durablement sur les économies européennes tant par les embargos sur les hydrocarbures que par les ressources que l'Ukraine n'exporte plus ou peu. Ce qui fait diminuer la prévision de croissance de la zone euro de 0,2 point de pourcentage en 2022 et de 1,1 point de pourcentage en 2023. Les mauvais signaux en provenance de la France, de l'Allemagne et de l'Espagne ne sont pas compensés par les meilleures perspectives pour l'Italie.
Ces prévisions ne sont pas particulièrement rassurantes et avertissent également que "les risques qui pèsent sur les perspectives sont très majoritairement orientés à la baisse". De fait, le FMI n'écarte pas un "scénario alternatif plausible" qui verrait l'inflation continuer à augmenter et dans lequel "la croissance mondiale tomberait à environ 2,6 % et 2 % en 2022 et 2023". Une situation qui "placerait la croissance dans les 10 % les plus bas depuis 1970".
L'organisation basée à Washington craint une escalade des embargos sur les hydrocarbures russes, une spirale inflationniste qui apparaît ou encore un resserrement des conditions de financement qui mettent en difficulté les économies émergentes. Les crises vécues en Amérique du Sud ou au Sri Lanka pourraient effectivement faire des émules au vu de la dépendance de certaines parties du globe à des matières premières en particulier. De nombreux pays africains ont été soulagés de voir l'accord entre Moscou et Kiev pour une reprise des exportations de blé ukrainiens à travers la mer noire.
Néanmoins un soupçon d'optimisme est de mise dans les prévisions du FMI, mais plutôt pour l'année prochaine. Notamment sur le sujet de l’inflation certes pour cette année elle "devrait atteindre 6,6 % dans les économies avancées et 9,5 % dans les économies de marché émergentes et en développement cette année, soit des révisions à la hausse de 0,9 et 0,8 point de pourcentage respectivement". Mais par la suite les équipes la directrice générale Kristalina Georgieva pensent que "la politique monétaire désinflationniste devrait porter ses fruits" dès l'année prochaine, avec une inflation mondiale de "seulement 2,9 %"
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