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Sodexo vers une scission salutaire / Le groupe projette d’introduire en Bourse ses services prépayés en 2024
Deux bonnes nouvelles valent mieux qu’une. Quand bien même les résultats du premier semestre de l’exercice 2023 de Sodexo sont supérieurs aux attentes et accompagnées de perspectives revues à la hausse, cela ne suffit pas à expliquer l’envolée de plus de 10 % ce mercredi du cours de Bourse du géant de la restauration collective.
Le groupe a créé la surprise en annonçant un projet de séparation en deux entités avec d’un côté les Services Avantages & Récompenses, qui seraient mis en Bourse, via la distribution d’actions de cette entité aux actionnaires de Sodexo. Et de l’autre, les Services sur site.
Si tout se déroule selon le plan prévu, l’opération de scission interviendrait "courant 2024", a indiqué l’entreprise. Dans quelle logique s’inscrit-elle ? "Chaque entité, plus recentrée, serait ainsi dans une position renforcée pour poursuivre sa stratégie, atteindre ses objectifs et réaliser pleinement son potentiel, en s’appuyant sur une gouvernance dédiée et autonome et une structure de capital appropriée", a expliqué Sophie Bellon, la présidente-directrice générale.
L’argument tient la route et surprend tout à la fois. En ce sens que, comme l’observe la banque Jefferies dans une note, l’initiative marque "un revirement surprenant par rapport à la décision prise en 2022". Après l’avoir étudiée, le groupe avait écarté l’an dernier l’option de l’entrée d’un investisseur dans le capital de ladite activité. Le conseil d’administration avait estimé qu’elle n’était pas suffisamment créatrice de valeur.
Pure player
Il faut en déduire que la société espère que la Bourse valorisera mieux l’activité Services Avantages & Récompenses que ne l’aurait fait un seul investisseur. En théorie, le "spin-off" d’une activité via la cession de titres aux actionnaires existants permet d’en cristalliser la valeur. Ce qui constituera peut-être (enfin) la solution pour combler le déficit de valorisation par rapport au concurrent Edenred.
Ce dernier est pour l’instant l’unique "pure player" coté en Bourse du marché des titres de services prépayés. Or, si les deux entreprises y sont en concurrence frontale, c’est avec les Services sur sites, comme la gestion des cantines, beaucoup moins rentables, que Sodexo réalise la majeure partie de son chiffre d’affaires, ce qui nuit à sa perception par les investisseurs, la situation frisant l’anomalie. Les deux groupes affichent une capitalisation du même ordre, de 14,7 milliards d’euros pour Sodexo et de 14 milliards d’euros pour Edenred, quand le chiffre d’affaires du premier est plus de dix fois supérieur à celui du second.
Pour Sodexo, le redressement post Covid de l’activité se poursuit en tout cas. L’annonce du projet de scission est intervenue alors que le groupe a annoncé un bond de 30,6 % de son résultat net au premier semestre se terminant fin février de son exercice 2023, à 440 millions d’euros. Son chiffre d’affaires a enregistré une croissance organique de 13,4 %, à 12,1 milliards d’euros sur la période, au-dessus des 12,4 % de croissance organique anticipés par le consensus. Sodexo s’attend désormais à une croissance organique de ses revenus de près de 11 % sur l’ensemble de l’année, au lieu d’une croissance organique comprise entre 8 % et 10 % prévue auparavant.
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