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La spéculation sur Vivendi recule, sans disparaître / Vincent Bolloré est le maître du temps
Le moindre mouvement de Vincent Bolloré au capital de Vivendi est toujours scruté de près et sujet à interprétation. En déclarant à l’Autorité des marchés financiers (AMF) la cession d’un peu plus de 1,5 million de titres du groupe de médias et de communication, l’homme d’affaires breton vient de déclencher indirectement un mouvement vendeur. L’action Vivendi perd ce mardi plus de 6% à la Bourse de Paris, et retombe ainsi sous les 9 euros pour la première fois depuis la fin mars. Non pas que les ventes de titres en question pèsent réellement sur le cours de Bourse du jour puisqu’il est indiqué qu’elles sont intervenues le 16 mai – en notant que le titre avait reculé de 2,4% ce jour-là.
Aux yeux des investisseurs, elles peuvent cependant signifier que Vincent Bolloré n’a pas l’intention de lancer dans l’immédiat une offre publique d’achat (OPA) sur le groupe. Un sujet récurrent, qui alimente les conjectures des analystes depuis longtemps, encore plus depuis la cession fin 2022 de Bolloré Africa Logistics à l’armateur MSC, suivie de la vente de Bolloré Logistics à CMA CGM, deux opérations qui ont renforcé considérablement la trésorerie du groupe Bolloré. Il se trouve, de plus, que l’annulation programmée par Vivendi de 42 millions de ses propres titres au second semestre, risque mécaniquement de faire passer la participation de Vincent Bolloré dans le groupe à plus de 30%, seuil à partir duquel un actionnaire a l'obligation de déposer une offre publique d'achat (OPA).
D'autres cessions de titres pourraient suivre
Pour l'heure, à la suite de l’annulation en janvier de 5,6 millions d’actions Vivendi, Vincent Bolloré détient directement et indirectement par l’intermédiaire des sociétés holding Compagnie de l’Odet et Compagnie de Cornouaille qu’il contrôle, 29,61% du capital et 29,57% des droits de vote bruts du groupe présidé par son fils Yannick. Les cessions mentionnées dans les avis publiés lundi par l’AMF pourraient donc vouloir dire que Vincent Bolloré souhaite rester sous le seuil des 30% lorsque Vivendi procèdera à ses prochaines annulations de titres. Si telle est bien l’intention de l’homme d’affaires, les 1 549 027 actions qu'il vient de vendre par l'intermédiaire de la Compagnie de Cornouaille ne suffiront pas cependant. "Pour rester sous ce seuil, il devrait céder environ 19 millions de titres Vivendi", observe le cabinet d’analystes Oddo BHF. Dans ce cas, "d’autres cessions devraient intervenir ces prochains jours", ajoute-t-il.
Si ces ventes peuvent logiquement laisser penser que le groupe ne devrait pas lancer d’offre publique ces prochaines semaines lors des annulations de titres par Vivendi, cela demeure toutefois le scénario central du bureau d’étude sur le moyen terme, celui-ci jugeant qu’une opération est "toujours possible d’ici 2024". De la sorte, les ventes de titres Vivendi auxquelles Vincent Bolloré procède actuellement constitueraient simplement pour lui le moyen de disposer de davantage de flexibilité sur le moment optimal auquel il pourrait lancer son offre éventuelle.
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