WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

IPO / Lutz Meschke / volkswagen / Oliver Blume / Porsche / IPO

IPO
Lutz Meschke / volkswagen / Oliver Blume / Porsche / IPO

Porsche pèse en Bourse autant que Volkswagen

Historique en termes de valorisation, l’introduction en Bourse de Porsche va conférer au fabricant de la mythique 911 une plus grande autonomie.
Porsche est valorisé 75 milliards d'euros en Bourse - Silas Stein/ZUMA Press/ZUMA/REA
Porsche est valorisé 75 milliards d'euros en Bourse - Silas Stein/ZUMA Press/ZUMA/REA

Ce qui est rare est cher. Porsche vient de réussir la plus grande introduction en Bourse d’Europe en termes de capitalisation boursière de tous les temps. L’entrée jeudi du constructeur allemand de voitures de sport sur la cote francfortoise l’a d’ailleurs hissé d’emblée à des niveaux de valorisation records pour son secteur.

A la clôture de sa première séance historique au cours de 82,5 euros, identique à son prix d’introduction, le constructeur allemand de voitures de sport valait 75 milliards d’euros. Un montant astronomique qui le place, certes, derrière Tesla et Toyota, et de peu en-dessous de sa maison-mère Volkswagen (78,7 milliards d’euros), mais devant tous les autres : notamment, Mercedes-Benz (58 milliards d’euros), BMW (47 milliards d’euros), Stellantis (39 milliards d’euros), ou bien Ferrari. (37 milliards d’euros).

Le fait que l’action Porsche ait fini sa première journée au même niveau qu’elle l’avait commencé ne signifie pas que les échanges ont été calmes. Au contraire, l’action a bondi jusqu’à un plus haut de 86,76 euros dans la matinée, soit une hausse de plus de 5%, avant de refluer progressivement sur son cours d’origine. Alors qu’une majorité d’observateurs pensaient que la valorisation d’introduction avait été expressément calculée pour en assurer le succès, ces débuts de transactions peuvent apparaître "quelque peu décevants", note ainsi Alastair Mankin, vice-président du courtier américain Cowen.

La situation peut s’expliquer par le fait que la grande majorité de l'émission de titres Porsche a été allouée à des fonds souverains et à de grandes institutions financières. Ainsi, malgré un intérêt des investisseurs extrêmement fort, nombre d’entre eux n’ont été que très peu servis, avec des allocations souvent si faibles qu’ils ont préféré vendre. "Les premiers échanges reflètent les inquiétudes des investisseurs concernant l'environnement macroéconomique et la volatilité engendrée par certains investisseurs qui ont abandonné de petites allocations sur le marché", explique ainsi Alastair Mankin.

Tandis que la plus grande part du capital offert est allée aux grands investisseurs, les petits porteurs n'ont reçu que 7,7% des volumes placés. L'offre ayant été sursouscrite, tous les actionnaires privés n'ont donc pu être pris en considération. Quatre investisseurs principaux, dont le fonds Qatar Holding, le principal actionnaire de Volkswagen, le Qatar, avaient eux obtenu près de 40% des actions à l’avance.

Dans un clin d'œil au modèle mythique le plus emblématique de Porsche, Volkswagen a divisé le capital de sa filiale en 911 millions d'actions, mais n’a placé que 12,5% de sa pépite (soit 114 millions de titres) en Bourse. Un effet rareté que devrait soutenir la valorisation du constructeur automobile le plus rentable au monde alors que Porsche prévoit une marge opérationnelle de l'ordre de 17 à 18% cette année.

L'introduction en bourse va d’ailleurs offrir une plus grande liberté au constructeur. L'accord de transfert des bénéfices et des pertes avec Volkswagen expirera fin 2022 et sera remplacé par un accord de coopération industrielle qui régira les futures relations industrielles et stratégiques entre le groupe aux douze marques et sa filiale de luxe. "Nous entamons un nouveau chapitre de l'histoire de notre entreprise. Notre degré accru d'autonomie nous place dans une très bonne position", a déclaré Oliver Blume, le président du directoire de Porsche (et qui préside également Volkswagen). Tandis que la firme pourra continuer à tirer avantage du meilleur des deux mondes : "les avantages de notre positionnement de luxe et les synergies avec le groupe Volkswagen", a souligné Lutz Meschke, le directeur financier.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article