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Macro-économie / Taux / Royaume-Uni / Liz Truss / crise / Livre Sterling

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Royaume-Uni / Liz Truss / crise / Livre Sterling

ukraine Le FMI bientôt de retour à Londres ?

UKRAINE. Le Royaume-Uni présente un déficit extérieur record et une inflation annuelle à deux chiffres tandis qu'une récession attend au coin du bois. De son côté, la nouvelle Première ministre Liz Truss escompte mener une politique budgétaire relativement expansionniste. Ce cocktail explosif, qui rappelle les déboires britanniques en 1976, implique qu’une crise de la balance des paiements n’est pas un scénario improbable, avance Deutsche Bank.
Liz Truss, Première ministre du Royaume-Uni - Tayfun Salci/ZUMA Press/ZUMA/REA
Liz Truss, Première ministre du Royaume-Uni - Tayfun Salci/ZUMA Press/ZUMA/REA

Près de cinq décennies plus tard, le scénario serait-il sur le point de se répéter outre-Manche ? La livre sterling est au plus bas depuis 1985 face au dollar, les déficits publics et extérieurs apparaissent pharaoniques, l’inflation annuelle atteint deux chiffres tandis qu’une récession pourrait bientôt pointer le bout de son nez.

Cela n'est pas sans rappeler 1976, date à laquelle le Royaume-Uni s’était trouvé contraint de tendre la sébile en demandant un prêt de 3,9 milliards de dollars au Fonds monétaire international (FMI) – à l'époque, il s'agissait du montant le plus important jamais demandé à l’institution de Washington – pour stabiliser son économie.

"Dans un contexte macroéconomique mondial aussi incertain, la confiance des investisseurs ne peut être considérée comme acquise", estime Shreyas Gopal, stratégiste chez Deutsche Bank, qui juge que si cette confiance s'érode davantage, "cela pourrait se transformer en une crise de la balance des paiements autoréalisatrice, les étrangers refusant de financer le déficit extérieur du Royaume-Uni".

Il faut dire que la balance courante (solde qui retrace les échanges de biens, services et revenus avec le reste du monde) du Royaume-Uni est en très mauvais état : l’explosion des prix de l'énergie la conduit à afficher un déficit équivalent à 8 % du Produit intérieur brut (PIB).

Et la politique budgétaire que Liz Truss, Première ministre du Royaume-Uni, s’apprête à mener (plusieurs dizaines de milliards de livres injectés par la puissance publique à travers notamment des baisses d’impôts et le gel des factures d'énergie pour les ménages) ne serait pas de nature à arranger les choses, selon Deutsche Bank.

En effet, "un programme de dépenses très important mais non ciblé, tel qu'une réduction de 10 points de pourcentage de la TVA, risquerait d'aggraver sensiblement le déficit déjà important de la balance courante et d'exacerber les craintes des investisseurs quant à sa soutenabilité, sans parler des inquiétudes concernant la soutenabilité budgétaire", explique Shreyas Gopal.

Concrètement, si des mesures de relance budgétaire importantes et non ciblées poussaient le déficit de la balance courante vers 10 % du PIB, les risques d'un arrêt brutal (sudden stop) des entrées de capitaux augmenteraient sensiblement, affirme Deutsche Bank.

 

Le salut par la chute de la livre ?

 

Dans le cas où un tel évènement viendrait à se produire, l'un des scénarios possibles est que la livre sterling joue le rôle de variable d'ajustement : elle devrait alors plonger jusqu'à un point où elle susciterait de nouveau l'attrait des investisseurs et donc un retour des entrées de capitaux.

Si bien qu'avec comme point de départ un déficit courant de 8 % du PIB,  la monnaie britannique devrait dégringoler de près de 20 % (par rapport à un panier de devises) pour que le compte courant revienne à sa moyenne décennale (un déficit d'environ 4 %), selon les calculs de la banque allemande.

Et dans l'hypothèse où l'arrêt brutal des entrées de capitaux serait encore plus violent (faute de pouvoir être financé ne serait-ce que partiellement, le déficit se devrait de disparaître et le solde s'afficher donc à 0 % du PIB), une baisse de 30 % de la valeur de la livre serait alors nécessaire, d'après Shreyas Gopal.

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