Macro-économie / Taux / Banque Mondiale / énergie / long terme
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Banque Mondiale / énergie / long terme
Le dilemme de l'inflation énergétique
Améliorer la sécurité énergétique de son pays hante les journées et les nuits de nombreux dirigeants. Cependant dans leur volonté de résoudre rapidement ce problème, ils courent le risque de manquer de transparence dans leurs interventions. La Banque mondiale estime que ces dernières doivent veiller à "être transparentes, entièrement budgétisées et limitées dans le temps".
Un véritable danger réside dans le fait de donner les mauvais signaux de prix en n'étant pas clair sur le caractère provisoire des mesures de soutien prises. En donnant le bon message à l'ensemble des agents, les équipes de David Malpass estiment que cela va encourager "les nouveaux investissements et les nouvelles infrastructures énergétiques de manière compétitive".
Jeu d'équilibristes
La nécessité d'intervenir pour permettre tant en Europe qu'en Asie de vivre un hiver le moins perturbé possible, ne fait aucun doute. La Banque mondiale rappelle néanmoins que s’il faut bien veiller à "protéger les économies", il ne faut pas en oublier pour autant "de renforcer la sécurité énergétique". Un équilibre difficile à atteindre puisque couplé à l'objectif affiché d'une transition énergétique, cette dernière étant source d'inflation et ainsi difficilement compatible avec les problématiques actuelles.
Le plus important reste donc de passer cet hiver et pour y arriver, l'institution basée à Washington demande à chaque pays de mettre en place un rationnement qui "doit être conçu de manière à inciter les consommateurs à réduire leur consommation" la plus faible. Par la suite, il faudra que les gouvernants mettent en place des réformes structurelles, à moyen terme, qui prennent le relais des mesures budgétaires. L'enjeu va être de "garantir une efficacité énergétique accrue et la transition vers des sources d'énergie plus vertes".
Spirale
Alors qu'aujourd'hui les économies sont dans une spirale inflationniste, la Banque mondiale espère que la sortie de cette dernière permettra un cycle vertueux en matière de transition énergétique. Elle affirme qu'une "transition accélérée vers une énergie à faible teneur en carbone est nécessaire pour réduire la dépendance à l'égard des combustibles fossiles".
Ce qui doit aussi permettre de "diversifier les sources d'énergie en s'éloignant du gaz en Europe et des importations de combustibles fossiles en provenance de Russie". Un enjeu crucial quand on voit que l'OCDE avance un scénario, dans ses perspectives de septembre, dans lequel en cas d'hiver rigoureux le Vieux continent pourrait connaître un "risque élevé de perturbation" dès le mois de janvier.
Malgré la tentation pour certain de recourir à court terme au charbon, il "faut donc interdire les nouveaux investissements dans le charbon ou l'expansion des investissements existants". Un choix coûteux à court terme mais qui est nécessaire. Tout comme l'idée de recourir à des "interventions gouvernementales sur les marchés libéralisés pour réduire la volatilité ou les niveaux de prix comportent des risques qui doivent être soigneusement évalués". La Banque mondiale est catégorique à ce sujet : "historiquement, le plafonnement des prix de gros du gaz naturel et de l'électricité a exacerbé les déficits d'approvisionnement, entraînant souvent un rationnement et des effets de report sur les services publics en raison des déficits tarifaires".
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