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Suez est de retour sur ses deux jambes

Le nouveau Suez dirigé par Sabrina Soussan avance rapidement. Sa nouvelle stratégie à horizon 2027 prévoit un doublement des investissements pour croître sur les énormes marchés de l'eau et les déchets, avec la promesse de faire croître la profitabilité plus rapidement que le chiffre d'affaires.
Sabrina Soussan, présidente directrice générale de Suez - Sepp Spiegel/ROPI-REA
Sabrina Soussan, présidente directrice générale de Suez - Sepp Spiegel/ROPI-REA

Le nouveau Suez est en ordre de bataille. Tel le phénix, le groupe constitué à partir des 40% de l’ancien Suez que Veolia n’avait pu absorber pour respecter les obligations de concurrence a de l’ambition. Depuis son rachat le 31 janvier dernier à Veolia par le consortium d’actionnaires composé de Meridiam, de GIP et de la Caisse des Dépôts, l’entreprise née il y a plus de 160 ans et dirigée par Sabrina Soussan, a d’ailleurs déjà fait beaucoup de chemin en quelques mois. "Nous avons déjà réalisé trois opérations de croissance externe", a rappelé la dirigeante à l’occasion de la présentation mardi à la presse du plan stratégique du groupe.

Après avoir récupéré en mai son ancienne filiale IWS spécialisée dans le traitement des déchets dangereux dont la valeur d’entreprise était de 690 millions d’euros, puis racheté en juin EnviroServ, la plus grande entreprise de déchets d’Afrique du Sud, d’un chiffre d’affaires de plus de 80 millions d’euros, le groupe de services à l’environnement a tout récemment dû mettre le prix (2,4 milliards d’euros) pour reprendre à Veolia son ancienne activité de déchets au Royaume-Uni. Numéro 3 britannique du traitement de déchets, Suez Recycling and Recovery UK représente un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros, et "constitue une avancée stratégique majeure" a souligné mardi le groupe.

 

9 milliards d'euros de chiffre d'affaires

 

En peu de temps, le nouveau Suez sera ainsi passé de 7,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 35 000 collaborateurs le 1er février dernier à 9 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 44 000 collaborateurs ce mois-ci, ou du moins lorsque cette dernière acquisition d’envergure (soumise aux autorisations réglementaires) aura été finalisée d’ici la fin de l’année.

A cela s’ajoute le succès des émissions d’obligations vertes réalisées au printemps pour un montant total de 2,6 milliards d’euros, opération sursouscrite près de trois fois, ainsi que de nombreux projets remportés auprès des clients. Le dernier en date : Suez a remporté un contrat d’une valeur de 700 millions d’euros en Inde auprès de la Municipal Corporation of Greater Mumbai (MCGM), autorité publique en charge de la gestion de l’eau potable et des eaux usées municipales de la ville de Mumbai. Avec ce contrat, le plus important jamais signé par le groupe à ce jour dans le pays, Suez a renforcé sa position sur l’un de ses marchés internationaux les plus importants et les plus prometteurs.

"Nous avons pu donner à l’entreprise une trajectoire ascendante en un temps record. […]  Suez est de retour", a sobrement résumé mardi Sabrina Soussan. Et ce n’est pas fini. Pensé pour créer de la valeur "pour toutes les parties prenantes", le nouveau plan stratégique de l’entreprise à horizon 2027 prévoit une croissance annuelle moyenne du chiffre d’affaires comprise entre 4 et 5 % ainsi qu’une croissance annuelle moyenne de son excédent brut d’exploitation (Ebitda) supérieure à celle de son chiffre d’affaires.

Pour y parvenir, le groupe souhaite rester entièrement focalisé sur les métiers de l’eau et des déchets. Alors que les trois dernières acquisitions ont été réalisées dans le secteur des déchets, "nous essaierons toujours de rester sur ces deux jambes très complémentaires, ces deux métiers, l’un en transformation et plus cyclique et l’autre qui est plus mature et résilient", a rappelé la dirigeante.

 

Plus de 860 millions d’euros d'investissements supplémentaires

 

Outre la "création de valeur" et la focalisation sur les métiers coeurs, la "différenciation" constitue l'autre pilier stratégique sur lequel veut s'appuyer l'entreprise. Pour se différencier de la concurrence, Suez mise sur ses engagements de développement durable, l’innovation, l’expérience client et l’investissement. Le groupe entend en particulier continuer à investir dans le digital et les technologies jouant un rôle clé dans la préservation de l'eau. Pour répondre aux nouveaux enjeux environnementaux et énergétiques, le groupe compte investir aux côtés de ses clients plus de 860 millions d’euros supplémentaires sur cinq ans par rapport à la période précédente, et augmenter son budget de recherche de plus de 50%. 

Sur le plan géographique, le nouveau Suez poursuivra en priorité son développement sur certains marchés particulièrement porteurs où il est déjà présent. Outre la France, l’entreprise mettra donc l’accent sur Royaume-Uni et l’Inde, mais aussi l’Italie, la Chine, l’Australie, le Moyen-Orient et l’Afrique, le but étant de bénéficier d’une "exposition équilibrée entre des marchés matures, tournés vers l'innovation, et des marchés émergents à forte croissance", a indiqué le groupe. Suez vise ainsi à l’horizon 2027 de générer 40% environ de son chiffre d’affaires à l’international, comparé à 25% au départ.

Ainsi, alors qu'il avait été réduit à moins de la moitié de son chiffre d’affaires après l’OPA de Veolia l’an dernier, Suez montre déjà qu’il a ses cartes en main pour se redéployer et croître à un rythme soutenu. Sur ses deux marchés gigantesques de l’eau et des déchets - 800 milliards d’euros et 1.400 milliards respectivement - le nouveau Suez a manifestement de nombreux arguments à faire valoir pour revenir concurrencer son meilleur ennemi.

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