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Conditions de crédit ; BCE ; PME ; Obligations ; Grandes entreprises ; Marché obligataire

Macro-économie / Taux / conditions de crédit / BCE / PME / obligations

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Quand les grandes entreprises empiètent sur les platebandes des PME / Comment le marché obligataire affecte les entreprises qui n’en émettent pas

Alors que les conditions de financement se dégradent sur les marchés obligataires en zone euro, une étude de la BCE montre comment cela peut détériorer l'accès au crédit de l'ensemble des entreprises. Les PME qui n’émettent pas d’obligations seraient les plus touchées.
La détérioration des conditions du marché des obligations a des implications pour les entreprises qui n'émettent pas d'obligations (Martin Leissl/LAIF-REA)
La détérioration des conditions du marché des obligations a des implications pour les entreprises qui n'émettent pas d'obligations (Martin Leissl/LAIF-REA)

Normalisation de la politique monétaire oblige, le coût de financement des entreprises augmente. Plus encore sur le marché des obligations au sein duquel la demande des investisseurs n’arrive plus à suivre une offre devenue excédentaire, creusant un peu plus les écarts de financement. Bien que toutes les entreprises n’émettent pas d’obligations, une étude de la Banque centrale européenne (BCE) montre que la détérioration des conditions de financement sur le marché obligataire pourrait bien avoir des répercussions plus larges en affectant les conditions de prêt des banques aux entreprises en zone euro.

En effet, les émetteurs d’obligations étant généralement de grandes entreprises à la structure de financement plus diversifiée, lorsque les conditions sur le marché obligataire viennent à se dégrader, celles-ci peuvent également sollicité un financement bancaire, au détriment d’autres entreprises qui n’ont pas accès au marché des obligations, notamment les PME.

 

Durcissement des conditions de crédit

 

En temps normal, les grandes entreprises évitent de trop dépendre des prêts bancaires. Elles préfèrent les remplacer par d’autres sources de financement, notamment par des obligations. Ce choix s’avère payant en cas de resserrement du crédit ou lors de période de forte aversion au risque des banques, comme lors de la crise financière.

Toutefois, lorsque la demande est insuffisante compte tenu de leur besoin de financement, les grandes entreprises se rabattent sur les établissements de crédit, qui durcissent leurs conditions d’octroi de prêts aux plus petites entreprises par effet d’éviction. L’étude de la BCE suggère "une relation statistiquement significative" entre le déficit de financement par obligations des grandes sociétés et les conditions de prêt bancaire pour les PME, produisant des effets "économiquement importants".

Concrètement, une hausse de 10 points de pourcentage du déficit de financement par obligation des grandes entreprises entraîne une diminution de 0,7 point de la volonté des banques de prêter aux PME. Dans le même temps, une hausse similaire du déficit de financement par obligation est aussi associée à une probabilité plus élevée de 0,8 point que les PME signalent une augmentation des taux des prêts bancaires.

 

Rachat d’obligation par la BCE

 

Dans une telle situation, le programme de rachat d’obligation d’entreprises de la BCE serait peut-être la solution. Les auteurs de l’étude expliquent qu’un tel programme profiterait également aux entreprises qui n’émettent pas d’obligations, en permettant d’alléger les contraintes de prêt des banques.

"Les achats nets importants d’actifs par la BCE favorisent une amélioration, ou du moins limitent une détérioration, des conditions du marché obligataire, ce qui peut amener moins d’entreprises à substituer l’émission d’obligations par des prêts bancaires", soulignent Giada Durante, Annalisa Ferrando, Timo Reinelt et Asger Munch Gronlund, économistes à la BCE.

Face à la détérioration du crédit en zone euro, une telle réponse ne semble toutefois pas encore à l’ordre du jour, alors que la BCE n’a pas encore achevé son cycle de remontée des taux pour juguler l'inflation.

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