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Le champion français des tests Eurofins face à l’après-Covid / La Bourse sanctionne ses prévisions pour 2023
L’âge d’or du Covid est décidément passé pour Eurofins. Le spécialiste français des analyses scientifiques, numéro un mondial des tests alimentaires et environnementaux, n’est pas le plus connu des groupes du CAC 40, mais il est l’un des rares dont le cours de Bourse s’inscrit en baisse après deux mois cette année tandis que son indice de référence inscrit des records. La faute, en grande partie à ses résultats de l’exercice 2022 publiés mercredi, qui ont fait fondre en une journée sa valorisation de 11,3 %, à 58,5 euros.
Le groupe dirigé par Gilles Martin s’était révélé l’un des "gagnants" de la pandémie du fait de son exposition au segment du diagnostic clinique, qui a répondu à la forte demande de tests et de réactifs pour le coronavirus. Cependant, avec le déploiement des vaccins et les réouvertures des frontières, comme prévu, les revenus du Covid se sont évaporés. De plus de 1,4 milliard d’euros en 2021, ils sont tombés à moins de 600 millions d’euros l’an dernier, soit une chute supérieure à 800 millions d’euros.
Pourtant, le chiffre d’affaires de 6,7 milliards d’euros réalisé l’an dernier par l’entreprise se révèle à peu de chose près conforme aux anticipations. "Eurofins a clairement démontré sa résilience", souligne d’ailleurs Gilles Martin. Ses marchés finaux, diversifiés dans l’agroalimentaire, la biopharmacie et l’environnement, dépassent largement le cadre du Covid et bénéficient de tendances toujours aussi porteuses. Les mêmes tendances qui ont permis à son chiffre d’affaires d’être multiplié par dix en douze ans.
Quand l’inflation pèse sur la rentabilité
Mais cette résilience s’avère un peu moins évidente s’agissant de la rentabilité. A 3,02 euros, "le bénéfice par action est inférieur d’environ 10 % au consensus et la marge d’excédent brut d’exploitation (Ebitda) est faible à 22,5 %", notent les analystes de Jefferies. Pour l’expliquer, le groupe évoque l’inflation salariale, énergétique, ou la hausse des coûts de logistiques et des consommables qui n’ont pu être immédiatement répercutées dans les prix dans le contexte de la baisse des vents liées au Covid.
A 677 millions d’euros, la génération de cash-flow libre d’Eurofins s’est aussi établie bien en deçà de l’objectif de 900 millions d’euros que le groupe s’était fixé, conséquence d’une hausse des dépenses d’investissement à 645 millions d’euros, contre 482 millions d’euros en 2021.
La déception concerne aussi les prévisions pour 2023, nettement révisées à la baisse en ce qui concerne l’Ebitda et la génération de trésorerie. Au lieu d’un Ebitda de 1,575 milliard d’euros et d’un cash-flow libre de 900 millions d’euros, le groupe prévoit désormais pour cette année que son Ebitda se situera dans une fourchette de 1,35 à 1,4 milliard d’euros, et son cash-flow libre entre 700 et 750 millions d’euros.
Des chiffres encore une fois jugés "faibles" par Jefferies. Les nouvelles prévisions "impliquent une marge d’Ebitda de 20,3 %, et engendreraient une baisse de 13 % de l’Ebitda du consensus au point médian, avec un flux de trésorerie disponible inférieur de plus de 20 % aux prévisions précédentes", pointe la banque. Pas de quoi séduire les investisseurs dans l’immédiat. Depuis ses plus hauts historiques à 124 euros de septembre 2021, l’action Eurofins a perdu plus de 50 % de sa valeur.
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