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Crédit Suisse / Ulrich Körner / Tidjane Thiam / banque d'investissement
Credit Suisse voudrait scinder en trois sa banque d'investissement
La scission comme solution ? Accumulant les pertes après plusieurs scandales en trois ans, Credit Suisse envisagerait de diviser sa banque d'investissement en difficulté en trois entités distinctes, dans le cadre d’une vaste refonte à venir du prestigieux établissement selon des informations du Financial Times. La deuxième banque helvète aurait notamment l’intention de créer une "bad bank" pour se débarrer de ses actifs indésirables à hauts risques. Les activités de conseil seraient réunies dans une entité distincte, tandis qu’une troisième branche regrouperait "tout le reste", croit savoir le journal, citant des sources proches du dossier.
La revue stratégique initiée au beau milieu de l’été par le tout nouveau dirigeant de l’établissement, Ulrich Körner, en place depuis le 1er août avance visiblement. Si la banque juge "prématuré" à ce stade d’en commenter les potentielles conclusions, ainsi qu’elle l’a indiqué au FT, les grandes lignes de la réorganisation se dessinent. La priorité est d’endiguer l’hémorragie financière de la division de banque d’investissement, dont la mauvaise santé a précipité les comptes de l’établissement dans le rouge. Le groupe de Zurich a essuyé une perte de 1,6 milliard de francs suisses au deuxième trimestre de cette année, pire que prévu, malgré trois profit warnings depuis janvier (et six avertissements en sept trimestres).
Fragilisée et cherchant à éviter de recourir à une augmentation de capital dans les pires conditions, la banque cherche aussi à céder certaines de ses activités rentables, telles que son activité de produits titrisés. Si elle est profitable, cette activité SPG (securitized products group) requiert beaucoup de capital. Apollo Global Management et BNP Paribas seraient intéressés par la reprise d'au moins une partie de cette activité, a d’ailleurs récemment révélé Bloomberg.
La feuille de route rapidement évoquée par Credit Suisse lors de la publication de ses résultats du deuxième trimestre fin juillet a souligné l’urgence d'une action décisive, claire, et d’un examen complet visant à renforcer l'orientation de la banque vers les activités de gestion de fortune, avec une base de coûts réduite et une banque d’investissement moins coûteuse en capital.
Ce programme, qui devrait être plus amplement détaillé lors de la publication des comptes du troisième trimestre le 27 octobre prochain, ne manque pas de rappeler celui qui avait particulier réussi à l’emblématique dirigeant franco-ivoirien Tidjane Thiam. Lorsqu’il avait présidé aux destinées de la banque suisse de juillet 2015 à février 2020, celui-ci avait justement mis l'accent sur la gestion de fortune et fortement réduit l'activité de banque d'investissement. Son programme de restructuration de trois ans, avait reçu le prix d'excellence du "banquier de l'année" d’Euromoney en 2018 et en 2019. Sous sa direction, le Credit Suisse avait réalisé en 2019 ses bénéfices les plus élevés depuis 2010.
Las, Tidjane Thiam avait été contraint à démissionner à la suite d’une rocambolesque affaire d'espionnage sur fond de querelle entre certains dirigeants. Affaire pour laquelle ce dernier fut finalement innocenté. Mais le début d’une série de scandales endurés par son successeur, Thomas Gottstein, qui a dû affronter les lourdes pertes de la faillite de la fintech britannique Greensill, de la chute du hedge fund américain Archegos, ou encore de l’affaire dite des "tuna bonds" du Mozambique.
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