WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / M&A / fusions-acquisitions / refinitiv / Spac / Private equity / Capital-investissement

Entreprises / Actions
M&A / fusions-acquisitions / refinitiv / Spac / Private equity / Capital-investissement

Le private equity alimente un marché des fusions-acquisitions record

Le marché du M&A a atteint un montant inédit pour les neuf premiers mois, dépassant déjà le record précédent atteint en 2015 sur une année entière. Dotés d’une puissance de feu inédite, les fonds d’investissement n’ont jamais pesé autant dans les transactions.
Financial District, World Trade Center
Financial District, World Trade Center

A la vue des statistiques du premier semestre, l’année 2021 promettait d’être un millésime exceptionnel ; on peut d’ores et déjà affirmer que ce sera le cas. Au cours des neuf premiers mois, l’équivalent de 4 403 milliards de dollars de transactions a été annoncé à travers le monde : ce montant constitue un record depuis que Refinitiv compile ces statistiques de marché (en 1980).

La hausse en glissement annuel de 92%, certes impressionnante, n’est pas significative étant donné le trou d’air qu’a connu le marché entre mars et juin 2020 en raison du confinement international. Signe plus parlant attestant du caractère exceptionnel du dynamisme depuis le 1er janvier dernier, le marché au 30 septembre dépasse déjà le record absolu pour une année entière, réalisé en 2015 (qui atteignait 4 300 milliards de dollars).

L’élan s’est accéléré au fil de l’année. Le troisième trimestre 2021, qui a enregistré 1 600 milliards de dollars de transactions, soit le meilleur trimestre jamais enregistré par Refinitiv. C’est également le cinquième trimestre consécutif à dépasser le millier de milliards.

Ce marché exceptionnel a été alimenté par plusieurs tendances. Une tendance de fond d’abord : les sommes record accumulées par les fonds de capital-investissement (ou private equity) depuis de longues années trouvent leur débouché dans une activité débordante. Selon Refinitiv, ils n’ont jamais autant contribué au marché du M&A : Les acquisitions réalisées par des fonds ont représenté 19% du total au cours des neuf premiers mois, pour une valeur totale de 840 milliards de dollars – soit plus du double de l’année dernière à la même période. Dans la zone Europe, Moyen-Orient, Afrique, la proportion est montée à 40%, contre une fourchette comprise entre 25 et 35% les années précédentes.

Dans le même registre des particularités de l’année, les acquisitions réalisées par les Spac (Special purpose acquisition companies, coquilles vides cotées dans le but de réaliser l’acquisition d’une société non cotée) alimentent également le marché, plus précisément dans le segment du non coté. Elles représentent 12% du montant des opérations de M&A au cours des neuf premiers mois, soit 546 millions de dollars, pour 275 opérations ("combinaisons", selon le jargon de cette activité). Cette présence importante est la conséquence logique de la flambée des introductions en Bourse de Spac observée depuis un an - essentiellement aux Etats-Unis toutefois. Il est toutefois douteux que tous les Spac, étant donné leur nombre sur le marché, parviennent à trouver des actifs.

La deuxième tendance concerne les modifications qu’a induit la pandémie. Celle-ci a rebattu les cartes dans de nombreux secteurs, encourageant parfois une course à la taille mondiale, parfois des réallocations d’actifs conduisant à des cessions. On peut y voir des signes à travers l’explosion du nombre de transactions internationales (dont le montant a doublé pour atteindre un record à 1 600 milliards de dollars), mais aussi une activité débordant dans le secteur des technologies, dont les transactions ont également atteint un sommet de 888 milliards de dollars – ayant plus que doublé et représentant 20% de la valeur totale des opérations de M&A.

Si la tendance se poursuit et pour peu que les craintes sur la hausse des taux d’intérêt ne se transforment pas en douche froide boursière (ce qui aurait un effet rapide sur les valorisations des entreprises, donc l’appétit à réaliser des transactions), on peut imaginer que les transactions représentent autour de 6 000 milliards de dollars pour l’ensemble de l’année 2021.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article