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Economie française : comment s'amorce l’automne /
Les bonnes et les mauvaises nouvelles
Résilience. C’est un mot qu’aime à répéter la Banque de France depuis quelque temps pour décrire l’économie hexagonale en cette période marquée par de violents chocs énergétique et inflationniste. "L’incertitude est très élevée, mais nous jugeons davantage probable que le Produit intérieur brut continue de progresser, plutôt qu’il ne recule, lors du quatrième trimestre", a déclaré Olivier Garnier, directeur général des statistiques, des études et des relations internationales de la Banque de France, à l’occasion d’une conférence de presse. "Nous observons deux points d’amélioration, deux points de stabilisation et deux points d’attention", a-t-il ajouté.
Les bonnes nouvelles sont notamment à chercher du côté des goulots d’étranglement au sein des chaînes d’approvisionnement (ils avaient émergé à la suite de la reprise économique mondiale post-confinements). Les difficultés d’approvisionnement continuent de diminuer en octobre dans l’industrie (43 %, après 48 % en septembre), bien que ce niveau demeure élevé dans l’absolu, il constitue le point le plus bas depuis l’introduction de l’indicateur en mai 2021, explique la Banque de France.
Autre point positif : le comportement de fixation des prix des entreprises. Alors que le pays des Lumières connaît une inflation inédite en près de quarante ans, la proportion de chefs d’entreprise ayant augmenté leurs prix de vente est sur une tendance baissière depuis le pic atteint au printemps, ce quel que soit le secteur.
Environ un chef d’entreprise sur cinq de l’industrie manufacturière déclare avoir augmenté ses prix de vente en octobre, à comparer à 49 % en avril. "Cette proportion dépasse encore 30 % dans l’industrie agro‐alimentaire et l’industrie chimique. Elle s’élève à 43 % dans le bâtiment et à 21 % dans les services marchands. Les perspectives pour novembre suggèrent une nouvelle diminution de cette proportion dans l’industrie (18 %), et une quasi‐stabilisation dans les services marchands et dans le bâtiment", indique la Banque de France.
S’il y a loin de la coupe aux lèvres concernant la victoire contre l’inflation élevée, Olivier Garnier juge que ces différents éléments "vont dans le bon sens".
Du coté de la stabilisation, l’opinion que se font les chefs d’entreprises de leurs carnets de commandes se maintient (bien au-dessus de sa moyenne de long terme) au même titre que les difficultés de recrutement - 55 % des entreprises de l’ensemble des secteurs sont affectées, soit 3 points au-dessus du niveau d’avril.
Le pire est à venir selon les entreprises
A l’inverse, le sentiment des entreprises à propos de leur trésorerie interroge. L’opinion à propos de cette dernière est bien en dessous de sa moyenne sur quinze ans tant dans l’industrie où cela pourrait traduire "des besoins en fonds de roulement accrus du fait de stocks plus coûteux à constituer", que dans les services marchands où est rapporté un allongement des délais de paiement dans les services aux entreprises (services de nettoyage, publicité, services d’information et location automobile). D'après le dernier baromètre publié par Bpifrance et Rexecode, les dirigeants de PME-TPE s'attendent à une nouvelle dégradation de leur trésorerie durant les 3 prochains mois.
Par ailleurs, le choc énergétique n'a pas encore fait sentir tous ses effets sur l'activité, peut-on lire dans l'enquête de la Banque centrale française. Un peu plus d'une entreprise sur quatre déclare que la crise énergétique a eu un impact (faible ou fort) sur son activité en octobre, et le chiffre augmente de huit à seize points selon les secteurs (l'intensité énergétique du processus de production est évidemment la variable clé) pour ce qui concerne l'activité des trois prochains mois.
Et les marges pourraient encore bien plus souffrir. En effet, 44% des entreprises de services anticipent un impact faible ou fort, 63% pour le bâtiment et 66% pour les firmes industrielles.
Interrogé ce matin sur Europe 1, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a déclaré que ses équipes estimaient que l'accroissement de la facture énergétique par rapport à 2021 représentait un choc de 60 milliards d'euros pour l'économie française, soit 2,5% du Produit intérieur brut (PIB).
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