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IPO / IPO / introduction en Bourse / Spac / Monde / Porsche / EY / guerre en Ukraine / crise énergétique / secteur de la Tech

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IPO / introduction en Bourse / Spac / Monde / Porsche / EY / guerre en Ukraine / crise énergétique / secteur de la Tech

Le marché des IPO a dégringolé en 2022 / Les liquidations de SPAC explosent

Rattrapage post-Covid oblige, le nombre d'introductions en Bourse avait atteint un record l'année dernière. Ce ne fut pas le cas cette année. Les tensions géopolitiques et la crise énergétique ont, entre autres, contraint les entreprises à se montrer frileuses à s'introduire en Bourse. Un nouveau phénomène de rattrapage pourrait donc être constaté à l'automne 2023 tandis que le mouvement de liquidation des SPAC (Special Purpose Acquisition Company, société d’acquisition à vocation spécifique) devrait quant à lui s'accélérer. 
L'IPO de Porsche a représenté en valeur la moitié des introductions en Bourse en Europe cette année ( ©Christoph Schmidt/ZUMA Press/ZUM)
L'IPO de Porsche a représenté en valeur la moitié des introductions en Bourse en Europe cette année ( ©Christoph Schmidt/ZUMA Press/ZUM)

Le moins que l’on puisse dire est que l’année 2022 ne fera pas date en matière d’introduction en Bourse (IPO). En effet, dans un contexte économique plus que morose, les IPO ont brutalement ralenti cette année, avec un nombre d’opérations en baisse de 45% et un montant en chute de 61% sur un an. Le dernier rapport annuel sur les introductions en Bourse dans le monde en 2022 réalisé par le cabinet EY en dénombre 1333 pour un montant total de 179,5 milliards de dollars. " Après une année 2021 record marquée par un rattrapage post-Covid des introductions en Bourse, l’année 2022 restera au contraire comme une année de baisse même si le nombre d’opérations a toutefois augmenté de 16% par rapport à l’année 2019 ", constate Franck Sebag, associé EY, en charge du secteur Fast Growing Companies Europe, Middle East, India & Africa (EMEIA), dans un entretien accordé à WanSquare.

 

Les Etats-Unis percutés de plein fouet

 

Une baisse considérable constatée partout dans le monde. Aux Etats-Unis, le marché a même chuté à des niveaux records. Seules 130 transactions ont été réalisées pour un montant de 9 milliards de dollars, soit une baisse de 76% en volume et de 95% en valeur. Un phénomène qui s’explique par plusieurs raisons : "le contexte économique général difficile, des taux d’intérêt plus élevés et croissants, une guerre en Ukraine qui est certes loin des Etats-Unis mais qui provoque des tensions sur les marchés, tous ces facteurs ont suffi à décourager les entreprises de s’introduire en Bourse. Même l’Inflation Reduction Act (plan anti-inflation du président des Etats-Unis, Joe Biden, ndlr), promulgué en août dernier et donc un peu tard, n’y a rien fait. S’il représente 400 milliards de dollars de protection, ce soutien ne sera disponible que sur un certain nombre d’années ", détaille l’associé d’EY.

A cela, se sont ajoutées, sur le plan géopolitique, les tensions entre les Etats-Unis et la Chine qui ont gravement perturbé le flux des sociétés chinoises qui s'introduisent en Bourse aux États-Unis. Conséquence : les activités transfrontalières d’IPO sont en baisse de 61 % en 2022 par rapport à 2021. "Si les Etats-Unis ne sont pas impactés comme nous en Europe par la crise énergétique, il existe néanmoins un problème d’approvisionnement en semi-conducteurs et de prix des matières premières car ils dépendent de Taiwan", poursuit Franck Sebag.

 

L’Europe sauvée par Porsche

 

En Europe, l’année aura été marquée par l’IPO de Porsche d’un montant de près de 9 milliards de dollars de levée. "En 2022, le Vieux continent a connu 18 milliards de dollars de montants levés pour 149 opérations, ce qui signifie que l’IPO de Porsche représente à elle seule, en une opération, 50% du montant total des introductions en Bourse en Europe", observe Franck Sebag. Une opération d’ailleurs plus que réussie pour la firme automobile allemande qui a fait son entrée ce lundi au sein du DAX, l’indice vedette regroupant les 40 plus grandes capitalisations allemandes, quelques mois seulement après ses débuts à la Bourse de Francfort.

 

Le secteur de l’énergie, la valeur sûre

 

Côté secteur, la guerre en Ukraine et la crise énergétique qui en découle auront bousculé les tendances. En effet, si le secteur des technologies domine toujours le marché des IPO, représentant 23% des transactions (soit 305 opérations pour un montant de 34,6 milliards de dollars), il est désormais dépassé en valeur par le secteur de l’énergie (39,7 milliards de dollars, représentant 22% des montants levés cette année). "Le secteur de la Tech semble en crise car même s’il reste le plus gros pourvoyeur d’IPO en 2022, il représentait 26% des opérations en nombre l’année dernière. Donc même s’il reste numéro un, il est moins attractif qu’avant", rappelle Franck Sebag. Aux Etats-Unis le phénomène est particulièrement flagrant pour les licornes de la tech. "Dans un contexte de tension économique, les investisseurs sont plus exigeants et ce type de profil séduit moins. Ce segment a baissé en montant de 94% et de 84% en nombre. Il s’agit donc d’une quasi-disparition des licornes en Bourse ", poursuit l’associé d’EY.

 

Liquidations de SPAC en vue

 

Toutefois, le cabinet de conseil ne se veut pas inquiet. Le marché des IPO devrait repartir à la hausse l’année prochaine. "Lorsque l’on constate une baisse de de ce niveau-là, la tendance ne peut que remonter d’autant que la Bourse compte pour le financement des entreprises et constitue un relais de croissance toujours intéressant. Les IPO devraient rependre aux troisième et quatrième trimestres de 2023", veut rassurer Franck Sebag, qui précise néanmoins que le niveau d’IPO de l’année prochaine ne sera pas comparable à celui record de 2021.

En revanche, un autre phénomène devrait se poursuivre l’année prochaine : celui de la liquidation des SPAC (Special Purpose Acquisition Company, société d’acquisition à vocation spécifique). "Ce sujet sera majeur. Nous constatons une explosion de la liquidation des SPAC qui n’ont pas trouvé de cible d’acquisition dans les 24 mois. Et le mouvement s’est accéléré au fil des mois cette année, nous sommes passés d’une liquidation au premier trimestre à 40 au quatrième trimestre sur 613 SPAC créés en 2020", prévoit-il.

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