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Stellantis / Carlos Tavares / Peugeot / Fiat / Chrysler / Richard Palmer
Stellantis continue d’affoler les compteurs / Rebond des volumes et effet prix font bon ménage
Les nuages macroéconomiques qui s’accumulent ont-ils une quelconque prise sur le conglomérat automobile né l’an dernier de la fusion entre le Français PSA et l’Italo-américain FCA ? Le chiffre d’affaires de l’entreprise aux quinze marques dirigée par Carlos Tavares a bondi de 29% au troisième trimestre, pour s’élever à 42,1 milliards d’euros, dépassant nettement les 40,8 milliards d’euros anticipés par le consensus des analystes.
Un constat : l’amélioration de l’approvisionnement qui était attendue semestre a bien eu lieu. Les pénuries de puces électroniques et les tensions sur des matières premières n’ont certes pas disparu mais les progrès enregistrés, essentiellement dans la réception des commandes de semi-conducteurs, ont suffi à faire rebondir les volumes de 13% sur la période de juillet à septembre. Le groupe a livré 1,28 million de véhicules sur le trimestre, et ce malgré des soucis logistiques qui affectent tout le secteur, lié au rail en Amérique du Nord, ou au manque de camions et de chauffeurs en Europe. Avec pour conséquence l’impossibilité de convertir correctement le carnet de commandes en ventes, ce qui explique pourquoi les stocks ont progressé à 926 000 unités à fin septembre, contre 845 000 unités à fin juin. Alors même que le groupe n'arrive pas à produire suffisamment de voitures pour satisfaire la demande.
L'Amérique du Nord en force
"Ainsi, les volumes ont contribué pour trois milliards d’euros à la croissance du chiffre d’affaires au troisième trimestre, une contribution similaire à celle combinée des hausses de prix et du mix produits [c’est-à-dire la vente de véhicules plus chers à marge élevée]", note Oddo BHF. Ce "qui suggère donc une rentabilité encore élevée au second semestre", ajoute le cabinet d’analystes. En particulier, "la région Amérique du Nord a été le principal contributeur au mix avec un prix de vente moyen de 53 000 dollars par véhicule au troisième trimestre, ce qui est de bon augure pour les marges", renchérit la banque UBS.
Et ce d’autant plus que la région Amérique du Nord reste le moteur le plus important du constructeur automobile, représentant 50% de ses ventes totales. Au troisième trimestre, le chiffre d'affaires du constructeur dans cette zone géographique clé a augmenté de 36 % en glissement annuel, contre une hausse de 16% en Europe.
Point mort
L’occasion de rappeler que Stellantis avait atteint des records de rentabilité au premier semestre, hissant sa marge opérationnelle courante à 14,1%. Un niveau digne des meilleurs spécialistes du haut de gamme, faisant du groupe le troisième constructeur le plus rentable du monde, au classement par groupe, derrière Tesla et Mercedes-Benz. Ce qui est tout bonnement incroyable sachant que son portefeuille de quinze marques comprend tout de même cinq grands constructeurs généralistes : Peugeot, Citroën, Fiat, Opel en Europe et Chrysler aux Etats-Unis. Une performance directement liée à l’abaissement du point mort de l’entreprise.
"Au premier semestre 2022, nous avons un point mort de 40% de notre chiffre d'affaires. Cela veut dire que l'on peut encaisser une baisse de chiffre d’affaires de 60% et nous serions encore rentable", avait déclaré en juillet Carlos Tavares, lors d’une table ronde avec des journalistes. Une affirmation que le groupe n’aura vraisemblablement pas l’occasion de vérifier. Commentant les chiffres du troisième trimestre, Richard Palmer, le directeur de financier a clairement indiqué que la demande n’était pas un sujet et qu’il ne voyait pas de raison majeure pour que la rentabilité diffère significativement au second semestre de celle du premier.
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