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Entreprises / Actions / Schneider Electric / Tricoire / Aveva / logiciels industriels

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Schneider Electric / Tricoire / Aveva / logiciels industriels

Le bon timing de Schneider Electric sur Aveva

La spéculation sur un rachat par Schneider Electric des minoritaires de l'éditeur britannique de logiciels industriels Aveva trouvera son épilogue dans un mois. L'opération permettrait au groupe d'accélérer l’exécution de sa stratégie de croissance.
Jean Pascal Tricoire, PDG de Schneider Electric - Eric TSCHAEN/REA
Jean Pascal Tricoire, PDG de Schneider Electric - Eric TSCHAEN/REA

Le compte à rebours est enclenché. Alors que Schneider Electric avait pris 60% du capital du développeur britannique de logiciels d’ingénierie et industriels Aveva il y a cinq ans, le groupe français étudie à présent le dépôt d’une offre d'achat sur les parts qu’il ne détient pas encore. C’est ce qu’il a dû confirmer en urgence mercredi pour se conformer à la législation boursière britannique. Des informations de l’agence Bloomberg sur son intérêt supposé pour monter à 100% dans sa filiale avaient fait s’envoler le cours de celle-ci de 27% sur le London Stock Exchange (LSE).

"Aucune proposition de rachat n'a, à ce jour, été présentée à la société et il n’y a aucune certitude que le projet de rachat envisagé se matérialise", a précisé Schneider Electric, désormais contraint à prendre une décision au plus tard le 21 septembre, à 17 heures.

 

Les avantages d'un Aveva indépendant

 

Qu’apporterait à l’entreprise dirigée par Jean-Pascal Tricoire de posséder la totalité du capital d’Aveva ? Ne pas absorber totalement sa cible lors d’une opération de croissance externe, ainsi que l’avait fait Schneider Electric en 2017, a pourtant de nombreux attributs d’un meilleur des mondes. D'abord, le groupe français consolide déjà Aveva en intégration globale dans ses comptes. Le maintien de l’indépendance d’Aveva, dont le siège est basé à Cambridge, lui permet aussi d’attirer des ingénieurs software de talent que Schneider pourrait avoir plus de difficultés à convaincre. Également, le fait de conserver cette entité séparée donne une valeur autonome claire aux actifs logiciels de Schneider.

Autre avantage et non des moindres, le géant français des équipements électriques et automatismes industriels  "dispose d’une entité cotée qui lui permet de réaliser des acquisitions via ce véhicule", observe le cabinet Oddo BHF. C’est comme cela qu’Aveva avait pu mettre la main l’an dernier sur son concurrent américain OSIsoft, une opération de 5 milliards de dollars à laquelle Schneider Electric avait participé au prorata de sa participation, soit 2,1 milliards de dollars.

 

Cours de Bourse divisé par deux

 

L’opération de prise de participation majoritaire dans Aveva en 2018 comportait une obligation pour Schneider Electric de ne pas dépasser les 60% du capital pendant deux ans, puis une période supplémentaire de 18 mois durant laquelle Schneider Electric ne pouvait pas accroître sa participation à un niveau supérieur ou égal à 75%. Depuis que ce délai est écoulé, il n'a donc été "à aucun moment été impossible pour Schneider d'exécuter une prise de contrôle complète", notent les analystes d’UBS.

"L’intégration d'Aveva avec des activités software de Schneider Electric renforcera la société", justifie dans son communiqué le groupe dirigé par Jean-Pascal Tricoire. Les points positifs d'un rachat complet seraient aussi la simplification juridique et les synergies en matière de back office et de R&D. Pourquoi maintenant ? Parce que la baisse d'environ 50% du cours de l'action Aveva au cours des 12 derniers mois donne "du sens" à l'opération, remarque de son côté le courtier Jefferies.

Pour Schneider, dont le free cash-flow devrait se situer entre 3 et 4 milliards d’euros cette année, un rachat des minoritaires d’Aveva ne devrait pas poser de problème, mais le groupe devra convaincre que les avantages l’emportent sur les risques. A la Bourse de Paris, l'action Schneider Electric a fini la séance de jeudi en repli de 1,6%, à 127,3 euros.

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