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Tour de vis supplémentaire pour le crédit en Europe / Les entreprises empruntent moins qu’avant
Les établissements de crédit referment encore un peu plus le robinet à liquidité partout en Europe, montre une enquête de la Banque centrale européenne (BCE). Les banques de la zone euro font état d’un nouveau durcissement substantiel des conditions de crédit aux entreprises depuis le début de l’année – dans des proportions inégalées depuis la crise de la dette souveraine en 2011.
En retour, la demande nette de crédit des entreprises diminue fortement, conséquence directe du resserrement monétaire conduit par Francfort depuis près d’un an. Une tendance qui devrait se poursuivre au deuxième trimestre, de manière plus modérée.
Dans le détail, 27 % des banques interrogées par la BCE indiquent avoir durci leurs critères d’octroi de crédits aux entreprises, bien plus que celles faisant état d’un assouplissement. En outre, plus d’une banque sur trois signale une baisse de la demande de prêts des entreprises, contre seulement 12 % au trimestre précédent. Dans le même temps, la part des demandes rejetées continue de progresser, en hausse de 15 %, un record depuis que la statistique existe.
"Le resserrement a été plus fort que prévu par les banques au trimestre précédent et dénote un affaiblissement persistant de la dynamique des prêts", explique la BCE, alors que doit se tenir demain une réunion de politique monétaire décisive.
Une perception du risque accrue
Une perception plus élevée du risque et, dans une moindre mesure, une moindre tolérance au risque de la part des banques sont restés les deux principaux moteurs du resserrement des normes de crédit, selon l’enquête trimestrielle réalisée auprès de 158 banques de la zone euro entre le 22 mars et la 6 avril, c’est-à-dire juste après la débâcle de Silicon Valley Bank et Credit Suisse.
"Le niveau général des taux d’intérêt a été considéré comme le principal facteur de réduction de la demande de prêts, dans un contexte de resserrement de la politique monétaire", indiquait, en outre, la BCE, même si le niveau faible d’investissement fixe a également eu un fort impact sur la demande de prêts. En France, le taux moyen des crédits bancaires aux entreprises a par exemple triplé en un an, à 3,68 % en février 2023.
Selon une autre statistique publiée mardi par la BCE, les crédits bancaires aux entreprises ont progressé de 5,2 % en mars, après 5,7 % en février contre 8,9 % en octobre dernier. Une tendance donc inversement proportionnelle à la hausse des taux directeurs.
"Le niveau des taux d’intérêt étant cité comme le principal moteur de la baisse de la demande, c’est un signe que la politique monétaire atteint finalement ses objectifs", estiment les analystes de Jefferies, alors que le Conseil des gouverneurs de la BCE pourrait augmenter ses taux de 25 points de base demain.
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