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Le M&A dépasse la barre des 5 000 milliards de dollars
Ça y est. Le montant total des fusions-acquisitions annoncées depuis le début de l'année - à la date du 17 novembre - a franchi pour la première fois la barre des 5 000 milliards de dollars. Précisément, le total a atteint 5 002 milliards de dollars, selon les chiffres compilés par Refinitiv.
A la vue de l'évolution du marché au fil des mois, l'année 2021 promettait d'établir un nouveau record. Ce sera donc largement réalisé. Le montant représente "déjà 40% de plus que la valeur enregistrée au cours de l'ensemble de l'année dernière et pulvérisant de 19% le record annuel de tous les temps de 4 200 milliards de dollars, enregistré en 2015", commente Lucille Jones, analyste sur les transactions chez Refinitiv. L'activité atteint également un sommet en volume : 52 549 transactions ont été annoncées, soit 22% de plus qu'à la même période l'année dernière et un niveau jamais atteint - même en année pleine - depuis que Refinitiv compile les chiffres des fusions-acquisitions en 1980.
Les Etats-Unis représentent toujours la plus grande part de l'activité. Le montant des opérations y a doublé par rapport à la même période, pour atteindre 2 300 milliards de dollars - établissant déjà un record annuel. Les opérations impliquant des entreprises de ce pays représentent 45% de l'ensemble du marché, devant la Chine (9%) et le Royaume-Uni (7%). L'Asie-Pacifique est également le témoin d'une activité jamais vue, avec 1 060 milliards de dollars de deals - soit une hausse de 45%. Progressant de 41% (à 1 130 milliards de dollars), l'Europe continentale n'atteint pas un record mais un sommet de 14 ans.
Les causes n’ont pas changé depuis ces derniers mois : l’accessibilité du financement des opérations n’a jamais été aussi aisé en raison de taux extrêmement bas depuis des années, tandis que la pandémie a accéléré les nécessités de réorientations stratégiques des entreprises, qui sont autant d’opportunités pour les fonds d’acquérir – ou de céder – des actifs.
Dans la continuité des mois précédents, les opérations impliquant des fonds de capital-investissement explosent les compteurs : le montant frôle les mille milliards de dollars (988 milliards exactement). C’est plus du double (+118%) du total atteint à la même période un an plus tôt et déjà 49% supérieur au record annuel absolu atteint en 2007, peu avant l’éclatement de la bulle financière - les valorisations étaient montées à des niveaux inédits à l’époque grâce au recours à un endettement massif. Depuis la crise de 2008, l’effet de levier est revenu à des niveaux plus raisonnables, mais les fonds d’investissement ont ces dernières années cumulé les collectes ; ils disposent de liquidités disponibles (dry powder, dans le jargon) inégalées. Pour la seule période comprise entre le 1er janvier et la mi-novembre, les fonds ont levé 714 milliards de dollars à travers le monde, selon le fournisseur de données en capital-investissement Preqin.
Les banques françaises pèsent peu dans le classement mondial, dominé par le quintet américain Goldman Sachs (loin devant après être intervenu dans 558 opérations cumulant 1 486 milliards de dollars), JPMorgan (1 155 milliards), Morgan Stanley, Citigroup et Bank of America, aidé par le poids des Etats-Unis dans le M&A et leur réseau international. Les deux premières banques hexagonales sont en réalité binationales : franco-américaine pour Lazard (10e, avec plus de 318 milliards de dollars de transactions conseillées) et franco-britannique pour Rothschild & Co (11e, à plus de 274 milliards). BNP Paribas, première banque universelle française du classement, arrive en 17e position (pour 148 milliards de dollars de deals). Les autres (Société Générale, Crédit Agricole, Natixis) ne figurent pas dans le Top 20 mondial.
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