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Inflation : une classe moyenne hexagonale relativement protégée ? / Pourquoi les plus riches seraient davantage affectés par la hausse des prix
Si l’ensemble de la population française a subi une perte de bien-être du fait de la hausse annuelle inédite en quarante ans des prix à la consommation, certaines de ses composantes s’en tirent mieux que d’autres. En effet, d’après des travaux menés par le Fonds monétaire international (FMI), ce sont les moins aisés et les plus riches (en termes de revenus) qui ont été les plus pénalisés par l’augmentation des prix à la consommation hexagonale survenue entre le deuxième trimestre 2021 et le deuxième trimestre 2022.
Trois canaux
Pour en arriver à cette surprenante conclusion, les économistes du Fonds ont analysé les trois canaux de transmission sociologiques de l’inflation. D’une part, il y a la nature de l’inflation en elle-même qui importe : si elle frappe davantage les prix de l’alimentation, alors les plus pauvres en souffriront davantage en raison de la part plus importante qu’occupe cette dernière dans leur consommation.
D’autre part, l’évolution du revenu des ménages en regard des prix est cruciale. "Si les variations de prix et de salaires résultent de l’apparition soudaine de déséquilibres entre l’offre et la demande dans certains secteurs ou pour certaines compétences, certains travailleurs peuvent en bénéficier (ou en pâtir) de manière disproportionnée. De même, l’indexation des salaires et des pensions peut servir certains travailleurs ou retraités au détriment d’autres", expliquent les économistes de l’institution de Washington.
Dernier facteur et non des moindres : le patrimoine. "L’inflation devrait entraîner une modification des prix relatifs des actifs et une réduction en termes réels des dettes des ménages", indique l’étude, rappelant ainsi que "les détenteurs de dépôts bancaires et d’obligations d’État à taux fixe subissent généralement des pertes réelles dues à l’inflation. Au contraire, historiquement, la propriété d’un logement ou d’un terrain a constitué une bonne protection contre l’inflation, et les emprunteurs hypothécaires en ont souvent bénéficié".
Dans le cas de la France, c’est ainsi le fait que la classe moyenne (deuxième, troisième et quatrième quintile) soit emprunteuse nette qui expliquerait que la perte de bien-être qu’elle a subie (mesurée en pourcentage du revenu) est plus faible que celle enregistrée par les 20 % les plus aisés. De fait, "en France, les quintiles inférieurs et supérieurs sont des prêteurs nets (ou des détenteurs d’actifs nominaux nets)", rapporte l’étude.
Sans surprise, les effets de redistribution de la richesse liés à l’inflation sont également influencés par l’âge : les jeunes (les moins de 55 ans au sein de l’ensemble des quintiles), qui ont tendance à être des emprunteurs nets, ont enregistré des gains par le biais des canaux de la richesse, tandis que les ménages plus âgés ont vu leur richesse s’éroder (ce phénomène a touché environ deux fois plus durement les plus de 65 ans faisant partie des 20 % les plus aisés que le reste des plus de 65 ans).
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