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Davos : la Chine envoie un message d’ouverture / Le retour du pays sur la scène internationale rassure les élites
La Chine est de retour sur la scène économique mondiale et elle compte bien le faire savoir. Après une année 2022 décevante, marquée par une stratégie zéro-Covid devenue insoutenable, la croissance chinoise est tombée à 3 %, bien loin de l’objectif initial de 5,5 %. Pour autant, les leaders mondiaux n’étaient pas réunis à Davos la semaine dernière pour regarder en arrière, mais bien pour parler du futur de la Chine, le sujet faisant justement l’objet d’une table ronde sobrement intitulée "China’s Next Chapter".
"La porte de la Chine a toujours été ouverte sur le monde", y a affirmé Weng Jieming, vice-président de la Commission de surveillance et d'administration des actifs d'État (SASAC), faisant écho aux propos du vice-Premier ministre chinois Liu He qui déclarait un peu plus tôt que la Chine serait "toujours en faveur de l'ouverture". L’ouverture semblait donc bien être le message principal à transmettre du côté des officiels chinois qui ont également insisté sur le besoin de réciprocité.
Un rebond pour 2023
"Nous nous attendons désormais à un rebond à 5 % ou plus, assurant une solide croissance pour 2023", indique Kevin Ruud, ancien Premier ministre australien et P.-D.G. de l’Asia Society, tout en ajoutant que le futur du géant asiatique demeurait "encore incertain". La reprise semble toutefois bien là et l’excès d’épargne, accumulée depuis 3 ans par la population, devrait jouer un rôle central. "En temps normal, les Chinois épargnent beaucoup – entre 20 et 25 % de leur revenu disponible. Mais ces deux dernières années, ce chiffre a grimpé jusqu’à 35 %", avance Nicolas Aguzin, P.-D.G. de HKEX, représentant ainsi 2 000 milliards de dollars "attendant d’être dépensés".
Ce dernier enchaîne et affirme que "la réouverture post-Covid de la Chine constitue probablement le catalyseur le plus puissant pour les marchés en 2023", tout en rappelant que les perspectives économiques sont "un peu plus timides dans les pays développés". "Nous sommes très optimistes", conclut-il.
Derrière ce panorama radieux subsiste toutefois certaines difficultés intérieures auxquelles s'attaque le régime, notamment la crise de l’immobilier. "Une poignée de grands promoteurs présentent un risque systémique, nous devons surveiller leur situation de très près", a expliqué Liu He en rappelant que l'immobilier représentait 40 % des encours de prêts bancaires, la moitié des ressources fiscales des provinces et 60 % des actifs des ménages urbains. Une situation critique que le retour annoncé de la croissance devrait contribuer à corriger.
L’innovation au cœur du projet chinois
Au cœur de la machine chinoise, l’innovation devrait permettre à Pékin de poursuivre ses objectifs de croissance ambitieux. Ainsi, en un peu plus de 30 ans, les dépenses en R&D de la deuxième économie mondiale sont passées de 0,6 % à 2,5 % du PIB, soit la moyenne des pays de l’OCDE.
Cette volonté s’illustre notamment dans la Grande Baie de Guangdong-Hong Kong-Macao, une région du sud-est de la Chine qui abrite 87 millions d’habitants pour un PIB avoisinant les 2 000 milliards de dollars. Cette zone, grande comme cinq fois l’Île-de-France, constitue le deuxième hub d’innovation le plus important dans le monde, un leader dans bien des domaines, notamment la technologie et la finance. "C’est comme avoir la Silicon Valley et Wall Street réunis en un seul et même endroit", explique Marcos Troyjo, président de la Nouvelle Banque de développement.
Finalement, lorsque l’on demande aux panélistes de résumer leur vision de la Chine pour les prochaines années en un seul mot, voici ce que l’on obtient : "Évolution", "Innovation", "Vital", "Ouvert" et "Incertain". Tout un programme.
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