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TF1 inquiète avec ses résultats / Le nouveau PDG Rodolphe Belmer devra convaincre sur l’accélération du digital

Entre des résultats 2022 en baisse qui déçoivent le marché et des perspectives 2023 de simple maintien de la rentabilité, la prise totale des commandes de TF1 par Rodolphe Belmer s'effectue dans un climat très prudent. Après l'échec de Salto, la stratégie d’accélération dans le digital peine à emporter l'adhésion à ce stade.
Rodolphe Belmer, le nouveau PDG  de TF1 - Eric TSCHAEN/REA
Rodolphe Belmer, le nouveau PDG de TF1 - Eric TSCHAEN/REA

Il y a de meilleurs contextes pour une intronisation. Nommé président de TF1 à l’issue du dernier conseil d’administration qui se tenait lundi, Rodolphe Belmer prend la place de Gilles Pélisson alors que les comptes de l’entreprise ne sont pas au beau fixe. Les résultats du dernier exercice de la chaîne portent notamment la marque de deux échecs. Celui, retentissant, survenu en septembre, du rapprochement avec M6 aura entraîné une charge exceptionnelle de 15 millions d’euros. Rodolphe Belmer a toutefois eu le temps de s’y préparer, alors qu’il avait déjà repris fin octobre les rênes opérationnelles de l’entreprise des mains de son prédécesseur.

Après l'annulation du projet de fusion avec M6 dont la logique était d’acquérir une plus grande masse critique, "nous avons dû revoir notre stratégie et nous avons conclu qu'il valait mieux nous recentrer sur le marché de la publicité et du numérique où nous disposons déjà d'une masse critique et où il existe de nombreuses opportunités de croissance et de création de valeur substantielle", a déclaré le dirigeant lors de la conférence de présentation des résultats.

Plus coûteuses encore sont les pertes liquidatives liées à l'arrêt de la plateforme de vidéo à la demande par abonnement Salto, pour un montant de 46,1 millions d'euros. Censée devenir le "Netflix à la française", la plateforme de streaming créée à l’été 2019 par France Télévisions, TF1 et M6 a fait long feu, chaque protagoniste préférant donner la priorité à sa propre offre de streaming.

Sur l'ensemble de l'année 2022, le chiffre d'affaires de TF1 a progressé de 3,3 % par rapport à 2021, à 2,51 milliards d'euros avec une tendance qui s’est cependant dégradée en fin année. Au cours du seul quatrième trimestre, le chiffre d’affaires s’est établi à 637,7 millions d’euros, en retrait de 3,5 % sur un an, et ce alors que "le groupe a bénéficié de la diffusion de la Coupe du monde qui a permis d’amortir la tendance difficile du marché publicitaire", notent les analystes d’Oddo BHF. La Coupe du monde a réuni 24,1 millions de téléspectateurs devant la finale, soit la meilleure audience télévisée historique tous programmes et toutes chaînes confondues.

Le résultat opérationnel courant (ROC) a diminué de 7,9 %, à 316,2 millions d'euros, en raison de l'encaissement en 2021 d'un crédit d'impôt éditeur attribué au titre du Covid-19. Et la marge opérationnelle courante a fléchi de 1,5 point de pourcentage sur un an, à 12,6 %. Le bénéfice net de l'entreprise est ressorti à 176,1 millions d'euros l'an passé, en recul de 21,8 %. Des résultats légèrement en deçà des anticipations du marché, alors que le consensus des analystes tablait sur 2,52 milliards d'euros de chiffre d’affaires et un résultat opérationnel courant de 317,7 millions d'euros pour l'exercice 2022.

S’agissant des perspectives, le groupe ne s’engage pas sur un niveau d’activité en 2023 mais se veut rassurant sur la tendance publicitaire de début d’année. "Nous ne voyons aucun signal d'alarme à ce stade. Les négociations annuelles avec nos principaux clients, se déroulent bien et sont en ligne avec nos anticipations", indique Rodolphe Belmer.

La récente nomination de Claire Basini au poste de directrice générale adjointe en charge des activités "BtoC" a illustré la priorité donnée à l’accélération dans le digital. Et le groupe s’engage à ce que celle-ci se fasse à coût de programmation constant. Et ce "parce que nous avons découvert, que les programmes qui fonctionnent très bien en numérique et qui attirent le public jeune sont les mêmes que ceux qui fonctionnent très bien en linéaire", a souligné Rodolphe Belmer. En Bourse, les investisseurs ne semblent toutefois pas disposés à payer pour voir à ce stade. L’action TF1 chutait mardi de 5,4 % à 7,11 euros.

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