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Liz Truss / Londres / livre / Inflation
Liz Truss à l'épreuve de l'inflation
"C'est un moment pendant lequel il faut être audacieux", Lizz Truss, Première ministre du Royaume-Uni, n’a pas caché hier que la situation économique particulièrement difficile du Royaume-Uni nécessitait des mesures inédites . Un ensemble d'annonces qui sont censées permettre de combattre simultanément l'inflation et la menace de récession.
Gel immédiat
Le plus marquant dans le discours de la nouvelle Première ministre du Royaume est qu'elle a su écouter la souffrance des ménages notamment en décidant de plafonner le prix des factures d'électricité. Le coût sera certes assez élevé avec un large recours à l'endettement mais Paul Dales, chef économiste chez Capital Economics estime que "cette politique ne brisera pas à elle seule le principal mandat fiscal du gouvernement".
Il faut dire que l'incertitude est grande, sur la durée effective des mesures puisqu’un doute subsiste sur une annonce dont "il n'est pas encore clair si cela signifie deux ans, du 1er octobre 2022 au 1er octobre 2024 ou du 1er octobre au 31 décembre 2024". Il faudra attendre que Kwasi Kwarteng, le nouveau ministre des Finances, précise tout cela dans une déclaration budgétaire attendue dans les prochaines semaines. Les équipes de Capital Economics estiment quant à elles le coût total à "environ 150 milliards de livres (soit environ 75 milliards de livres par an ou 3 % du PIB)" en retenant un mode de calcul sur deux années glissantes. Avec une répartition à 60 % à destination des ménages et 40 % en direction des entreprises.
Endiguement
L'inflation serait ainsi jugulée à un pic de 11.5 % selon ce même scénario et serait donc diminuée de 3 points de pourcentage par rapport aux précédentes estimations. Dans le même temps la récession serait réduite à une baisse de 0,5 % du PIB et non plus de 1%.
Ce qui ne doit pas empêcher qu'il faut avoir la plus grande vigilance : la Banque d'Angleterre vient de rappeler par la voix de Huw Pill, son économiste en chef, à quel point il fallait être attentif aux possibles dérives inflationnistes de la politique budgétaire.
Sur un tout autre volet, celle qui a succédé à Boris Johnson a décidé de renouer avec la fracture hydraulique afin de diversifier le mix énergétique britannique. Une décision qui ne sera pas sans conséquence sur la capacité du Royaume-Uni à réduire son empreinte carbone. Un choix que n'avait pas voulu effectuer Boris Johnson en son temps, doutant de son efficacité.
Le calme avant la tempête
Si les zones d'ombres sont encore effectivement importantes concernant le coût total de ces différentes actions, l'estimation précédemment est à comparer aux 70 milliards de livres déployés pour financer le chômage partiel durant la pandémie. Avec la nuance que d'une part comme le rappelle Paul Dales, "le coût réel dépend toutefois de l'évolution des prix de gros du gaz pendant la mise en œuvre de la politique" et recourir au financement sur les marchés n'est plus la même histoire qu'il y a quelques mois. La charge de la dette est déjà importante outre-Manche et la hausse des taux d'intérêt ne va pas aider dans cette entreprise.
Il faut espérer que cette mesure de gel des tarifs de l'énergie va effectivement permettre de juguler une inflation qui dépasse les 10 %. Sinon la situation sera plus compliquée puisque la règle qui implique que le budget actuel soit en équilibre sous trois ans "serait probablement rompue" selon Paul Dales. Comme de nombreux observateurs, il reste attentif au fait de "voir si le gouvernement enfreindra les règles fiscales, les suspendra ou les réécrira".
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