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Macro-économie / Taux / banques centrales / Fonds monétaire international

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Quand le FMI met en garde les Banques centrales contre l’apathie / L’assouplissement des conditions financières doit les pousser à réagir

Par rapport à la fin 2022, les marchés actions et obligataires ont repris du poil de la bête en partie grâce à la désinflation. Un tel rebond des marchés d’actifs contrevient au durcissement des conditions financières souhaité par les Banques centrales si bien qu’elles devraient ne pas avoir peur de hausser le ton, avertit le Fonds monétaire international, quitte à générer des secousses.
Tobias Adrian, chef du département des marchés monétaires et financiers du Fonds monétaire international - Yang Chenglin/XINHUA-REA
Tobias Adrian, chef du département des marchés monétaires et financiers du Fonds monétaire international - Yang Chenglin/XINHUA-REA

Les marchés financiers seraient-ils en train de vendre la peau de l’ours ? Tant du côté des marchés actions qu’obligataires (souverains et entreprises), les prix se sont envolés depuis la seconde partie du quatrième trimestre, même si une correction a eu lieu sur le marché des titres à revenu fixe. En cause ? Une désinflation qui commence à pointer le bout de son nez sous l’effet du reflux des prix de l’énergie. "Ces espoirs de désinflation se sont accompagnés d’attentes croissantes selon lesquelles les banques centrales cesseront bientôt non seulement de resserrer leur politique, mais réduiront également les taux assez rapidement", notent Tobias Adrian, Christopher Erceg et Fabio Natalucci, économistes au Fonds monétaire international (FMI).

Paradoxalement, les conditions financières sont ainsi en train de s’assouplir alors même que les Banques centrales remontent leur taux d’intérêt en vue de peser sur l’activité économique (les marchés actions et obligataires font partie des canaux de transmission) et in fine l’inflation. Un phénomène qui a de quoi agacer les grands argentiers. En effet, au milieu de l’automne dernier, la détente observée sur les taux d’intérêt souverains européens de plusieurs dizaines de points de base en avait surpris plus d’un au sein du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) et poussa Christine Lagarde, présidente de la BCE, à afficher un ton résolument "faucon" lors de sa dernière conférence de presse de l’année. "Cet assouplissement des conditions financières pendant un cycle de resserrement de la banque centrale crée un casse-tête pour les banquiers centraux", résument les trois économistes du FMI.

 

Deux possibilités

 

Deux options se présentent à eux. D’une part, "les marchés financiers signalent que la désinflation peut se produire sans augmentation significative du chômage. Les responsables politiques pourraient se rallier à ce point de vue et, de fait, ratifier l’assouplissement des conditions financières ", explique l’institution de Washington.

D’autre part, les banques centrales pourraient s’opposer à l’optimisme des investisseurs, en soulignant les risques que les pressions inflationnistes soient plus persistantes que prévu. "Cette approche de gestion du risque nécessiterait des taux d’intérêt restrictifs pendant plus longtemps, jusqu’à ce qu’il y ait des preuves tangibles d’un déclin durable de l’inflation", avance l’organisation internationale.

C’est cette dernière démarche qui a la préférence des trois économistes même si cela doit entraîner "une réévaluation de la trajectoire de la politique monétaire et des actifs à risque sur les marchés financiers, ce qui pourrait provoquer une chute des cours des actions et un élargissement des spreads de crédit [accroissement de l’écart de rendement entre les obligations d’entreprise et les obligations souveraines, ndlr]".

 

Pourquoi hausser le ton

 

Trois raisons justifieraient un tel comportement.

"L’histoire montre qu’une inflation élevée persiste souvent - et peut même s’aggraver - sans que la politique monétaire ne prenne des mesures énergiques et décisives pour la réduire", avancent-ils. Par ailleurs, "si l’inflation des biens a diminué, il semble peu probable qu’il en soit de même pour les services sans un refroidissement significatif du marché du travail".

Tant et si bien qu’il est "essentiel que les banques centrales évitent de mal interpréter les fortes baisses des prix des biens et d’assouplir leur politique avant que l’inflation des services et les salaires, qui s’ajustent plus lentement, n’aient aussi nettement diminué ". Si l’on prend le seul exemple des Etats-Unis, l’inflation annuelle des biens non-énergétiques a atteint 2,1 % en janvier contre 7 % pour les services non-énergétiques.

Dernier argument : "l’expérience montre que les périodes prolongées de hausse rapide des prix rendent les anticipations d’inflation plus susceptibles d’être désancrées, car une telle mentalité inflationniste devient plus ancrée dans le comportement des ménages et des entreprises".

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