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Macro-économie / Taux / Royaume-Uni / PIB / Récession / Inflation

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Royaume-Uni : à 77 millions de livres de la récession / Pas de quoi pérorer, le pire est devant

Le Produit intérieur brut (PIB) s’est stabilisé entre octobre et décembre, après avoir décru de 0,2 % au troisième trimestre 2022. Si le Royaume-Uni a échappé de très peu à une "récession technique", il ne devrait pouvoir y couper cette année.
Rishi Sunak, Premier ministre du Royaume-Uni - POU/ROPI-REA
Rishi Sunak, Premier ministre du Royaume-Uni - POU/ROPI-REA

Le Royaume-Uni a frôlé la récession. Son Produit intérieur brut (PIB) s’est stabilisé au cours du quatrième trimestre, après avoir reculé de 0,2 % entre juillet et septembre, montrent les données publiées par l’Office national des statistiques (ONS). L’économie britannique évite donc une “récession technique” qui se définit par deux trimestres consécutifs de contraction de l’activité économique.

Ce dixième de point de pourcentage ayant fait la différence (cela se joue à 77 millions de livres sterling) semble plutôt anecdotique et l’heure n’est donc pas à l’autosatisfaction du côté du gouvernement britannique. "Nous ne sommes toutefois pas sortis d’affaire, particulièrement en ce qui concerne l’inflation”, a ainsi reconnu Jeremy Hunt, chancelier de l’Echiquier du Royaume-Uni.

Il semblerait même que le pire soit à venir. En effet, le PIB mensuel s’est affiché en recul lors du mois de décembre (de 0,5 %) du fait d’importantes grèves ayant eu lieu pour réclamer des hausses de salaires. “Le fait que la faiblesse du quatrième trimestre ait été fortement concentrée en décembre signifie que le point de départ pour le premier trimestre est assez bas et que nous aurons presque certainement une contraction au premier trimestre, même si l’activité stagne effectivement”, prédit ainsi James Smith, économiste chez ING, qui anticipe un recul compris entre 0,3 % et 0,4 % de l’activité entre janvier et mars (en glissement trimestriel), puis un autre lors du deuxième trimestre.

A l’image de nombreuses économies de par le monde, le Royaume-Uni subit trois chocs : énergétique, inflationniste et monétaire. Les revenus réels sont fortement érodés par une hausse annuelle des prix à la consommation dépassant 10 % depuis septembre dernier notamment en raison de l’envolée des prix du gaz naturel et de l’électricité (désormais en baisse). Si bien qu’en réponse, la Banque d’Angleterre a augmenté de 350 points de base son taux d’intérêt directeur (entre décembre 2021 et décembre 2022).

Un durcissement monétaire dont les effets ne se font pas encore pleinement sentir compte tenu des délais de transmission de la politique monétaire (au moins douze mois). “Nous estimons que les deux tiers de l’influence de la hausse des taux sont encore à venir”, précise Paul Dales, chef économiste chez Capital Economics, qui estime également qu’une récession se produira cette année outre-Manche. “Le PIB devrait reculer de 2 % par rapport à son point haut”, avance-t-il.

Pour rappel, d’après les dernières prévisions du Fonds monétaire international (FMI), le Royaume-Uni est la seule économie du G7 qui devrait connaître un recul de l’activité sur l’ensemble de l’année 2023.

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