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Davos : optimisme mesuré sur les perspectives de l’économie mondiale / Les aléas n’ont pas disparu
“C’est moins mauvais que ce que nous pensions il y a quelques mois, ‘moins mauvais’ ne voulant pas dire que les choses vont bien”. C’est un moindre pessimisme ou un optimisme mesuré dont a fait preuve Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), à propos des perspectives économiques mondiales, à l’occasion d’une table ronde organisée par le Forum économique de Davos. Un diagnostic auquel a souscrit Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE), également présente à la table ronde.
La dynamique des prix à la consommation est l’un des éléments de nature à rassurer la Bulgare qui indique que “l’inflation semble se diriger vers une baisse”. Par ailleurs, l’abandon par la Chine de la stratégie zero covid ne sera pas sans effet sur la croissance économique mondiale, selon la directrice du FMI (la croissance de l’Empire du Milieu a pu représenter jusqu’à un tiers de la progression de l’activité économique planétaire certaines années). “Pour la première fois depuis plusieurs décennies, l’économie chinoise a enregistré une croissance moindre que celle de l’économie mondiale en 2022, ce ne sera plus le cas cette année”, a-t-elle déclaré. Le FMI anticipe une croissance de 2,7% pour l'économie mondiale contre 4,4% pour la Chine.
Enfin, la résistance des marchés du travail (les taux de chômage restent stables) de par le monde face aux vents contraires monétaire, énergétique et inflationniste a de quoi rassurer la patronne de l’institution de Washington. “Ils maintiennent les économies à flot”, a estimé Kristalina Georgieva.
Pour autant, le bilan économique est tel qu’il n’y a pas lieu de pérorer. “La croissance mondiale que nous devrions enregistrer cette année est la troisième plus faible depuis nombre de décennies [la crise pandémique et la crise financière mondiale occupent les deux premières places, ndlr]”, a-t-elle rappelé, jugeant que les aléas baissiers autour du scénario central ne sont pas mineurs.
En effet, d’une part, le conflit russo-ukrainien n’est toujours pas arrivé à son terme et il représente une menace pour la confiance des acteurs économiques, notamment en Europe. D’autre part, l’inflation pourrait significativement repartir à la hausse du fait de la réouverture de la Chine.
La hausse des prix à la consommation est justement le point qui a le plus inquiété l’un des participants à la table ronde : Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton. “Il y a des évolutions rassurantes pour les perspectives de l’économie mais le fait d’être soulagés ne doit pas nous amener à être complaisants", a indiqué l’économiste, qui vise ici les banquiers centraux. “L'inflation est en baisse, mais tout comme les facteurs transitoires [prix de l’énergie, ndlr] ont fait grimper l'inflation, les facteurs transitoires ont contribué à sa baisse, et comme dans de nombreux voyages, la dernière partie du voyage est souvent la plus difficile [atteindre l'objectif d'inflation de 2% l'an, ndlr]”, a-t-il prévenu.
De sorte que, l’Américain a jugé que “la plus grande tragédie serait que les Banques centrales s'écartent prématurément de leur objectif d'assurer la stabilité des prix et que nous devions mener cette bataille deux fois".
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