Fusions, Acquisitions / refinitiv / banque d'investissement / fusions-acquisitions / Crédit Agricole
Fusions, Acquisitions
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Le coup d'arrêt considérable de la banque d'investissement en France / Un record du nombre de fusions-acquisitions en trompe l'oeil
Quand les affaires tournent au ralenti, les rentrées d’argent se font plus rares. Les métiers de la banque d’investissement en France ont subi l’an dernier un fort contrecoup du durcissement des politiques monétaires des banques centrales. Les commissions générées par les activités des banques d'investissement ont ainsi reculé de 17% dans l’Hexagone par rapport à leur niveau de 2021, s’établissant à 3,55 milliards de dollars, leur niveau le plus faible depuis 2019, indique le dernier rapport du cabinet Refinitiv sur la banque d’investissement.
Dans le détail, les commissions de souscription sur le marché des actions ont chuté de 48% l’an dernier, à 282,5 millions de dollars, au plus bas depuis 2013. Les commissions de souscription de titres de créance ont diminué de 14% pour s’établir à 978,5 millions de dollars, un plancher depuis trois ans, tandis que les commissions liées à l’activité de prêt syndiqué ont reculé de 15% à un creux de cinq ans, à 652,7 millions de dollars.
Par ailleurs, les honoraires de conseil perçus dans le cadre d'opérations de fusions et acquisitions réalisées en France ont atteint 1,6 milliard de dollars au cours de l'année 2022, soit une baisse de 10 % par rapport à 2021 et le plus faible total annuel depuis 2020. Le recul peut sembler limité au regard de la chute de 45% du montant des fusions et acquisitions avec une participation française l’an dernier, à 159,9 milliards de dollars, leur plus faible total depuis 2013.
Il est vrai que le nombre des opérations a lui augmenté de 2 % par rapport à l'année précédente, 2022 ayant marqué un nouveau record du nombre d'opérations annuelles "depuis le début de nos statistiques en 1980", souligne Refinitiv. Une performance à nuancer cependant dans la mesure où l’activité s’est essentiellement concentrée sur le premier semestre de l'année.
Le secteur de l’énergie le plus ciblé
Plus spécifiquement, les fusions et acquisitions impliquant une cible française ont diminué de 46 % par rapport à l'année dernière, à 79,3 milliards de dollars, soit leur plus bas niveau en trois ans, malgré une augmentation de 3% du nombre de transactions. Les transactions nationales – la cible et l’acheteur sont français - ont chuté de 61%, à 37,2 milliards de dollars. Alors que les transactions entrantes ont connu une baisse de 17% en valeur à 42,1 milliards de dollars.
La France a été le dixième pays le plus ciblé en valeur au niveau mondial cette année, et le quatrième en Europe après le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Italie, indique Refinitiv. "L'énergie et l'électricité ont été le secteur le plus ciblé en France en valeur au cours de l'année 2022 ", précise le fournisseur de données financières, tandis que "le plus grand nombre d'opérations a été enregistré dans le secteur des technologies".
De façon symétrique, les acquisitions réalisées à l'étranger par les groupes français ont totalisé 49,1 milliards de dollars, soit une baisse de 51%, par rapport à la valeur enregistrée en 2021 et le plus faible total annuel depuis 2016.
Crédit Agricole, leader des émissions obligataires
La chute de l’activité s’est tout autant observée sur les marchés de capitaux, avec des émissions d'actions et de titres assimilés ont qui plongé de 57% en France l’an dernier, à 9,3 milliards de dollars en 2022, leur plus faible total depuis 2011, le nombre des émissions ayant reculé de 40%. Onze introductions en bourse ont été enregistrées au cours de l'année 2022, soit deux tiers de moins que le nombre enregistré en 2021. Le produit des introductions en bourse a totalisé 362,6 millions de dollars, traduisant un effondrement de 90 % par rapport à l’année précédente.
Les émissions d'obligations en France ont diminué de façon plus limitée, de 11% à 293,6 milliards de dollars en 2022, avec un nombre d’émissions en baisse de 14%. "La France a été la deuxième nation émettrice la plus active en Europe au cours de 2022", indique Refinitiv. L’Hexagone a représenté 16% du total des produits obligataires en Europe l’an dernier, contre 17% pour l'Allemagne, 13% pour le Royaume-Uni et 10% pour le Luxembourg.
Par ailleurs, "le Crédit Agricole a pris la première place dans le classement des teneurs de livre d'obligations françaises au cours de l'année 2022, avec 42 milliards de dollars de produits liés, soit une part de marché de 14%", indique le cabinet.
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