Dirigeants, gouvernance / UBS / Crédit Suisse / Sergio Ermotti
Dirigeants, gouvernance
UBS / Crédit Suisse / Sergio Ermotti
Sergio Ermotti, l’homme de la situation de retour à la tête d’UBS /
Il devra réduire la banque d’investissement de Credit Suisse
A nouvelles priorités, nouveau patron. En décidant de rappeler à sa tête son ancien directeur général Sergio Ermotti, à la place du néerlandais Ralph Hamers, qui occupait le poste depuis novembre 2020, UBS n’a pas tardé à adapter sa gouvernance à ses nouveaux enjeux. Si, au sortir d’un solide exercice 2022, la première banque helvète se fixait pour "simple" objectif de financer sa croissance et d’offrir aux actionnaires un rendement du capital élevé, la situation s’est considérablement complexifiée.
La réussite de l’intégration de Credit Suisse dont le rachat a été annoncé il y a dix jours est impérative, alors même que l’opération s’annonce des plus délicates, d’autant plus du fait de la dimension systémiques des deux établissements. Cette intégration "comportera des complexités matérielles et des risques d'exécution nécessitant des pouvoirs de gestion extraordinaires", souligne ainsi S&P Global.
Après deux ans et demi passés à faire progresser le numérique et le développement durable chez UBS, le néerlandais Ralph Hamers à la forte réputation dans la banque de détail n’est donc plus l’homme de la situation. "Je me retire dans l'intérêt de la nouvelle entité combinée et de ses parties prenantes, y compris la Suisse et son secteur financier", a-t-il commenté.
Il se trouve en revanche que Sergio Ermotti, qui prendra ses nouvelles fonctions de président du directoire et de directeur général le 5 avril, a le profil adéquat. D’une part du fait qu’il connaît extrêmement bien l’établissement qu’il a déjà piloté de 2011 à 2020, ce qui sera utile face à la nécessité d'unifier les cultures des deux organisations. Et ses compétences paraissent encore plus adaptées en tant qu'artisan du repositionnement du groupe après les graves défis posés par la crise financière mondiale de 2007-2008.
Sergio Ermotti "a notamment renforcé la solidité financière et amélioré la résilience en plaçant au cœur de l'entreprise les activités de gestion de fortune et d'actifs, leaders au niveau mondial, et la banque universelle suisse", a rappelé mercredi UBS. Et, point important, la stratégie qu’il avait su redéfinir pour UBS il y a douze ans l’avait conduit à réduire la taille de la banque d'investissement. Sachant qu’il va falloir faire de même avec cette branche d’activité de Credit Suisse à l’origine de ses déboires.
Ses principaux atouts pour le poste sont ainsi "son expérience dans la réduction des opérations de banque d'investissement d'UBS et la mise en place de structures de conformité, qui seront essentielles pour mener à bien un processus de fusion", résume S&P Global.
Par ailleurs, confier à un Suisse la mise en œuvre du rapprochement des deux premières banques du pays à un moment aussi charnière revêt également une importance qui n’est sans doute pas que symbolique.
Né à Lugano en 1960, Sergio Ermotti occupait dernièrement le poste de président du réassureur Swiss Re. Sa carrière a débuté chez Merrill Lynch où il travaillé 16 ans, de 1987 à 2004, occupant divers postes, notamment dans le domaine des dérivés d'actions, avant de devenir co-responsable des marchés mondiaux d'actions et membre du comité de gestion exécutif pour les marchés mondiaux et la banque d'investissement en 2001.
En 2005, il rejoint Unicredit, d'abord en tant que responsable des marchés et de la banque d'investissement, avant de devenir directeur général adjoint en charge de la banque d'investissement et de la banque privée en 2007 (jusqu'en 2010). Il rejoint UBS en 2011, d'abord en tant que directeur pour la région EMEA, puis en tant que directeur général du groupe la même année. Il a quitté UBS en 2020 pour rejoindre Swiss Re et fut remplacé par Ralph Hamers, l’ancien directeur général d’ING.
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