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Etats-Unis / note souveraine / Fitch
États-Unis : Fitch ne leur lâche pas la grappe / Malgré l’accord sur le plafond de la dette, la note a une forte probabilité d’être dégradée
Fitch garde à l’œil les États-Unis. Tandis qu’en fin de semaine dernière, la finance mondiale se réjouissait du fait que la Chambre des représentants puis le Sénat aient voté l’accord portant sur une suspension du plafond de la dette (quantité maximum que l’Etat fédéral peut contracter), une voix dissonante se fait entendre du côté de l’agence de notation américaine. En effet, alors qu’elle avait placé la note des États-Unis sous "surveillance négative" (la probabilité de dégradation est plus élevée que lorsque la note est placée sous "perspective négative") le 24 mai dernier quand les tractations s’éternisaient, la société new-yorkaise l’a maintenue.
"Le fait de parvenir à un accord en dépit d’une polarisation politique exacerbée tout en réduisant modestement les déficits budgétaires au cours des deux prochaines années est un élément positif", concède Fitch.
Pour autant, l’agence estime que "les impasses politiques répétées autour de la limite de la dette et les suspensions de dernière minute avant la date x (lorsque la trésorerie du Trésor et les mesures extraordinaires sont épuisées) diminuent la confiance dans la gouvernance sur les questions fiscales et de la dette".
Pour mémoire, la secrétaire au Trésor Janet Yellen, avait fait savoir que son administration pouvait ne plus être en mesure d’honorer l’ensemble de ses obligations financières le 5 juin, soit seulement 3 jours après qu’un accord a été trouvé.
Gouvernance défaillante
"Il y a eu une détérioration constante de la gouvernance au cours des 15 dernières années, avec une polarisation politique et une partisanerie accrues, comme en témoignent les élections contestées de 2020, les querelles répétées sur la limite de la dette et l’incapacité à relever les défis budgétaires liés à l’augmentation des dépenses obligatoires, ce qui a conduit à une augmentation des déficits budgétaires et du fardeau de la dette", poursuit Fitch.
Si les atouts de l’économie américaine ne sont pas moindres (PIB par habitant élevé, environnement très favorable aux entreprises, première monnaie de réserve du monde), ils pourraient ainsi être "érodés au fil du temps par des lacunes en matière de gouvernance".
Ce diagnostic posé, Fitch décidera de lever la surveillance négative de la note "AAA" des États-Unis au cours du troisième trimestre. "La cohérence et la crédibilité des politiques, ainsi que les trajectoires budgétaires et d’endettement attendues à moyen terme seront des facteurs clés de notre évaluation", a fait savoir l’agence de notation.
Parmi les trois plus grosses agences de notation, S & P Global Ratings est la seule à avoir retiré aux États-Unis leur AAA. Cette décision fut prise le 5 août 2011, soit quelques jours après que l’Oncle Sam est passé près du défaut de paiement en raison de longues négociations sur le relèvement du plafond de la dette (il s’établissait à 14 300 milliards de dollars contre 31 400 milliards de dollars aujourd’hui).
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