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OVHcloud s’enfonce dans les abîmes en Bourse / Le salut passera notamment par les prix
"Le marché du cloud est un marché en pleine expansion" sur lequel "nous sommes très bien positionnés pour continuer à nous développer". Le message de confiance envoyé mercredi par Michel Paulin, le directeur général d’OVHcloud, avait du mal à être entendu sur les marchés mercredi en raison d’un abaissement des perspectives de l’entreprise pour l’exercice en cours.
Deux ans après un gigantesque incendie qui avait détruit l’un des quatre datacenters de son campus de Strasbourg - au moment même de l’annonce de son intention d’entrer en bourse - le champion français de l’informatique dématérialisée peine toujours à convaincre.
Reconstruit selon un modèle "d’hyper résilience", logiquement davantage résistant aux incendies, le nouveau data center a été inauguré en septembre dernier en présence de deux ministres, Bruno Le Maire et Jean-Noël Barrot (et du commissaire européen Thierry Breton), en signe de soutien national à la souveraineté des données. Mais si l’importance du cloud pour l’autonomie stratégique du pays semble désormais bien comprise au plus haut niveau de l’Etat, le développement du leader français et européen censé contrer l'hégémonie des GAFA n’avance pas aussi rapidement qu’attendu.
Plus bas historique en Bourse
Le groupe fondé par Octave Klaba a annoncé mercredi qu’il tablait désormais pour son exercice 2022-2023 sur une hausse de ses ventes comprise entre 13 % et 14 % en données organiques, et une marge d’excédent brut d’exploitation (Ebitda) ajusté supérieure à 36 %. L’entreprise visait auparavant une croissance de son chiffre d’affaires située entre 14 % et 16 % et une marge d’Ebitda ajusté proche de 39 %.
En réaction, l’action OVHcloud chutait mercredi après-midi de 8 % à 10,5 euros sur Euronext, et le titre a même inscrit un plus bas historique sous les 10 euros en début de séance. Sa baisse atteint 35 % environ depuis le début de l’année, et il n’y a que le groupe de maisons de retraite Orpea, qui va faire l’objet d’une sévère restructuration financière, pour faire pire au sein de l’indice SBF 120.
La moindre croissance attendue s’explique par "les évolutions récentes de la demande qui traduisent à court terme un décalage de certains projets de migration vers le cloud ou d’extension d’infrastructures existantes", a justifié OVHcloud. Quant à la marge, la politique d’augmentation des prix visant à compenser la hausse des coûts, notamment ceux de l’électricité en Allemagne, n’a été mise en œuvre qu’à partir de décembre, ce qui correspond au deuxième trimestre pour OVHcloud. L’'impact sur la marge du premier semestre s’est donc révélé légèrement plus élevé qu’attendu.
L’intention de l’entreprise est de poursuivre ces hausses de prix au deuxième semestre afin d’en "bénéficier pleinement" à partir du quatrième trimestre 2023, prévoit-elle. Après la hausse de 12,8 % en données comparables de son chiffre d’affaires au premier semestre, avec une marge d’Ebitda ajusté tombée à 35,4 %, les prévisions sur l’année impliquent donc une accélération au second semestre.
Hausses de prix nécessaires mais prudentes
Le point a soulevé beaucoup de questions lors de la conférence avec les analystes financiers. Michel Paulin y a donc répondu. "Nous sommes convaincus que l’accélération se poursuivra tout au long du second semestre", a-t-il déclaré, grâce d’"abord [à un effet] mécanique parce que nous avons une forte dynamique dans le cloud public", a souligné le dirigeant. Également, "grâce aux investissements que nous avons réalisés pendant deux ans, la montée en puissance de nos solutions PaaS (Platform as a Service, ndlr) arrive vraiment au bon moment pour stimuler la croissance", a-t-il ajouté.
Quant au rythme des hausses de prix et leurs effets, la société a indiqué opérer ses relèvements de tarifs de façon "très prudente" afin de ne pas perdre de clients. "Nous surveillons cela semaine après semaine pour être sûrs de nous situer au niveau approprié entre l’augmentation des prix et la capacité de maintenir un très fort élan de croissance", a assuré Michel Paulin.
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