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BCE ; Conditions de crédit ; Banques ; Entreprises ; Ménages

Macro-économie / Taux / BCE / conditions de crédit

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BCE / conditions de crédit

Tour de vis supplémentaire pour le crédit en Europe / Des tensions records depuis la crise de la dette souveraine

Les banques de la zone euro ont nettement durci leurs critères d’octroi de prêts à l’économie au quatrième trimestre 2022, conséquence directe de la normalisation monétaire menée depuis l’été dernier pour combattre l’inflation, selon la Banque centrale européenne. Dans le même temps, la demande nette de prêt diminue, une tendance qui devrait se poursuivre cette année.
Les banques ont considérablement durci leurs conditions de crédit au quatrième trimestre 2022 (Laurent GRANDGUILLOT/REA)
Les banques ont considérablement durci leurs conditions de crédit au quatrième trimestre 2022 (Laurent GRANDGUILLOT/REA)

Les établissements de crédit referment progressivement le robinet à liquidité un peu partout en Europe, montre une enquête de la Banque centrale européenne (BCE). Les banques de la zone euro font état d’un nouveau durcissement substantiel des conditions de crédit aux ménages et aux entreprises fin 2022 – dans des proportions inégalées depuis la crise de la dette souveraine en 2011 – conséquence directe du resserrement monétaire conduit par Francfort depuis cet été pour juguler l’inflation. Pour les mêmes raisons, la demande nette de prêts diminue fortement, au risque de freiner l’investissement, une tendance qui devrait se poursuivre en 2023.

Dans le détail, un peu plus d’un quart des banques interrogées par la BCE ont durci leurs critères d’octroi de crédit aux entreprises au quatrième trimestre, légèrement moins pour les crédits à la consommation et les prêts hypothécaires. En outre, près de trois banques sur quatre signalent une baisse de la demande de prêts hypothécaires, du jamais-vu depuis la création de la statistique. La contraction est moins marquée pour les entreprises, la BCE estimant à 11 % la proportion de banques constatant une diminution de la demande, notamment en Allemagne. Pour autant, la part de demandes rejetées continue de progresser, en hausse de 12 % après 8 % au trimestre précédent.

"Les risques liés aux perspectives économiques, à la situation propre au secteur ou à l’entreprise et à la diminution de la tolérance au risque des banques ont continué d’avoir un effet de resserrement sur les critères d’octroi de crédit", constate la BCE, mentionnant également les coûts des fonds et la situation du bilan des banques à l’origine d’un tel durcissement des conditions de crédit.

Alors que les indicateurs de confiance montrent une amélioration relative de l’activité en décembre – l’indice PMI composite s’affichait en hausse à 49,3 points par exemple – les analystes tablent toujours sur un ralentissement de l’investissement pour les prochains mois, compte tenu du niveau élevé d’incertitude tant économique que politique.

"Pour les 'colombes' du Conseil des gouverneurs, ce sera un argument clé pour limiter les nouvelles hausses de taux à partir de maintenant, tandis que les 'faucons' se concentreront sur une inflation sous-jacente obstinément élevée", estime Bert Colijn, économiste senior chez ING. Toujours est-il que pour l’instant la BCE ne flanche pas et devrait persister sur la voie du resserrement monétaire avec une prochaine hausse des taux directeurs de 50 points de base, attendue jeudi lors de la réunion du Conseil des gouverneurs.

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