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Macro-économie / Taux / Fonds monétaire international / Prévisions / croissance / Inflation

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krach SVB : le scénario alternatif du Fonds monétaire international / Ce que coûterait le resserrement du crédit à l’économie mondiale

KRACH BANCAIRE. S’il n’a modifié qu’à la marge sa prévision de croissance mondiale, le Fonds monétaire international a estimé justifié de construire un scénario alternatif au regard de la place prise par les aléas baissiers financiers depuis les faillites de banques américaines.
Pierre-Olivier Gourinchas, chef économiste du Fonds monétaire international - Liu Jie/XINHUA-REA
Pierre-Olivier Gourinchas, chef économiste du Fonds monétaire international - Liu Jie/XINHUA-REA

Depuis janvier, l’évolution de la situation macroéconomique ne justifie pas que le Fonds monétaire international (FMI) change significativement son diagnostic sur la croissance mondiale. L’institution de Washington a communiqué ses nouvelles prévisions (World Economic Outlook) et il en ressort qu’elle s’attend à ce que le Produit intérieur brut (PIB) mondial progresse de 2,8 % cette année, soit une révision à la baisse de 0,1 point par rapport à ses prévisions du début d’année.

Dans le détail, "le ralentissement économique de cette année est concentré dans les économies avancées, en particulier dans la zone euro et au Royaume-Uni, où la croissance devrait tomber à 0,8 % et -0,3 % cette année avant de rebondir à 1,4 % et 1 % respectivement", a fait savoir Pierre-Olivier Gourinchas, chef économiste du Fonds monétaire international, qui a toutefois noté que "malgré une révision à la baisse de 0,5 point de pourcentage, de nombreux marchés émergents et économies en développement se redressent, avec une croissance - de fin d’année à fin d’année - qui s’accélère pour atteindre 4,5 % en 2023, contre 2,8 % en 2022".

 

Un resserrement non sans effet

 

Si le scénario central de l’organisation internationale n’a donc guère connu de grand changement, la puissance des aléas baissiers ayant émergé depuis la fin de l’hiver avec la faillite de trois banques américaines et l’acquisition dans l’urgence de Credit Suisse par UBS ne laisse pas indifférent à Washington.

C’est ainsi que ses économistes ont étudié un scénario où est supposé un resserrement modéré des conditions de crédit en plus de celui déjà causé par la politique monétaire restrictive des Banques centrales. "Ce durcissement est dû à l’aggravation des tensions dans les banques individuelles qui sont vulnérables selon deux critères : la part des déposants autres que de détail ou non assurés et les pertes non réalisées", indique le Fonds qui explique qu’une "supervision plus stricte contribue également à rendre le comportement des banques plus prudent".

Plus concrètement, est notamment faite l’hypothèse que le stock de prêts bancaires réels aux États-Unis diminue de 2 % en 2023, par rapport au scénario de référence - soit environ un dixième de la diminution enregistrée en 2008-2009 et l’équivalent d’une augmentation de 150 points de base des spread des entreprises, en moyenne, en 2023.

Résultat : l’on observerait une baisse du niveau de 0,3 % en 2023 du PIB mondial, ce qui implique une croissance de 2,5 % - soit la plus mauvaise performance depuis le ralentissement mondial de 2001, si l’on exclut la crise initiale COVID-19 en 2020 et la crise financière mondiale en 2009.

Dans un scénario encore plus hostile où les conditions de financement viendraient à se durcir beaucoup plus fortement (la dégringolade des crédits octroyés serait équivalente à un cinquième de celle enregistrée durant la crise financière mondiale), ce serait non pas de 0,3 point dont la croissance mondiale se verrait amputée mais 1,8 point. "Dans un tel scénario, la croissance mondiale pourrait ralentir à 1 % cette année, ce qui impliquerait une quasi-stagnation du revenu par habitant. Nous estimons la probabilité d’un tel scénario à environ 15 %", a précisé Pierre-Olivier Gourinchas.

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