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UBS / Sergio Ermotti
UBS dépasse les attentes au deuxième trimestre / Et accroît son effort d'économies
Ne pas se fier aux apparences. Bien qu’en chute libre par rapport aux 27,33 milliards de dollars affiché à la même période un an auparavant, le bénéfice net de 1,14 milliard de dollars publié mercredi par UBS au titre du deuxième trimestre 2024 s’est avéré supérieur aux attentes, et de loin. Les analystes tablaient sur un résultat net de 528 millions de dollars, selon le consensus compilé par la banque elle-même. Un contre-pied salué à la Bourse de Zurich par une hausse de plus de 4% du titre UBS, à 26,15 francs suisses.
Pour comprendre l’écart avec le deuxième trimestre 2023, il faut se souvenir que le bénéfice d’il y a un an intégrait un écart de valeur ("badwill") gigantesque de 28,9 milliards de dollars, qui reflétait la différence entre le faible prix payé par UBS pour le rachat en urgence de Credit Suisse (3,6 milliards de dollars) et la valeur réelle de la banque acquise pour lui éviter la faillite.
Si l’on exclut l'impact de 780 millions de dollars d’effets "PPA" (pour "price allocation adjustments") d’ajustements de l'affectation du prix d'achat et les coûts d'intégration de 1,4 milliard de dollars, "le bénéfice avant impôt sous-jacent de 2,1 milliards de dollars est supérieur de 28 % au consensus", observent les analystes de Bank of America.
A 1,5 milliard de dollars, le résultat avant impôt dépasse même de 50% les attentes. Une surperformance que la banque doit à sa division Non-Core and Legacy, où sont logées les activités et les actifs non stratégiques, dont la perte sous-jacente avant impôt de 80 millions de dollars se compare à celle de 0,7 milliard de dollars qui était attendue par le consensus. La banque a aussi réduit de 8 milliards de dollars les actifs pondérés en fonction des risques (Risk-Weighted Assets ou RWA) dans cette entité de défaisance, de nombreuses positions ayant pu être réduites ou complétement liquidées grâce à un contexte de marché favorable.
Autre bonne surprise, la banque d’investissement, dont le bénéfice sous-jacent avant impôt de 412 millions de dollars a dépassé les 272 millions de dollars anticipés par les analystes.
27 milliards d'euros d'entrées nettes d'argent
Performance plus mitigée en gestion de fortune (branche UBS Wealth Management), qui "a raté le coche des coûts, stables par rapport au trimestre précédent, alors que le consensus s'attendait apparemment à une baisse", note de son côté Jefferies. Mais les revenus transactionnels ont augmenté de 2 % et les actifs générateurs de commissions ont progressé de 1 %, ajoute le courtier. Surtout, cette activité stratégique a enregistré des entrées nettes d'argent de 27 milliards, dans le haut des attentes, avec des afflux positifs dans toutes les régions.
La performance d’ensemble a été logiquement saluée par Sergio Ermotti, le directeur général de la banque, qui avait été rappelé l’an dernier à sa tête pour conduire le gigantesque chantier de l’intégration de Credit Suisse. "Nous sommes bien placés pour atteindre nos objectifs financiers et retrouver les niveaux de rentabilité qui étaient les nôtres avant que l'on nous demande d'intervenir pour stabiliser (sauver) Credit Suisse", a-t-il ainsi commenté.
Le travail n’est cependant pas achevé. "Nous entrons maintenant dans la prochaine phase de notre intégration, qui sera essentielle pour réaliser de nouveaux avantages substantiels en termes de coûts, de capital, de financement et de fiscalité.", a-t-il souligné.
A fin juin, UBS avait réalisé des économies de 6 milliards de dollars, dont environ 900 millions de dollars au deuxième trimestre. Si le rythme de réduction des coûts va diminuer légèrement au troisième trimestre, l'objectif sur l'ensemble de l'année est relevé. La banque s'attend désormais à terminer l'année 2024 avec des économies brutes cumulées de 7 milliards de dollars, sur un objectif de 13 milliards de dollars d'ici 2026. Elle s'était auparavant fixé pour objectif de réaliser 6,5 milliards de dollars d'économies d'ici la fin de l'année.
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