Feuilleton de l'été / Hervé Legros / Alila / Immobilier / Promoteur
Feuilleton de l'été
Hervé Legros / Alila / Immobilier / Promoteur
Ils et elles vont construire le monde d'après – Hervé Legros
"Ma véritable école a été l’entreprise"
Autodidacte. A 39 ans, Hervé Legros est à la tête d’Alila, grand promoteur spécialisé dans la construction de logement aidé, qu’il a lui-même fondé. Une réussite bâtie en partant du bas de l’échelle et qui doit peu à un cursus scolaire abrégé. "J’ai un parcours atypique", confie l’homme d’affaires à WanSquare, "j’ai arrêté l’école à 14 ans, passé un CAP plomberie à 16 ans et monté ma première boîte à 18 ans.", raconte-t-il. Car s’il ne s’épanouit pas dans les études, le jeune homme d’alors est déjà doté d’un fort esprit d’initiative et d’une ambition très développée.
Hervé Legros a "toujours été quelqu’un d’ambitieux". Et s’il préférait parfois l’affirmer "à demi-mot" à ses débuts, la réussite est aujourd’hui totalement assumée, après avoir créé avec ses équipes "en à peine quinze ans" le douzième promoteur national, avec un chiffre d’affaires de plus de 700 millions d’euros.
Il n’imaginait d’ailleurs pas sa vie professionnelle autrement qu’à travers l’entrepreneuriat. C’est tout un état d’esprit qui, dès le départ, l’attire : celui des grands groupes, des grands patrons. "Je me suis nourri de beaucoup de réussites" et "j’ai toujours voulu être entrepreneur", souligne celui qui n’a jamais été salarié, et qui compte Jean-Michel Aulas, le fondateur de Cegid et président de l’OL, parmi ses modèles et amis.
Ascenseur social
"Ce qui est fabuleux, c’est que l’on peut partir de rien, d’une feuille blanche et écrire une histoire, sans avoir forcément un diplôme en poche, ni des parents fortunés. L’ascenseur social existe", explique d’un ton passionné le dirigeant, pour qui l’entrepreneuriat devrait même être enseigné à l’école. Ou, à tout le moins, il faudrait davantage en expliquer selon lui les bons côtés ainsi que les vertus de la prise de risque.
L’immobilier, son domaine de prédilection, s’est imposé naturellement. "Parce que j’ai grandi dedans", explique Hervé Legros. Son père étant conducteur de travaux, il commence à travailler très jeune sur les chantiers. C’est là que naît la passion, immédiatement. "Les tours, les buildings, les grues, j’ai toujours été extrêmement attiré par la construction en étant très jeune. Et puis l’immobilier est un métier noble. On reconstruit la ville sur la ville, cela m’a toujours fasciné", détaille le dirigeant.
Pourquoi le CAP plomberie ? "L’Education nationale m’a placé là où étaient mes parents. J’aurais eu un père coiffeur, ils m’auraient mis en salon de coiffure". Il se trouve aussi que l’une ses tantes qui vivait aux Etats-Unis lui avait suggéré l’idée ce métier dans lequel il trouverait facilement du travail si un jour il souhaitait traverser l’Atlantique.
"Capitaliste de gauche"
Mais il reste en France et monte son agence immobilière. Les affaires marchent rapidement, il gagne beaucoup d’argent. L’activité prend de l’ampleur, et comprend vite jusqu’à trois agences avec "beaucoup de commerciaux". Mais le jeune entrepreneur a un autre but. "Le métier de mandataire et d’intermédiaire me plaisait mais ma vocation était vraiment de devenir promoteur", raconte Hervé Legros. "J’ai été plombier, charpentier, je n’ai jamais eu peur de construire, j’avais cet ADN", explique le trentenaire, qui a toutefois dû pour cela, s’armer de patience, y aller "step by step", afin notamment de se faire connaître des banques. Pour ses premières opérations, il trouve ainsi des terrains via son agence et les commercialise par le même biais. Ses débuts dans la promotion sont aussi marqués par de belles rencontres, "des notaires qui vous accompagnent, des clients fortunés qui vous font confiance", de "belles personnes" pour qui le jeune entrepreneur a de la reconnaissance.
La bascule vers le logement social se produit en 2008. "Nous avions détecté un terrain à Bourg-en-Bresse, sur lequel nous souhaitions faire de petits pavillons en accession à la propriété, la Mairie nous a dit oui, à condition d’y faire du logement social". C’est là que tout commence. Le jeune entrepreneur détecte "les besoins très forts" de ce type de projet à forte visibilité à l’époque de la pleine crise financière. Et surtout, venant lui-même d’un milieu modeste, il voit un "vrai sens" à faire du logement social. C’est aussi à ce moment que le groupe change de nom, HPL devenant Alila. Je voulais "une marque forte", explique-t-il, alors que le groupe se développe à grande vitesse.
Du logement à l'art pour tous
De fil en aiguille, l'entreprise élargit progressivement son modèle économique au logement intermédiaire. Aujourd’hui, "Alila est le leader du logement pour tous", souligne Hervé Legros, revendiquant pleinement sa fibre sociale. "Les gens me considèrent souvent comme un capitaliste de gauche", s’amuse-t-il. S'il se défend de toute appartenance politique, la définition ne lui déplaît pas. "Je suis un vrai capitaliste dans le sens où je suis redoutable dans les affaires, un vrai business man", poursuit-il. Et aussi, "j’aime les gens", explique celui qui tient sincèrement à "se mettre en quatre" pour construire des résidences de qualité et "faire du logement social qui ne ressemble pas à du logement social".
"A mon tour, je souhaite redonner la chance que l'on m'a donnée, le mieux possible", poursuit-il. C'est dans cet esprit que la fondation Alila a été créée il y a deux ans, celle-ci agissant auprès de nombreuses associations de terrain.
Parmi ses nombreuses actions, la fondation prépare notamment pour la rentrée un grand projet à Villeurbanne (désignée capitale française de la culture cette année) dont le célèbre artiste Richard Orlinski est le parrain. Il s'agira du "plus grand lieu de street art d’Europe", auquel participeront 150 artistes, "et ce sera gratuit", précise le dirigeant. "Nous souhaitons démocratiser l’art, mener des actions dans les quartiers, les HLM, afin d'apporter l’art pour tous", poursuit-il d’un ton passionné.
Crossfit
Comment Hervé Legros envisage-t-il l’avenir ? "Nous voulons devenir le plus grand groupe immobilier français" n'hésite pas à lancer le dirigeant pour qui l’histoire du groupe Alila ne fait que débuter. "Nous avons écrit quelques chapitres mais sommes loin d'avoir fini le livre". C’est avec l’ambition toujours chevillée au corps que le jeune entrepreneur souhaite jouer un rôle dans la crise mondiale du logement, ce qui pourrait passer par l’internationalisation du groupe, afin de "pouvoir dupliquer notre savoir-faire dans d’autres pays". "L’Afrique m’attire particulièrement" souligne-t-il.
Cet esprit compétiteur s’accompagne d’une hygiène de vie rigoureuse. Le trentenaire n’hésite pas à se qualifier d’ "extrémiste" à ce sujet. "Je ne bois pas d’alcool, je ne me drogue pas, je mange beaucoup de protéines", explique celui qui fait "15 heures de sport par semaine", s’entraîne "comme "un athlète de haut niveau" et s’est forgé un corps solide grâce à la pratique de la musculation et du crossfit. Une santé à toute épreuve dont il prend grand soin, afin d'être toujours dans les meilleures dispositions pour relever les défis du groupe Alila.
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