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La Tech se met à la dette / Un fonctionnement opportun pour toutes les parties
La Tech européenne aura marqué un nouveau record en 2022, sur un terrain où elle est pourtant moins attendue : celui du marché de la dette. L’année passée a vu le total des capitaux de dette investis dans les entreprises technologiques européennes doubler par rapport à 2021, pour atteindre plus de 30 milliards d’euros, pointe le dernier rapport du cabinet en conseil et en investissement GP Bullhound.
Les levées de fonds réalisées par les start-ups Tech ont, en effet, connu une inflexion à partir de la fin du mois de juin dernier. Cette diminution, pour les experts du secteur, rendait alors compte d’un changement de paradigme. La fin de l’hyper-croissance à tout prix avait sonné, le pouvoir de négociation entre les entrepreneurs et les investisseurs s’était inversé, au profit de dossiers faisant état d’une rentabilité établie. C’est d’ailleurs l’une des raisons qu’avance GP Bullhound à cette progression de capitaux alloués à la Tech, au travers de mécanismes de dette. "Dans la perspective des prêteurs, le marché est devenu nettement plus attractif. Les conditions d’emprunt reflètent aujourd’hui mieux l’équilibre des forces entre les emprunteurs et les prêteurs", explique ainsi le cabinet.
Prendre le temps
D’abord, parce que ces derniers se montrent bien plus exigeants lorsqu’il s’agit de prêter des capitaux. Le temps est désormais pris afin d’entreprendre des diligences qui permettent de mieux comprendre les fondamentaux de la rentabilité d’une entreprise. "Nous avons profité de l’exercice de budgétisation 2023 pour signaler très clairement à toutes les sociétés de notre portefeuille que cette orientation sera renforcée dans le contexte actuel et elle a été généralement bien acceptée par les fondateurs à tous les niveaux", souligne ainsi dans l’étude Guillaume Santamaria, associé chez Infravia Capital Partners, société de capital-investissement.
En Europe, et contrairement aux Etats-Unis, les établissements bancaires auront été les principaux fournisseurs de dette aux sociétés technologiques : leur part de marché a dépassé 50 % en 2022. Car prêter des financements à la Tech peut aussi représenter un intérêt pour les banques européennes. GP Bullhound souligne ainsi que le secteur a affiché des taux de défaut réels inférieurs au reste du marché ainsi qu’une probabilité de défaut plus faible. Sur les quatre dernières décennies, le secteur de la haute technologie a, par exemple, présenté un taux de défaut d’environ 1,25 % contre plus de 3 % pour le secteur des télécoms, ou de 2 % pour le secteur des transports.
A long terme
Pour les entreprises technologiques, le recours à la dette présente là aussi plusieurs avantages. Certes, l’environnement plus complexe des levées de fonds les pousse à recourir à ce type de financements. "La divergence entre les investisseurs et les fondateurs sur les valorisations des actions est souvent importante, ce qui signifie que la dette fournit une solution de contournement opportune jusqu’à ce que le marché s’améliore ou que les attentes des fondateurs correspondent davantage aux multiples du marché public", précise ainsi Peter Bialo, directeur financier du Doctolib polonais DocPlanner. Mais sur une vision de long terme, le fait de garder davantage de contrôle sur son entreprise et d’engager des coûts plus transparents ou plus simples à calculer, représente aussi des opportunités de gestion pour ces entreprises.
Alors, la dette deviendra-t-elle le nouvel eldorado de la Tech ? Guillaume Santamaria souligne, en tout cas, que la grande majorité du portefeuille d’entreprises d’Infravia Capital Partners aurait été reçue ou serait en discussions avancées avec des bailleurs de fonds. Et la faillite de la Silicon Valley Bank (SVB) ayant de nouveau mis en lumière les difficultés de la gestion des financements des sociétés technologiques, cette crise bancaire pourrait refroidir la confiance des investisseurs dans le secteur, déjà mise à mal par le contexte macroéconomique. "Compte tenu de la proportion relativement faible d’entreprises - selon Dealroom, moins de 20 % des entreprises technologiques européennes ont levé des fonds propres en 2022 - nous nous attendons à ce que le besoin (différé) de capitaux soit plus aigu en 2023", avance de plus GP Bullhound.
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