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Entreprises / Actions / Atos / Rodolphe Belmer / Evidian / Nourdine Bihmane / Philippe Oliva / Big Data et Sécurité

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Atos / Rodolphe Belmer / Evidian / Nourdine Bihmane / Philippe Oliva / Big Data et Sécurité

La scission d'Atos affole les investisseurs

Le projet de scission d'Atos en deux entités cotées, dont l'une regrouperait les activités historiques en perte de vitesse et l'autre les activités stratégiques à forte croissance, est lourdement sanctionné en Bourse. Rodolphe Belmer, le directeur général, en poste depuis moins de six mois, quittera le navire début septembre.
Nommé directeur général d'Atos en début d'année, Rodolphe Belmer quittera le groupe en septembre - Photo by Eric PIERMONT / AFP
Nommé directeur général d'Atos en début d'année, Rodolphe Belmer quittera le groupe en septembre - Photo by Eric PIERMONT / AFP

Les rumeurs de tensions à la tête d’Atos sur la stratégie à mener pour sortir la société de l’ornière étaient fondées. Elles vont déboucher sur le départ de Rodolphe Belmer, le directeur général, d’ici à fin septembre, a indiqué mardi l’entreprise de service numérique. Le futur ex-dirigeant partira "au plus tard le 5 septembre", a précisé celui-ci à l’occasion de la présentation du nouveau plan stratégique de la société. Arrivé le 1er janvier dernier, la mission de redresser les comptes d’Atos ne lui incombe déjà plus, son rôle devenant superflu alors que le groupe envisage sa scission en deux entités aux dynamiques opposées.

Selon le projet présenté aux investisseurs, d’un côté, les activités en croissance dans la cybersécurité, les supercalculateurs, l’informatique quantique ou encore l’intelligence artificielle, actuellement logées dans le pôle Big Data et Sécurité (BDS), seraient associées aux activités digitales et regroupées au sein d’une nouvelle société, baptisée Evidian, appelée à être cotée en Bourse séparément.

 

Deux entités, deux ambiances

 

De l’autre, un nouvel Atos conserverait les activités historiques mais déclinantes dans la gestion des parcs informatiques. Soit - en grossissant le trait - une entité représentant les activités d’avenir, et la deuxième celles du passé, avec chacune "une équipe de management dédiée, un conseil d'administration indépendant et une structure financière adaptée", a expliqué le groupe. C’est Philippe Oliva, récent directeur commercial d’Atos depuis avril, en provenance (comme Rodolphe Belmer) de l’opérateur satellites Eutelsat, qui pilotera le périmètre "digital/BDS" appelé à former Evidian, tandis que Nourdine Bihmane, dans le groupe depuis 21 ans, a été nommé directeur général délégué en charge de la ligne de métier Tech Foundations, regroupant les activités historiques d’infogérance.

Dans les deux cas, l’histoire n’est pas la même. Les activités appelées à constituer Evidian ont cru de 5% en organique l’année dernière avec une marge opérationnelle de 7,8%. L’entité vise une croissance moyenne de 7% sur la période 2022-2026, avec une marge opérationnelle de 12%. Dans le même temps, le déclin continu des activités historiques, déficitaires, ne serait pas enrayé avant plusieurs années, avec une stabilité du chiffre d’affaires et un retour à une marge opérationnelle positive espérés en 2025, dans le meilleur des scénarios.

 

Plus bas en Bourse depuis 2009

 

En termes de calendrier, le projet à l’étude "implique une réorganisation préalable qui serait achevée au cours du second semestre 2023", avant la cotation et la distribution des actions d’Evidian d'ici la fin de l’année 2023, a indiqué le groupe. La perspective de cette année de restructuration n’enchante guère les investisseurs. L’action Atos rejoint mardi des plus bas depuis mars 2009, plongeant de 25% à 14,1 euros en fin d'après-midi.

Si le projet a l’ambition de "libérer de la valeur", la capitalisation boursière de l’entreprise tombe à moins de 1,6 milliard d’euros, pour un chiffre d’affaires de plus de 10 milliards d’euros, une situation difficile à tenir sur la durée. D’autant qu’il existe des moyens plus rapides de débloquer la valorisation promise, en cédant directement par exemple la division Big Data et Sécurité, dont on sait qu’elle intéresse vivement différents prétendants, en particulier Thales. Cela supposerait évidemment que l’Etat prenne position sur le dossier, du fait de son poids dans Thales et du caractère sensible et stratégique des activités en question.

Il n’est pas certain non plus qu’il vaille la peine réellement de s’acharner à redresser les activités historiques d’infogérance, dénuées de valeur stratégique, ce que l'allemand Siemens avait probablement déjà compris en cédant les siennes en 2010 à Thierry Breton, alors à la tête d’Atos.

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