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Macro-économie / Taux / Fed / Inflation / Chômage / Fonds monétaire international

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Fed : qui paiera la note ? / Le resserrement monétaire toucherait davantage l'Amérique périphérique

Le durcissement monétaire engagé par la Banque centrale américaine mettra des travailleurs sur le carreau compte tenu de la hausse du taux de chômage nécessaire pour que reflue l’inflation. Une étude du Fonds monétaire international a essayé d’identifier leur profil.
Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine - Stephen VOSS/REDUX-REA
Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine - Stephen VOSS/REDUX-REA

"Il n'y a pas de méthode indolore pour faire baisser l'inflation". La déclaration de Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine (Fed), ne manque pas de contraster avec le ton policé qu’arborent d’ordinaire les banquiers centraux. Il faut dire qu’aux Etats-Unis, l’inflation est si coriace que la Banque centrale a commencé à placer, en septembre 2022, son taux directeur au-delà du niveau neutre (celui au-delà duquel l’activité économique est pénalisée par le niveau des taux d'intérêt, soit un étiage aux alentours de 2,50 %) pour refroidir l’économie, et il s'affiche aujourd'hui dans une fourchette comprise entre 5,25 % et 5,50 %.

Il devrait en découler une hausse du taux de chômage censée ainsi peser à la baisse sur la croissance des salaires nominaux (ils progressent de plus de 5 % par an). D’ici la fin de l'année prochaine, le taux de chômage devrait augmenter de 0,3 point, d’après la prévision médiane des membres du Comité de politique monétaire de la Fed (cela représente plus de 300.000 personnes compte tenu du niveau projeté de la population active).

Une étude menée par le Fonds monétaire international (FMI) s’est essayée à identifier quels travailleurs subiront les conséquences du resserrement monétaire.

Géographiquement, ils évoluent dans les milieux ruraux peu densément peuplés. Par ailleurs, ils sont peu diplômés et leurs rémunérations sont plutôt faibles. Ils ont autre chose en commun : la nature de leur employeur. Il s’agit en fait d’entreprises dominantes sur le marché du travail : une société est ainsi qualifiée lorsqu’elle représente au moins 10 % des emplois vacants au niveau d'un marché local. "Les employeurs dominants se trouvent de manière disproportionnée dans des secteurs comme les soins de santé, l'agriculture et l'exploitation minière", détaillent Anastasia Burya, Rui Mano, Yannick Timmer, et Anke Weber, économistes au FMI.

Et ces employeurs sont relativement plus sensibles que les autres aux décisions prises par la Banque centrale américaine. "Ils réduisent beaucoup plus leur demande de travail lorsque les taux sont en hausse par rapport aux autres employeurs. En utilisant des données au niveau des entreprises, nous confirmons que la diminution des postes vacants réduit à son tour l'emploi. Ces effets sont particulièrement importants pour les travailleurs moins instruits et ceux dont les compétences informatiques sont limitées, car ils ne peuvent pas facilement trouver de nouveaux emplois ", explique l’étude.

D’où provient un tel comportement ? "Lorsque les taux d'intérêt augmentent, la demande de biens diminue, les coûts de production augmentent et le besoin de travailleurs est réduit. Comme les employeurs dominants peuvent généralement embaucher plus facilement, ils sont plus enclins à licencier du personnel", analysent les quatre économistes.

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