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Crédit Suisse / Assemblée générale / actionnaires / UBS / Ulrich Körner / Axel Lehmann

Des excuses pour la dernière assemblée générale de Credit Suisse / Et maintenant, place à UBS

Les actionnaires de Credit Suisse ont rejeté les rémunérations fixes des dirigeants de Credit Suisse à l’occasion mardi de la dernière assemblée générale de l’histoire de la banque, qui sera bientôt intégrée à sa compatriote UBS. Axel Lehmann, le président du conseil d’administration, et Ulrich Körner, le directeur général, sont revenus sur les raisons du naufrage, et en particulier sur le temps qui a manqué pour mener à bien le redressement de l’établissement.
Credit Suisse a tenu mardi sa dernière assemblée générale -  Corner/Fotogramma/ROPI-REA
Credit Suisse a tenu mardi sa dernière assemblée générale - Corner/Fotogramma/ROPI-REA

Ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas tout perdu qu’ils n’ont pas de raisons d’être mécontents. Les actionnaires de Credit Suisse étaient réunis mardi pour la dernière assemblée générale de l’histoire de la banque fondée en 1856 et qui sera bientôt absorbée par sa rivale et compatriote UBS : 1 748 d'entre eux exactement avaient fait le déplacement.

La seule option décidée à la hâte par les autorités suisses le mois dernier pour lui éviter la faillite leur a fait perdre beaucoup. S’ils s’en sortent mieux que les détenteurs d'obligations hybrides à risque dites Additionnal Tier 1 (AT1), les actionnaires se sont retrouvés mis devant le fait accompli, obligés de se contenter des 76 centimes de franc suisse par action qu’ils percevront de la part d’UBS.

Un prix loin du cours de clôture de 1,86 franc suisses précédent le fameux week-end du 18 mars, et à des années lumières des 12 francs suisses d’il y a tout juste deux ans, lorsque la faillite de la société financière britannique Greensill avait fait perdre 10 milliards de dollars à Credit Suisse ; ce fut le scandale marquant le début de la fin de l’établissement, victime de la gestion imprudente de sa division de banque d’investissement.

 

Rejet des rémunérations fixes

 

Pas plus que sur le prix, les actionnaires n’ont eu leur mot à dire sur l’opération de sauvetage, face à des intérêts supérieurs. "L'effondrement de Credit Suisse aurait été catastrophique non seulement pour la Suisse, mais aussi pour l'économie mondiale", a justifié mardi Ulrich Körner, le patron de Credit Suisse. "La fusion devait se faire", a assuré Axel Lehmann, le président du conseil d’administration. "La seule alternative aurait été une restructuration dans le cadre du droit bancaire suisse. Cela aurait conduit au pire scénario, à savoir une perte totale pour les actionnaires, des risques imprévisibles pour les clients, de graves conséquences pour l'économie et les marchés financiers mondiaux", a-t-il tenté d’expliquer devant des actionnaires qui n’avaient plus que leur vote pour exprimer leur désarroi.

Ils lui ont tout de même renouvelé leur confiance, de justesse. Axel Lehmann a été réélu avec 55,67 % des voix, bien que le fonds souverain norvégien ait voté contre en signe de protestation. Et si cinq des douze membres du conseil d'administration ne se sont pas présentés à une réélection, les sept autres ont conservé leurs fonctions.

Tandis que la société de conseil aux actionnaires Ethos a dénoncé "l'avidité et l'incompétence des dirigeants" de Credit Suisse ainsi que des rémunérations atteignant "des sommets inimaginables", les actionnaires ont refusé d’approuver les rémunérations fixes des dirigeants, à plus de 48 %. Les membres de la direction ne percevront ainsi pas de salaire en 2023.

 

Le temps a manqué

 

"Je suis vraiment désolé", a déclaré Axel Lehmann. "L'amère réalité est que notre stratégie n'a pas eu le temps de porter ses fruits" a expliqué le dirigeant. "Nous avons pris nos responsabilités. Nous nous sommes battus sans relâche pour examiner toutes les options, pour trouver de bonnes solutions et pour l'avenir du Credit Suisse. Malheureusement, sans succès. C'est pourquoi nous nous trouvons aujourd'hui dans une situation que personne ne souhaitait", a-t-il ajouté.

"Nous n'avons pas réussi. Nous avons manqué de temps", a également déploré Ulrich Körner, le directeur général qui n’était aux commandes que depuis juillet dernier. "Nous avions pour projet de créer le ‘nouveau Credit Suisse’, une banque plus simple et plus concentrée", a-t-il rappelé. Mais alors que l’établissement avait commencé à réduire considérablement ses risques avec la restructuration de sa banque d'investissement, il s’est retrouvé "considérablement affaibli par les fortes sorties de capitaux d'octobre 2022 dues à des rumeurs et à des spéculations infondées", a-t-il concédé, retraçant le fil des événements.

Si la situation s'est ensuite quelque peu stabilisée au début de l'année 2023, malgré un environnement géopolitique et macroéconomique difficile, "l'effondrement soudain de la Silicon Valley Bank et de la Signature Bank aux États-Unis a provoqué une onde de choc dans le monde entier et a déclenché une perte de confiance dramatique", à un moment "où nous étions particulièrement vulnérables", a souligné Ulrich Körner. "Malgré tous nos efforts, nous ne pouvions plus inverser la perte de confiance".

Mais au moment où Credit Suisse doit renoncer à son indépendance après 167 ans d’existence, "quelque chose de nouveau est en train de naître", a rappelé le directeur général de Credit Suisse à propos de l'intégration à venir du Credit Suisse dans UBS. "Avec le Credit Suisse, la nouvelle UBS sera en mesure d'étendre et de renforcer considérablement sa position de leader en tant que gestionnaire de fortune mondial basé en Suisse", a souligné de son côté Axel Lehmann, pragmatique.

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