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Macro-économie / Taux / Etats-Unis / plafond d'endettement

Macro-économie / Taux
Etats-Unis / plafond d'endettement

Les États-Unis proches de la banqueroute ? / Il leur est interdit de s'endetter davantage

Son plafond d’endettement ayant été atteint jeudi dernier, l’État fédéral ne peut plus contracter de nouvelles dettes. Si cette limite n’est pas relevée ou suspendue, l'Oncle Sam pourrait ne plus être en capacité de payer le service de sa dette.
Janet Yellen, secrétaire au Trésor des Etats-Unis - Lenin Nolly/ZUMA Press/ZUMA/REA
Janet Yellen, secrétaire au Trésor des Etats-Unis - Lenin Nolly/ZUMA Press/ZUMA/REA

En ce début d’année, les États-Unis vont devoir se serrer la ceinture. Le plafond d’endettement de l’État fédéral a été atteint, en conséquence de quoi, ce dernier ne peut plus contracter de nouvelle dette pour financer son train de vie. C’est fin 2021 que le plafond a été relevé pour la dernière fois, un accord avait été trouvé pour le gonfler de 2.500 milliards de dollars et ainsi le porter à 31.381 milliards de dollars. Un niveau d’endettement qui a été atteint jeudi dernier, a déclaré Janet Yellen, secrétaire au Trésor.

Pour mémoire, depuis 1917, il a été fixé un plafond d’endettement fédéral maximum que le Trésor américain se doit de ne pas dépasser (le Danemark est le seul autre pays au monde à disposer d’un tel mécanisme). À l’époque, il s’agissait de gagner en souplesse pour la puissance publique. En effet, il ne lui était pas permis de s’endetter et financer ses dépenses de guerre sans demander l’avis du Congrès - chaque emprunt devait faire l’objet d’une autorisation de la part du Congrès avant l’apparition de cette loi. Depuis, la dette fédérale n’a fait que croître et le Congrès fut très souvent sollicité pour suspendre ou relever ce plafond. Ainsi, depuis 1960, le Congrès a agi 79 fois pour relever de façon permanente ou suspendre ce plafond - 49 fois sous des présidents Républicains et 30 fois sous des présidents Démocrates. 

 

Tranquillité jusqu'à l'été

 

A l’image de nombreux pays dans le monde, les États-Unis génèrent structurellement des déficits budgétaires qu’ils soldent en recourant à la dette. Si bien que jusqu’à ce que le Congrès s’accorde pour suspendre ou relever le plafond, ce levier n’est désormais plus mobilisable (à part pour refinancer la dette arrivant à échéance puisque le stock de dette ne croît pas dans ce cas-là). Résultat : Il ne peut s’appuyer que sur le cash dont il dispose (377,5 milliards de dollars sur son compte courant à la Fed au 18 janvier) et ajuster tant que faire se peut ses dépenses. C’est pourquoi, Janet Yellen, a annoncé la mise en œuvre de "mesures exceptionnelles". Il s’agit de l'arrêt des versements à plusieurs fonds de retraites et de prestations de santé ou d'invalidité des agents publics qui n’influera toutefois pas sur les pensions touchées par les bénéficiaires.

Dans une lettre adressée à Kevin McCarthy, président républicain de la Chambre des représentants, où elle implore le Congrès de trouver un accord (les Républicains le conditionnent à une réduction des dépenses publiques), l’Américaine indique que, combinées, les "mesures exceptionnelles" et les liquidités auxquelles peut recourir le Trésor devraient permettre à l’État de faire face à ses obligations au moins jusqu’en juin. Au-delà de cette date, les États-Unis seraient ainsi susceptibles ne plus pouvoir assurer le service de leur dette.

L'occurrence de cet évènement chahuterait particulièrement les marchés financiers, eux qui ont toujours considéré la dette émise par l’Oncle Sam comme l’actif le plus sûr au monde. La prime de risque l'affectant s'envolerait, ce qui ne serait pas sans effet sur les conditions de financement auxquelles ménages et entreprises seraient confrontés. "Cela causerait un préjudice irréparable à l'économie américaine, aux moyens de subsistance de tous les Américains et à la stabilité financière mondiale", a alerté Janet Yellen.

Techniquement, le défaut est un point qui fait l’objet de débats. En effet, compte tenu du fait que les recettes du Trésor surpassent ses dépenses d’intérêts, il pourrait très bien en faire sa priorité au détriment des autres postes. Une possibilité qu’ont toutefois toujours rejeté les différents hauts responsables du Trésor peut-être pour des raisons politiques (les bénéficiaires de la Sécurité Sociale et les militaires passeraient alors après les créanciers obligataires). Toujours est-il que, "les transcriptions des réunions de la Fed en 2011 et 2013 montrent que le Trésor était prêt à retarder les paiements sur d'autres obligations pour effectuer les paiements des intérêts de la dette à temps", explique Nancy Vanden Houten, économiste chez Oxford Economics.

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