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Levées de fonds / Driveco / APG / Natixis Investment Managers / Ion Leahu-Aluas / Start-up / Levée de fonds / industrie / décarbonation

Levées de fonds
Driveco / APG / Natixis Investment Managers / Ion Leahu-Aluas / Start-up / Levée de fonds / industrie / décarbonation

Quand rentabilité et décarbonation riment avec 250 millions d'euros / La start-up Driveco a séduit le géant néerlandais APG

Le modèle d'affaires éprouvé et teinté d'un vernis écologique de la start-up Driveco s'est attiré les faveurs du fonds de pension APG. Au terme d'un second tour de table bouclé à 250 millions d'euros, dans un marché de levées de fonds pourtant en berne, la jeune pousse spécialisée dans la recharge électrique affiche d'ambitieux objectifs.
Ion Leahu-Aluas, directeur général de Driveco (© Driveco)
Ion Leahu-Aluas, directeur général de Driveco (© Driveco)

Lorsque les investisseurs se montrent frileux et que les financements se raréfient, deux mots peuvent suffire à récolter plusieurs centaines de millions d'euros en un tour de table : la rentabilité et la décarbonation. C'est le cas de Driveco, start-up spécialisée dans la recharge de véhicules électriques, qui vient de réaliser un record dans le secteur en France. 

Elle a annoncé aujourd'hui avoir bouclé une seconde levée de fonds de 250 millions d'euros auprès d'APG, premier gestionnaire de fonds de pension aux Pays-Bas. Le géant néerlandais aux 522 milliards d'euros d'actifs vient ainsi rejoindre Mirova (société de gestion d'investissement durable affiliée de Natixis IM) et Corsica Sole (spécialiste du photovoltaïque, du stockage de l'énergie et maison-mère de l'entreprise) sur le banc des actionnaires de Driveco. 

Pour Ion Leahu-Aluas, fondateur et directeur général de la jeune pousse industrielle, le constat est clair. "Notre modèle est éprouvé, une des ressources cruciales dont nous avons besoin sont les financements. (…) Ce qui a convaincu les investisseurs, c'est une plateforme qui a fait ses preuves tant d’un point de vue opérationnel que financier. Nous avons une capacité à dégager du revenu, mais nous sommes surtout rentables depuis 2019", explique-t-il lors d'un entretien accordé à WanSquare.

 

La R&D puis les profits

 

Créée en 2010 par cet ingénieur de formation, la start-up a lancé son activité commerciale en 2016 après une phase de recherche et développement. Et a donc réussi à dégager des profits au terme de trois années d'activité. Ce qui tient à "l'obsession du détail. Tout ce que nous entreprenons, nous le faisons avec le plus grand degré de qualité. C'est aussi ma mission en tant que dirigeant : Driveco ne doit pas être seulement une société en hyper-croissance, mais également une société en croissance saine", souligne Ion Leahu-Aluas.

Outre la rentabilité et la croissance du chiffre d'affaires de Driveco (triplé entre 2021 et 2022 à 25 millions d'euros), l'aspect ESG de son activité a achevé de convaincre APG. En effet, le métier de Driveco s'inscrit à la fois dans la décarbonation de la mobilité et dans la démocratisation de l'utilisation des véhicules électriques.

Cela consiste à vendre de l'énergie aux conducteurs de véhicules électriques, au travers de bornes de recharge propriétaires dont Driveco maîtrise l'entièreté de la chaîne de la valeur, de la construction à l'opération en passant par l'approvisionnement en énergie. Ainsi, la start-up peut proposer l'électricité vendue à un prix abordable. "Cela fait partie de notre histoire et de notre ADN. Je suis issu du secteur de l'énergie photovoltaïque et notre maison-mère, Corsica Sole, opère elle aussi dans ce milieu. Nous savons donc sourcer l'énergie au meilleur prix, ce qui nous permet de proposer des tarifs plus compétitifs que la moyenne du marché", assure Ion Leahu-Aluas. 

 

Multiplier le parc par douze

 

Fort de cette levée de fonds qui intervient trois ans après la première, Driveco a une feuille de route précise quant à la future utilisation de ces capitaux frais. Tout d'abord, renforcer le maillage territorial des stations de recharge, dont l'installation pour l'instant clairsemée constitue un véritable obstacle à la démocratisation de l'utilisation des véhicules électriques. Une ambition amorcée au début du mois d'avril, lorsque société avait annoncé le développement de plus de 600 stations de recharge sur les parkings de Carrefour Market. Le projet devrait permettre à Driveco de déployer 3 000 points de charge en deux années.

De quoi se rapprocher de son deuxième objectif : proposer 60 000 points de charge au sein de sept pays européens à horizon 2030. Un objectif de taille, puisque la société en compte aujourd'hui 5 000 d'exploités. Enfin, la start-up souhaite naturellement consolider sa stratégie d'innovation technologique. Elle consistera entre autres à développer un câble qui permettra à n'importe quel conducteur de recharger sa voiture sur les bornes Driveco, en se passant d'application mobile ou de badge d'opérateur de mobilité. Le véhicule s'occupera ainsi lui-même de son authentification et du paiement de l'approvisionnement. "Nous visons 2024, même si cela ne dépend pas que de nous. Il y a peu de modèles de véhicules aujourd'hui qui sont compatibles avec cette innovation", nuance néanmoins Ion Leahu-Aluas. Pour accélérer dans l'innovation technologique et de produits, Driveco compte également recruter.

Aujourd'hui au nombre de 100, les collaborateurs de l'entreprise devraient voir leurs effectifs doubler d'ici à 2025. Loin d'être refroidi par les licenciements qui se sont emparés du milieu de la Tech et des start-ups depuis quelques mois, le dirigeant plaisante : "C'est un levier pour nous, cela nous permettra d'élargir le vivier de talents. Notre processus de recrutement reste cependant très rigoureux puisque nous avons besoin des meilleurs profils pour atteindre nos ambitions". 

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