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Macro-économie / Taux / McKinsey

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McKinsey

Le nouveau visage de la mondialisation / Les dépendances mondiales continuent à être fortes et ne se limitent pas aux flux physiques

La mondialisation présente un nouveau visage aux yeux de McKinsey, avec notamment chaque région du globe qui importe a minima 25 % d'une ressource importante. Si ce n'est plus parfois, à titre d'exemple les États-Unis importent plus de 70 % de leurs besoins de consommation pour plus de 30 produits minéraux. L'industrie manufacturière de l'Europe est également très dépendante de ses importations en énergie, qui couvrent près de 50 % de ses besoins en la matière.
La maîtrise des flux est de plus en plus importante. 
Pierre GLEIZES/REA
La maîtrise des flux est de plus en plus importante. Pierre GLEIZES/REA

La pandémie a ravivé les désirs de souveraineté dans les domaines stratégiques qu'ils soient numériques, énergétiques ou touchant aux matières premières. Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, s'était ainsi opposé au rapprochement de Carrefour avec un groupe étranger, arguant qu'il s'agissait d'un "chaînon essentiel dans la sécurité alimentaire des Français, dans la souveraineté alimentaire". McKinsey Global Institute dans une toute récente publication sur le nouveau visage de la mondialisation rappelle que cet objectif est encore d'actualité.

Chaque pays est concerné par ces enjeux, là où le Vieux continent est très dépendant de ses importations d'énergie, l'Amérique du Nord est quant à elle "un importateur net de produits manufacturés et de ressources minérales". C'est ce que le cabinet de conseil qualifie du revers de la médaille de la spécialisation, qui certes "permet des gains d'efficacité" mais au prix d'une exposition à une "interruption des flux commerciaux concentrés [qui] peut-être particulièrement perturbatrice lorsqu'il est plus difficile de les remplacer à brève échéance". Ce qui fut précisément le cas lorsque la pandémie a perturbé durablement les chaînes de valeurs mondiales.


Les champions nationaux

 

Une situation qui encourage les États à prendre d'autant plus soin de leurs champions nationaux, le cabinet abonde en ce sens estimant que "les multinationales jouent un rôle central dans la gestion des flux mondiaux". Ce qui rend d'autant plus pertinent la construction  "d'une résilience systémique par le biais de partenariats public-privé ou secteur privé", ce qui doit permettre d'obtenir un écosystème plus solide que si ces entreprises étaient isolées et devaient agir seules. Un vœu qui reste pieux dans un avenir proche puisque les auteurs du rapport arguent "qu'aucune région n'est proche d'être autosuffisante". 

 

Guerre des talents

 

L'attention s'est focalisée sur la dépendance matérielle des pays ou des continents, notamment en ce qui concerne les matières premières, ce qui occulte un des faits saillants du début de siècle. Aujourd'hui la croissance des flux mondiaux n'est plus tirée par les biens physiques mais bel et bien par ceux immatériels, les services et les talents. Ces derniers "ont pris le relais du commerce de marchandises, dont la croissance en tant que part de l'économie mondiale s'est stabilisée autour de 2008 après 30 ans d'expansion rapide".

L'enjeu des prochaines années est de parvenir à comprendre et à maîtriser ces flux de services, d'étudiants internationaux et de propriété intellectuelle. Rien qu'entre 2010 et 2019, ils ont progressé "environ deux fois plus vite que les flux de marchandises", sur la période. Les flux de données ont ainsi progressé de près de 50 % par an, la mondialisation ne s'est pas arrêtée mais elle a pris une nouvelle forme.

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