Evenements / Veolia / Assemblée générale / Estelle Brachlianoff / Antoine Frérot / raison d'être / Environnement / changement climatique / plan stratégique / performances extra-financières
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Veolia / Assemblée générale / Estelle Brachlianoff / Antoine Frérot / raison d'être / Environnement / changement climatique / plan stratégique / performances extra-financières
Veolia embarque ses actionnaires dans son projet d’avenir désirable / Le choix de la co-construction avec les parties prenantes
En 2023, il y a les entreprises qui intègrent le climat dans leur stratégie et il y a celles qui font du climat leur stratégie. C’est le message qu’ont tenté de faire passer les dirigeants du groupe Veolia ce jeudi lors de l’assemblée générale annuelle du groupe. À grand renfort de vidéos de sensibilisation, et même d’un discours enflammé de l’économiste Philippe Dessertine, invité spécialement pour parler de la nécessaire rupture des modèles économiques pour sauver la planète, tout a été fait pour convaincre les actionnaires que Veolia "est l’entreprise la mieux positionnée au monde pour répondre aux enjeux climatiques et saisir les opportunités liées à la transformation écologique", selon les propos d’Estelle Brachlianoff, qui fêtera ses un an à la direction générale du groupe le 1er juillet prochain.
Des résultats plutôt que du blabla
A plusieurs reprises, la raison d’être, dont a décidé de se doter Veolia et dont l’ancien patron de Renault, Louis Schweitzer, fut l’un des artisans, a été répétée. Elle a été voulue simple : "la transformation écologique". "Notre raison d’être, ce n’est pas du blabla. Veolia est le leader mondial de la transformation écologique et s’est mis en ordre de marche pour monter au front et porter collectivement ce changement en faveur d’une planète plus propre. Cette raison d’être n’est donc pas un exercice théorique, elle est la colonne vertébrale de notre entreprise ", a déclaré le président du conseil d’administration, Antoine Frérot pour qui "plus on est utile, et plus on est prospère ".
Et force est de constater que le groupe l’est, prospère. "En regardant nos résultats 2022 records, avec un chiffre d’affaires à 42,9 milliards d’euros en augmentation de 50 %, je peux donc penser que nous sommes très utiles", s’est félicité Estelle Brachlianoff. Mais la dirigeante de 50 ans n’a pas voulu s’arrêter aux seules performances financières de son entreprise. Pour elle, la performance doit être plurielle. Elle a donc aussi longuement détaillé les résultats concrets des activités du groupe sur le climat. "En 2022, ce sont 14 millions de tonnes de CO2 que nous avons éliminés chez nos clients tandis que 300 millions de mètres cubes d’eau ont été économisés. Quelle autre entreprise fait ça ? ", s’est-elle interrogée.
Alignement de toutes les planètes
La directrice générale a cependant confié une frustration : que toutes ces réalisations dans le monde telles que des projets de biogaz au Brésil, de biomasse en Allemagne ou encore de recyclage d’eau usée en Bulgarie, ne soient pas reconnues dans les classements ESG. "Ils ne nous rendent pas justice. Nous sommes utiles justement parce que nos clients sont de gros émetteurs de carbone et que nous travaillons à les transformer ", a regretté Estelle Brachlianoff.
Pas de quoi décourager pour autant la directrice générale qui présentera, le 29 février 2024 prochain, un nouveau plan stratégique. "Pour maximiser l’impact sur la planète, il faut l’alignement de toutes les planètes ", a expliqué Laurent Obadia, directeur général adjoint en charge des parties prenantes et de la communication. Pour cela, le plan 2024-2027 est en train d’être conçu avec une méthode de co-construction avec tous les interlocuteurs du groupe (clients, partenaires, fournisseurs, collectivités, décideurs politiques…) et ce partout où Veolia est présent dans le monde. Quelque 200 000 idées provenant directement des collaborateurs du groupe ont même été recueillies dans cette optique.
Encore quelques-uns à convaincre
Une volonté de bâtir tout un écosystème responsable qui ne semble pourtant pas avoir convaincu l’ensemble des actionnaires du groupe et notamment les financiers. En effet, si toutes les résolutions ont été votées haut la main, une manque à l’appel. La résolution 22 traitant d’une modification statutaire relative à la raison d’être – il s’agissait de confier au conseil d’administration la question de la gestion de la raison d’être – a été retirée du vote en début d’assemblée générale. "Nous ne comprenons pas que vous ayez choisi de demander aux actionnaires d’investir directement le conseil d’administration sur cette question plutôt que de demander de voter la raison d’être ", a expliqué un représentant de la société de gestion Phistrust. Une position qu’a regretté Antoine Frérot, l’ancien président-directeur général de Veolia ayant expliqué qu’un comité "raison d’être" avait été créé au sein du conseil d’administration pour justement traiter spécifiquement ce sujet.
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