Macro-économie / Taux / Balance commerciale / France
Macro-économie / Taux
Balance commerciale / France
France : une balance commerciale à l’agonie
Depuis le second semestre 2020, il n’a de cesse de s’enfoncer en territoire toujours plus négatif. En France, le solde des échanges de biens avec le reste du monde a affiché un déficit de 71 milliards d’euros au cours du premier semestre 2022, d’après les données publiées par les Douanes, soit une dégradation de 40 % par rapport au second semestre 2021.
"Dans un monde très perturbé depuis l’agression de l’Ukraine par la Russie, la France connaît le même sort que les principaux pays de l’Union européenne : tous voient leur solde commercial se dégrader depuis le début de l’année 2022 du fait de l’explosion des prix de l’énergie", a déclaré Olivier Becht, ministre délégué en charge du Commerce extérieur, de l’attractivité et des Français de l’étranger. Sur douze mois glissants, la France affiche ainsi un déficit commercial de 121,9 milliards d'euros.
La seule facture énergétique explique cette dégringolade (elle est passée de 27 milliards d’euros au second semestre 2021 à 48 milliards d’euros durant les six premiers mois de 2022), tandis que la hausse des prix de l’énergie (pétrole, gaz naturel) démarrée dans le courant de l’année 2021 s’est accélérée avec la guerre russo-ukrainienne, l’euro s’est significativement déprécié face au dollar ce qui a contribué à alourdir l’addition. En effet, hors énergie et hors matériel militaire, le déficit se stabilise, aux alentours de 36 milliards d’euros.
Les services limitent les dégâts
Si l’on élargit la focale et que l’on s’intéresse à l’état de la balance des transactions courantes (qui regroupe les échanges de biens mais aussi de services et de revenus), cette dernière affiche de nouveau un déficit lors du premier semestre 2022 (10 milliards d’euros), après avoir été en excédent lors de l’année 2021 (9 milliards d’euros), pour la première fois depuis bien longtemps. Cela aurait toutefois pu être bien pire… les services ayant permis de circonscrire la taille du déficit.
Il faut dire que l’excédent de ces derniers a été multiplié par près de trois par rapport à l’avant-crise sanitaire (34 milliards d’euros contre 13 milliards d’euros). "Les exportations de services sont tirées par les exportations de services de transport (40 Md€, +20 % par rapport au semestre précédent) et par celles des services de voyages (27 Md€, +32 %) qui confirment leur embellie en dépassant, depuis le mois de mai, leur niveau d’avant-crise", précise le ministère de l’Europe et des affaires étrangères.
En 2022, la balance courante de la France devrait afficher un déficit de 1,4% du Produit intérieur brut (PIB) (contre un excédent de 0,4% en 2021), d'après le Fonds monétaire international (FMI). "Malgré des liens directs limités en matière de commerce et d'investissement avec la Russie et l'Ukraine, la balance courante devrait passer à un déficit [...] sous l'effet d'un choc important des termes de l'échange [les prix des importations augmentent plus vite que ceux des exportations, ndlr] et d'une baisse de la demande extérieure de la part des partenaires commerciaux touchés par la guerre ainsi que par des effets de la chaîne d'approvisionnement", écrit l'institution de Washington dans son rapport sur le secteur extérieur.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

