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JP Morgan / Wells Fargo / Citigroup

Les grandes banques américaines profitent des hausses de taux / Elles se préparent aussi à la récession

Les solides résultats du premier trimestre 2023 de JP Morgan, Citigroup et Wells Fargo doivent beaucoup à la hausse des taux d’intérêt. Les dépôts des deux premières ont aussi largement profité des déboires des banques régionales SVB et First Republic Bank. Ce qui ne les empêchent pas de se préparer à la récession en passant d’importantes provisions pour risque de crédit.
JP Morgan a vu son bénéfice net s'envoler de 52% au premier trimestre 2023 - Laurent GRANDGUILLOT/REA
JP Morgan a vu son bénéfice net s'envoler de 52% au premier trimestre 2023 - Laurent GRANDGUILLOT/REA

La crise des unes fait les affaires des autres. Non seulement la faillite retentissante de la Silicon Valley Bank (SVB) et le sauvetage de First Republic Bank n’ont pas pesé sur l'activité des grandes banques américaines, mais ces déboires y ont visiblement contribué. En ouvrant vendredi le bal des publications des résultats trimestriels des grands acteurs de la finance outre Atlantique, JPMorgan, Citi et Wells Fargo, ont pleinement rassuré sur leur solidité et aussi démontré qu’en ce qui les concerne, la hausse des taux d’intérêt se révèle très profitable.

Ensemble, les trois établissements ont dégagé 22,2 milliards de dollars de bénéfice net sur le trimestre écoulé, soit une hausse de plus de 35% par rapport à la même période un an plus tôt, alors que JP Morgan, la plus grande banque américaine, en particulier a vu son résultat net augmenter de 52% pour atteindre 12,6 milliards de dollars, soit 4,10 dollars par action, contre 3,4 dollars par action anticipés par les analystes.

Leur produit net bancaire combiné a progressé de 19% dans le même temps, dépassant les 80 milliards de dollars. Au total, les trois banques ont dépassé les attentes tant en matière de bénéfice par action que de revenus, ce que les investisseurs ont salué vendredi à Wall Street par des hausses de 7,5% de l’action de JP Morgan et de 4,8% de celle de Citigroup, tandis que Wells Fargo a clôturé stable.

La répercussion de la hausse rapide des taux d’intérêt de la Réserve fédérale américaine dans les prêts accordés par les établissements a largement contribué à gonfler leurs bénéfices. Et ce d’autant plus que les trois grandes banques ont dans le même temps maintenu la rémunération de leurs dépôts à des niveaux très faibles. Le revenu net d'intérêt - soit l’écart entre ce que les banques gagnent sur les prêts moins ce qu’elles versent aux déposants - s’est ainsi envolé de 49% chez JP Morgan, pour atteindre un record de 20,7 milliards de dollars. Chez Citigroup, ce même revenu net d’intérêt s’est accru de 23%, tandis qu’il a bondi de 45% chez Wells Fargo, à un peu plus de 13,3 milliards de dollars dans les deux établissements.

 

JP Morgan a attiré 50 milliards de dollars de nouveaux dépôts

 

Si ces grandes banques peuvent profiter à plein de cet important levier du revenu net d’intérêt sur leurs résultats, c’est parce qu’elles bénéficient d’une large base de dépôts accumulée depuis plusieurs années dont ne peuvent se prévaloir les banques de taille moyenne. Leur statut d’établissements "too big to fail" contraints à des règles de solvabilité et de liquidité plus sévères, leur a d’ailleurs permis de récupérer une très large partie de nouveaux dépôts après les faillites bancaires de mars.

Ceux de JP Morgan ont augmenté de 50 milliards de dollars, indiquent ses résultats du premier trimestre. Chez Citigroup, une augmentation des dépôts, "associée à certaines turbulences du secteur" d'un peu moins de 30 milliards de dollars a été observée entre le 7 mars et la fin du mois environ, a révélé le directeur financier, Mark Mason.

En parallèle, leur bonne santé n’empêche pas les grandes banques de se préparer à de prochains mois difficiles au vu des inquiétudes concernant la santé de l'économie dans son ensemble. JPMorgan a mis de côté environ 2,3 milliards de dollars pour se prémunir contre le risque de crédit.

Pour sa part, Citigroup a provisionné 1,9 milliard de dollars supplémentaires au cours du trimestre contre d'éventuelles pertes liées à la Russie et à l'impact économique de la guerre en Ukraine. Sa présidente, Jane Fraser, estime désormais "plus probable" le scénario d'une entrée des Etats-Unis en récession peu profonde plus tard cette année. Même prudence du côté de Wells Fargo : la banque californienne a passé pour 1,21 milliard de dollars de provisions sur la période pour couvrir de potentielles pertes de crédit, au lieu d’une reprise de provisions de 787 millions de dollars un an plus tôt.

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