Macro-économie / Taux / Etats-Unis / Fonds monétaire international
Macro-économie / Taux
Etats-Unis / Fonds monétaire international
États-Unis : le FMI souffle le chaud et le froid / Une économie résiliente mais sous le joug d'un resserrement monétaire durable
L’ensemble des conclusions auxquelles le Fonds monétaire international (FMI) est parvenu dans son dernier rapport sur les États-Unis ne plaira pas à tout le monde. L’institution de Washington a relevé ses prévisions de croissance concernant la progression du Produit intérieur brut (PIB) américain. Entre le quatrième trimestre 2022 et le quatrième trimestre 2023, sa croissance devrait s’élever à 1,2 %, quand le FMI escomptait 1 % en avril. Rappelons que la Banque centrale américaine prévoit, elle, que l’activité économique augmentera de 0,4 %.
"L’économie américaine s’est montrée résistante", a déclaré Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, à l’occasion d’une conférence de presse. "La demande des consommateurs s’est particulièrement bien comportée, d’abord grâce à la mobilisation du surplus d’épargne [lié à la demande refoulée lors de la crise pandémique, ndlr] et, plus récemment, grâce à une solide croissance du revenu disponible réel", a justifié la Bulgare.
Inflation entretenue
Des performances qui s’expliquent notamment par la hausse des salaires réels dont jouissent les Américains. En effet, alors que l’inflation évolue aux alentours de 4 % l’an, les salaires nominaux, eux, augmentent de plus de 6 % sur douze mois, montrent les données publiées par la Fed d’Atlanta. Rappelons que ces gains salariaux prennent place dans un contexte où le taux de chômage des États-Unis est à un plus bas depuis un demi-siècle (3,4 %) et que l’Oncle Sam compte près de 1,6 offre d’emploi par chômeur.
"Cette résistance de la demande et la vigueur du marché du travail sont en quelque sorte une arme à double tranchant", a toutefois estimé Kristalina Georgieva. "Elles ont certainement donné un coup de pouce aux familles américaines, mais ont également contribué à une inflation plus persistante que ce qui avait été anticipé", a-t-elle ainsi affirmé. De fait, depuis son pic à 5,2 % l’an en février 2022, l’inflation sous-jacente, excluant les prix de l’alimentation et de l’énergie, (Core PCE) n’a reculé que de 0,5 point de pourcentage (avril 2023).
"Nous prévoyons maintenant que l’inflation PCE ne diminuera que lentement pour finir cette année à environ 4 %, et nous voyons l’inflation rester au-dessus de l’objectif à moyen terme de la Fed [2 % par an, ndlr] tout au long de l’année 2024", a indiqué la patronne du FMI.
Taux durablement hauts
Les conséquences ne sont pas neutres en termes de politique monétaire. "Les taux d’intérêt devront être plus élevés pendant plus longtemps", a prévenu Kristalina Georgieva.
Alors que le taux d’intérêt directeur de la Réserve fédérale américaine (Fed) a augmenté de 500 points de base en quatorze mois et est présentement compris entre 5 % et 5,25 %, les économistes du Fonds s’attendent à ce qu’il demeure entre 5,25 % et 5,50 % jusqu’à la fin 2024.
Pour mémoire, les membres du Comité de politique monétaire (FOMC) estiment que le taux directeur atteindra 4,3 % fin 2024. Les marchés financiers quant à eux jugent qu’il y a deux chances sur trois pour que le taux directeur se situe, au maximum, dans une fourchette comprise entre 3,50 % et 3,75 % en décembre 2024. "Les marchés disent : 'Assez, c’est assez, passons à autre chose'. Pas encore.", a averti Kristalina Georgieva.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

