Politique monétaire / Livre Sterling / BoE / Andrew Bailey / QE
Politique monétaire
Livre Sterling / BoE / Andrew Bailey / QE
La Banque d'Angleterre met le paquet
La Vieille Dame de la rue Threadneedle a exceptionnellement avancé l'heure de sa conférence de politique monétaire ce matin, afin de ne se pas se télescoper avec celle du chancelier de l'Echiquier Rishi Sunak, qui a dévoilé des mesures de soutien supplémentaires à l'économie. La Grande-Bretagne vient effectivement d'entamer son premier jour de re-confinement et les entreprises auront donc besoin d'une aide supplémentaire pour subsister au nouveau choc économique en perspective. La BoE a fait sa part du travail puisqu'elle a annoncé une hausse de son programme d'achats d'actifs de 150 milliards de livres, soit plus que ce qu'anticipait le consensus (100 milliards).
C'est la quatrième fois que la BoE met la main à la poche depuis le mois de mars, avec une hausse totale de son QE de 450 milliards de livres en neuf mois, portant l'enveloppe globale à 895 milliards de livres d'achats (dont 20 milliards d'obligations corporate). Et la banque d'Angleterre pourrait faire plus, si la conjoncture se détériorait davantage que prévu. "Il est important que nous prenions une décision forte, rapide et coordonnée. C'est une situation extraordinaire et qui n'est pas prête de finir", a averti le gouverneur Andrew Bailey.
Une croissance revue à la baisse
Si la BoE a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour ce trimestre (-2% anticipé) et sur les années 2020 et 2021 (-11% puis rebond de 7,25%), elle prévoit toujours de retrouver son niveau d'activité pré-Covid début 2022. Par ailleurs, elle estime que l'inflation devrait retourner aux alentours de 2% à la même échéance. enfin, l'institution s'attend à une forte hausse du taux de chômage, de 4,5% actuellement à 7,5% au premier trimestre de l'an prochain. Des prévisions trop optimistes selon les équipes d'ING et d'Oxford Economics. Selon James Smith, la conjoncture pourrait se dégrader davantage dans les prochains mois, en fonction de l'issue des négociations sur le Brexit et de la durée du confinement.
Sur le premier sujet, rappelons que les Bruxelles et Londres ont interrompu leurs négociations commerciales hier après 14 jours de discussions intenses. Les deux camps ne parviennent toujours pas à s'entendre sur les règles de concurrence équitables et la pêche; les ultimes pourparlers doivent reprendre la semaine prochaine. La Commission a prévenu qu'un compromis devra absolument être trouvé d'ici mi-novembre pour avoir le temps de le faire ratifier par tous les Etats d'ici au 31 décembre. La décision de la Banque d'Angleterre d'injecter 150 milliards de livres n'est donc pas injustifiée. Et le gouverneur a d'ailleurs déclaré que les risques pour la conjoncture du pays étaient orientés à la hausse.
La Vielle Dame de Londres n'a cependant pas discuté d'une potentielle baisse des taux directeurs, toujours situés à 0,1%, leur plus bas depuis 136 ans. Si les 9 membres du comité monétaire ont voté à l'unanimité pour accroître le QE, il semblerait que le passage des taux en territoire négatif ne fasse pas encore l'unanimité. Une chose est sûre : la BoE ne resserrera pas la vis "tant qu'il n'y aura pas d'évidence que les surcapacités de production ont disparu et au moins jusqu'à ce que l'inflation regagne 2%", comme l'a déclaré le gouverneur. Ce qui, selon Capital Economics, signifie que les taux devraient rester au niveau actuel pour les cinq prochaines années.
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