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Banque de France ; Entreprises ; Médiation ; Perspectives ; Délais de paiement ; Croissance ; Activité ; Défaillances

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La médiation du crédit moins sollicitée en 2022 / La Banque de France redoute une année 2023 « plus compliquée »

Face à la résilience des entreprises françaises, le nombre de saisines traitées par la médiation du crédit recule en 2022. La guerre en Ukraine et la crise énergétique notamment laissent toutefois craindre une dégradation de l’activité des entreprises pour 2023, selon la Banque de France.
François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France (Pascal SITTLER/REA)
François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France (Pascal SITTLER/REA)

Malgré la période de rattrapage post-Covid, l’horizon s’assombrit de nouveau en 2022 pour les entreprises françaises, qui résistent de leur mieux, tandis que l’orage pourrait bien s’abattre dès cette année. Voici en somme ce qui ressort des dernières perspectives sur la situation des entreprises de la Banque de France. "Les entreprises françaises, qui abordent cette période dans une position relativement confortable, doivent s’attendre à une année 2023 plus compliquée", résume Émilie Quema, directrice des entreprises à la Banque de France.

 

Des défaillances d’entreprises plus nombreuses

 

Après deux années de crise sanitaire, la reprise en flèche des entreprises s’était notamment caractérisée par la hausse spectaculaire du chiffre d’affaires et des taux de marge ou encore le recul des retards de paiement, pour aboutir à "une situation très favorable à fin 2021". En d’autres termes, les entreprises avaient de quoi voir venir malgré les vents contraires qui ont rapidement recommencé à souffler.

Certes, en 2022 le nombre de défaillances d’entreprises progresse, passant de 25 000 à 40 000 en un an, mais il faut plus y voir une normalisation plutôt qu’une augmentation. "On s’attend à la poursuite de ce mouvement", indique même Frédéric Visnovsky, médiateur national du crédit. En effet, depuis la pandémie, le nombre de défaillances était resté anormalement bas – conséquence directe du "quoi qu’il en coûte" – et les niveaux actuels restent toujours inférieurs de presque 20 % à ceux d’avant-crise.

Dans le même temps, "le financement est resté très dynamique", souligne Frédéric Visnovsky alors que l’endettement augmente lui aussi en raison de la forte croissance du crédit bancaire, en hausse de 7,7 % sur un an en novembre dernier.

 

Ce que cache le recul du recours à la médiation

 

Face à la résilience des entreprises françaises, le nombre de saisines traitées par la médiation du crédit recule en 2022, en repli de 45 % par rapport à l’année précédente. Cette tendance s’inscrit dans la continuité de la forte baisse des dossiers éligibles en 2022 (51 %) comparé à la situation d’avant-crise en 2019 (66 %) mais aussi de la chute du taux de succès des médiations sur la même période (64 % en 2019 et 43 % en 2022).

Ce recul, perçu a priori comme une bonne nouvelle, dissimule en fait une réalité plus nuancée. Il traduit avant tout le caractère plus dégradé qu’avant la crise sanitaire des entreprises qui sollicitent la médiation du crédit, "ce qui peut compromettre les possibilités d’aboutir à une issue positive", explique l’institut d’émission, mais aussi "la normalisation progressive des règles d’acceptation" élargies pendant le Covid-19. "On a moins de dossiers, mais des entreprises plus fragiles que ce que l’on pouvait connaître avant crise, ce qui fait que le taux de succès de la médiation s’est réduit", explique le médiateur national du crédit.

Dans le détail, les demandes de médiation proviennent en très grande majorité de TPE (78 %), qui exercent leurs activités dans les secteurs des services (52 %) et dans une moindre mesure du commerce (22 %) ou du bâtiment (13 %).

 

Des difficultés accrues pour 2023

 

Avec une prévision de croissance de 0,3 % cette année, la Banque de France redoute "une année plus difficile" pour les entreprises françaises. La dégradation de la trésorerie, l’alourdissement des stocks dans l’industrie, la persistance des difficultés de recrutement sont autant de mauvais signes pour l’activité des firmes. L’institut d’émission prédit toutefois une baisse limitée du taux de marge, qui devrait finalement se stabiliser aux environs de 32 % à partir de 2025.

La crise énergétique contribue indéniablement à la morosité ambiante de l’économie en France. Si jusqu’à présent, un peu moins du quart des entreprises indiquent que leur activité du mois passé a été affectée, une proportion à peu près inchangée depuis octobre, pour les trois prochains mois, ce sont près du tiers des entreprises qui s’attendent à un impact sur leur activité, et même 40 % dans l’industrie.

La Banque de France identifie finalement quatre points de vigilance, à surveiller tout particulièrement cette année. Les tensions sur la trésorerie des entreprises, les comportements de paiement, les incertitudes sur leur capacité à faire face aux remboursements de dettes bancaires, fiscales et sociales et l’accompagnement des banques dans le financement des besoins des entreprises. Le rendez-vous est donc fixé en fin d’année pour découvrir l’ampleur des dégâts.

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