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Feuilleton de l'été / McKinsey / France / Private equity

Feuilleton de l'été
McKinsey / France / Private equity

exclusif Série d’été - ces jeunes talents qui construisent la France de demain / Constance Emmanuelli, directrice associée au bureau de Paris de McKinsey

EXCLUSIF. Après avoir touché à la banque d’affaires et à la communication, Constance Emmanuelli œuvre depuis plus d’une décennie dans le conseil chez McKinsey. Elle y accomplit pleinement son désir de travailler à l’international tout en gardant une attache profonde à la France et à Paris et plus particulièrement depuis qu’elle s’occupe du Private Equity en France
 Constance Emmanuelli. DR
Constance Emmanuelli. DR

L’environnement familial dans lequel baignait Constance Emmanuelli ne la prédestinait pas à piloter la destinée du Private equity en France pour McKinsey. Pourtant, à l’entendre parler c’est bien cette éducation "assez complète, issue de la volonté de mes parents d’être ouverts sur le monde ", qui donne du sens à son parcours professionnel et académique. Cette fille de médecins a grandi à Paris, fréquenta les bancs de Saint Louis de Gonzague. Un des plus grands lycées de la Capitale où elle se rappelle " d’un établissement qui attachait beaucoup d’importance à l’ouverture aux autres et qui nous envoyait une à trois fois par an en voyage à l’étranger ".

De quoi la pousser à entretenir une certaine fibre familiale, elle est en effet apparentée à Xavier Emmanuelli qui a fondé le Samu Social et Médecins sans frontière. Autant d’éléments qui la font s’orienter vers le choix d’une classe préparatoire, sous le regard bienveillant de ses parents qui lui " ont toujours fait sentir que le champ des possibles était assez ouvert". Forte de cette confiance, elle escompte " avant tout approfondir les humanités et se tourner vers l’international ".

 

Changement d’univers

 

Deux années de travail acharné lui permettront d’intégrer HEC. Avec du recul, elle "mesure la chance d’avoir pu faire ma prépa à Paris, ce serait mentir que de dire qu’elle fut complètement monacale". Comme un prélude à l’équilibre vie professionnelle et vie privée que cherchent à trouver nombre de jeunes cadres. Fraîchement arrivée dans son école de commerce, elle voit rapidement ses attentes comblées ; "j’ai pu rapidement partir à l’étranger dès ma première année avec un échange à Madrid puis dès que je suis revenue sur le campus j’ai pu tisser des liens avec plein de gens". Des années d’études qui lui ont également " permis de beaucoup s’ouvrir au monde de l’entreprise, notamment au travers de mes rencontres puisque j’étais arrivée sans idée préconçue et j’ai compris avec le temps l’intérêt de certaines matières plus arides". Un temps où elle peut continuer à prendre du temps pour skier ou faire de l’équitation, deux de ses sports favoris.

C’est également une époque où elle va "beaucoup fonctionner avec des mentors, puisqu’entre les promotions d’HEC, on est énormément à se conseiller entre-nous". De quoi permettre de " tirer le maximum de mes expériences qu’elles soient en banques d’affaires en Écosse ou bien à la direction image de chez Chanel". Riche de ce vécu, elle "opte pour le monde du conseil, qui me permettait de concilier des approches pragmatiques et factuelles et une orientation très forte vers l’humain". Tout au long de sa découverte de nouveaux horizons, elle peut bénéficier de son environnement "familial, qui, même s’il n’était pas dans le monde de l’entreprise, ne lui était en revanche ni hostile ni totalement étrange".

 

Un long chapitre

 

En poussant la porte de McKinsey en septembre 2021, Constance Emmanuelli ne se doutait sans doute pas qu’elle serait cheffe de file du pôle de compétences Private Equity et Principal Investors en France plus d’une décennie plus tard. En étant engagée chez McKinsey, elle fut immédiatement comblée dans son "souhait d’une carrière internationale. Dès le deuxième jour je me suis retrouvée en Allemagne à travailler dans une équipe où j’étais la seule Française", raconte-t-elle, adhèrant très vite " à cette culture d’entreprise empreinte d’intégrité, très attachée à la méritocratie et qui accorde de la valeur aux personnes à travers leur développement et l’accomplissement de leurs aspirations".

Les années passent et elle "peut assouvir ses idées d’entrepreneuriat et prend goût au Private Equity ", en même temps qu’elle gravit les échelons jusqu’à devenir directrice associée au bureau de Paris. C’est tout naturellement qu’elle accepte de reprendre de reprendre la charge du Private Equity en France, un défi qui " entre dans une certaine logique où on a toujours besoin de nouveaux challenges qui soient stimulants". Elle s’efforce de relever ces derniers dans "un secteur en forte croissance et où l’on était historiquement plutôt un challenger, mais où l’on a aujourd’hui une réelle empreinte locale. Pour nous, c’est passionnant d’épauler ces acteurs qui deviennent des catalyseurs majeurs du financement, de la dynamisation, de la modernisation et aussi de la décarbonation de notre économie".

L’une de ses plus grandes satisfactions après toutes ses années chez McKinsey est "de continuer à contribuer à des projets qui sont porteurs d’une empreinte positive sur la création d’emplois, la parité Femmes-Hommes ou encore les enjeux environnementaux", tout en commençant à basculer du côté de ceux qui conseillent les nouveaux arrivants. Une longévité qu’elle attribue également à une entreprise qui prend soin de ses collaborateurs, comme lorsqu’elle " a pu prendre un congé maternité de 26 semaines, soit 10 semaines de plus que le congé légal, un des signes qu’il y a ici une volonté d’avoir des collaborateurs épanouis et équilibrés".

Pour la directrice associée, il est donc facile de se projeter dans quelques années, "en continuant à faire croître notre activité dans le Private Equity en France, comme nous l’avons fait ces dernières années à hauteur de 30 % par an". Malgré son goût pour l’international, elle reste très attachée au système hexagonal, où elle juge qu’il y a aujourd’hui " plein de très beaux fonds et actifs et où il y a beaucoup à faire. D’ailleurs de nombreux fonds étrangers regardent désormais avec attention ce que font les acteurs français".

 

Rendre ce qui a été reçu

 

Une constante demeure dans le parcours de Constance Emmanuelli : la reconnaissance de ce qui lui a été donné et l’envie de rendre la pareille aux générations futures. Elle estime ainsi qu’il "y a encore beaucoup à faire en termes de diversité à HEC " et qu’il "faut permettre d’apprendre aux jeunes comment se positionner et d’arriver à concilier passions et envies avec enjeux professionnels". Elle est de fait impliquée dans HEC Alumni et est rentrée dans cette aventure par le biais d’HEC Venture, ce qu’elle explique par son goût "pour un projet qui vise à donner du financement aux étudiants, à s’inspirer de ce qui se fait dans le monde anglo-saxon".

Si l’ancienne élève d’HEC a "du mal à y consacrer plus d’une demi-journée par mois, faute de temps, elle aimerait faire plus", cela ne l’empêche pas de garder cet attachement à son ancienne école. À ses yeux, il faut "avoir conscience que quelque part HEC c’est la France, c’est une figure de proue de l’Hexagone qui pèse dans le monde" et à ce titre il lui semble crucial que les anciens s’impliquent un tant soit peu.

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