Macro-économie / Taux / Veolia / Estelle Brachlianoff
Macro-économie / Taux
Veolia / Estelle Brachlianoff
L'année 2023 vue par... Estelle Brachlianoff / Directrice générale de Veolia
Quelles sont vos anticipations majeures pour 2023 dans le contexte énergétique actuel que nous avons connu cette année ?
2023, comme 2022, nous réserve certainement encore de nombreux défis, tant économiques que géostratégiques mais aussi climatiques et environnementaux. Il est donc essentiel de poursuivre et renforcer notre mobilisation collective dans le sens d’une plus grande souveraineté de nos approvisionnements en énergie et en ressources. Comment peut-on y parvenir ? En développant l’économie circulaire, qui nous permet de trouver dans nos déchets ou nos eaux usées des sources d'énergie, de matériaux stratégiques, d’eau à recycler.
Je suis convaincue du potentiel particulier que recèle l’énergie “territoriale”, locale, qui n’est pas encore utilisé à plein. En France, nous pouvons produire plus d’énergie (électricité, gaz, carburant) à partir de déchets. Chez Veolia, nous sommes pleinement mobilisés sur le sujet depuis le printemps dernier lorsque j’ai lancé le plan ReSource, qui vise à consommer moins d'énergie mais aussi à en produire plus. En France, nous visons ainsi d’être autosuffisant en énergie dans les 5 ans, donc de produire autant que nous consommons. C’est tout à fait inédit.
Pour Veolia, je suis confiante sur le fait que 2023 sera une bonne année pour le Groupe, qui est à la fois résilient et solide mais aussi adaptable, sur un marché particulièrement porteur, celui de la transformation écologique.
Comment anticipez-vous les impacts (ralentissements ou croissances) sur vos secteurs dans le contexte de la crise mondiale que nous traversons ?
La dynamique de la demande pour nos métiers est forte et s’accélère : efficacité énergétique, décarbonation, recyclage, préservation des ressources, dépollution, ce sont les métiers de Veolia, et des enjeux stratégiques pour les années à venir. Nous sommes particulièrement bien positionnés pour répondre à ces enjeux, en offrant des solutions à nos clients, industriels ou villes, pour conduire leur transformation écologique. Nous ne sommes pas seulement leader mondial de la transformation écologique, au croisement de nos métiers de l’eau, du déchet et de l'énergie territoriale, mais aussi dans le top 3 des compétiteurs dans quasiment toutes les géographies dans lesquelles nous sommes présents.
L’année qui se termine illustre bien cette dynamique. La forte progression de notre chiffre d’affaires et de notre volume d’activité dans les trois métiers (eau, déchets, énergie) nous permettent d’être confiants dans l’atteinte de nos objectifs de 2022, mais également d’aborder 2023 avec une très grande sérénité. Bref, nos performances économiques et financières sont excellentes et le resteront quel que soit le contexte que nous traverserons en 2023. L’entreprise est solide, résiliente, mais sait également faire face aux situations plus difficiles, comme nous l’avons démontré récemment en parvenant à revenir à nos résultats pré-Covid en moins de 6 mois. Nos résultats seront par ailleurs portés dans les prochaines années par les fruits du rapprochement avec Suez, qui se passe pour le mieux, mais aussi par la croissance de Veolia sur les marchés les plus porteurs de la transformation écologique. Je pense à l’efficacité énergétique, au traitement des déchets dangereux des industriels, au recyclage des plastiques ou plus récemment des batteries de véhicules électriques, une innovation majeure du groupe.
Tout ceci est un témoignage à la fois de la résilience de notre modèle, mais aussi de notre capacité d’adaptation.
Globalement, dans le monde d'incertitudes et de crises diverses, Veolia est une valeur solide en matière de résultat, de croissance et de positionnement.
Quelles tendances voyez-vous se profiler pour l’économie mondiale/ le commerce international dans le contexte géopolitique actuel ?
Le contexte géopolitique et économique actuel a conduit à remettre sur le devant de la scène des notions de souveraineté sur des sujets aussi stratégiques que sont l'énergie, l’accès aux matériaux essentiels à la transition énergétique (lithium, nickel, cobalt) ou encore l’accès à l’eau. Je ne vois pas cette tendance changer en 2023, mais plutôt s’accentuer. Et loin de reléguer au second plan les préoccupations écologiques, cela renforce au contraire le besoin de raccourcir les chaînes d’approvisionnement, développer l’économie circulaire et d'énergie locale, renouvelable, abordable, travailler sur la sobriété dans l’usage des ressources. C’est précisément dans le panel des solutions que propose Veolia.
Nous sommes en train de nous rendre compte que nous vivons dans un monde où les ressources ne sont pas infinies, dans ce monde les enjeux de l’autonomie stratégique ainsi que du découplage de la croissance et de l’utilisation des ressources deviennent cruciaux.
Le ralentissement économique chinois vous inquiète-t-il ?
Veolia est un acteur majeur de la transformation écologique en Chine, pays où le Groupe opère depuis plus de 25 ans à travers des concessions pour des services de production d’eau potable, des activités de gestion de déchets dangereux et depuis plus récemment sur des activités de recyclage du plastique. La politique de lutte contre la Covid-19 du gouvernement chinois a eu pour effet de ralentir fortement l’activité du pays, mais l’économie chinoise reste une des plus grandes de la planète et les besoins de nos services sont très forts. J’ajoute que notre diversification géographique (moins de 3% du groupe en Chine), conjuguée à notre mix de métiers principalement dans les services essentiels à la population, conduisent à ne pas considérer la situation actuelle comme un enjeu majeur pour Veolia, et nous serons par ailleurs bien positionnés quand l’économie rebondira.
Quelles perspectives pour la transformation écologique dans le contexte économique actuel?
Le débat écologique est plus que jamais au cœur des préoccupations quotidiennes, et la question de l'acceptabilité des solutions écologiques par les populations est clé.
Pour y voir plus clair sur les conditions de cette acceptabilité, Veolia a lancé, en partenariat avec Elabe, le premier baromètre de la transformation écologique mondial, dans 25 pays couvrant plus de 65% de la population mondiale.
Le constat est clair : la prise de conscience des enjeux climatiques est très largement partagée, et les habitants du monde entier sont convaincus que ne rien faire coûtera plus cher que d'agir. Ces résultats encourageants nous responsabilisent et engagent chacun des acteurs, entreprises, pouvoir publics, citoyens, à se mobiliser pour l'accélération de l’écologie des solutions. Cette étude est un point de basculement et un appel à l’action, car il faut qu’on accélère ! Il n'est plus possible de reporter au lendemain les décisions qu’il faut prendre dès aujourd'hui.
Une grande partie des solutions nécessaires à la transformation écologique des villes et des industries existe et nous devons les généraliser et les mettre à l’échelle. Et il s’agit de solutions bonnes pour la planète, pour le pays, mais aussi pour le portefeuille de chacun. Vous le voyez, il est temps d’accélérer !
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