Feuilleton de l'été / Olivia Coville / Frichti / Dirigeante / B2B / B2C / tech
Feuilleton de l'été
Olivia Coville / Frichti / Dirigeante / B2B / B2C / tech
Série d’été - ces jeunes talents qui construisent la France de demain /
Olivia Coville, dirigeante chez Frichti
"Ce qui me guide dans mes choix est vraiment de réussir à faire vivre des expériences aux gens". Olivia Coville, directrice Business to Business (B2B) et Business to Consumer (B2C) chez Frichti, explique ainsi à WanSquare ce qui constitue l’une de ses premières motivations. Tout a commencé, pour elle, sur les bancs de l’ESCP. Après une classe préparatoire, cette Parisienne d’origine a donc intégré la grande école de commerce du XIème arrondissement de la capitale.
"L’école est tout près d’ici", observe-t-elle, installée dans une salle de réunion du siège de la FoodTech. "J’ai adoré mes années à l’ESCP. J’y ai fini mon cursus par une major entrepreneuriat. C’est quelque chose qui m’a toujours titillée. L’entrepreneuriat ou même l’intrapreneuriat. Il faut selon moi des intrapreneurs dans toute entreprise, ce sont ceux qui montent les nouveaux business et portent de façon autonome les projets innovants. Selon moi, il n’y a pas forcément besoin de créer sa société pour être entrepreneur…", poursuit Olivia Coville.
À 35 ans désormais, elle retrace : "Je suis entrée directement chez Unibail-Rodamco-Westfield (URW) à la sortie de mes études". Dans le détail, Olivia Coville est arrivée au sein de la multinationale spécialisée dans l’immobilier au travers d’un graduate program. "C’est un programme qui dure un an et qui permet de tester trois métiers de l’entreprise. Je savais déjà que c’était le retail qui m’intéressait : j’avais fait un stage à direction stratégique du Printemps pendant mes études, qui m’avait beaucoup plu", précise-t-elle.
Ce qui l’attire à ce point dans le secteur du commerce de détail ? Le fait qu’il soit profondément relié aux gens et à ce qu’il est possible de leur proposer comme expériences, explique cette mère de deux enfants.
Susciter l’envie
Un graduate program qui lui aura mis le pied à l’étrier, puisqu’Olivia Coville sera par la suite restée fidèle à URW pendant près de dix années. Et à nouveau, elle souligne : "Réfléchir à la manière dont on pouvait faire revenir les gens dans nos centres commerciaux au travers d’expériences uniques est ce qui m’a fait rester chez Unibail pendant aussi longtemps". Elle y a démarré au développement des centres commerciaux, avant de se diriger vers le marketing.
Il s’agissait alors, entre autres, de créer des évènements dans les centres du géant de l’immobilier. "Nous faisions des partenariats avec des marques que les gens adorent en général, comme Lego ou Warner. Par exemple, à la sortie du film Batman versus Superman, nos clients pouvaient entrer dans un tunnel qui les plongeait dans l’univers du film, animé par des comédiens et les costumes du film", illustre-t-elle.
Elle se consacrera d’ailleurs par la suite exclusivement à la création de ces évènements avec notamment, à son actif, la réouverture de la Canopée du forum des Halles pour laquelle elle a contribué à organiser une représentation inaugurale avec le célèbre danseur et ancien directeur de la danse à la tête du ballet de l’Opéra de Paris, Benjamin Millepied.
"Puis j’ai pris en charge la direction new business dont la principale mission était de transformer nos centres commerciaux en écrin pour les marques, afin que celles-ci viennent diffuser leurs campagnes médias et leurs événements de marques. L’idée était qu’elles puissent s’approprier nos espaces et bénéficier d’un trafic ultra-qualifié, qui est spécifiquement sur place pour passer un bon moment. Le département existait déjà, mais mon rôle a été de le faire grandir. J’ai par exemple doublé mon équipe sur les trois années que j’y ai passé. C’était presque une entreprise au sein de l’entreprise, avec son propre P & L [compte de résultat, ndlr], sa gestion financière, ses commerciaux et ses contrats partenaires", raconte-t-elle.
Une idée précise
Puis, au terme de ces neuf années et dix mois passées chez URW, Olivia Coville fera la rencontre de Julia Bijaoui, la cofondatrice et coprésidente-directrice générale de Frichti. "Elle cherchait quelqu’un pour lancer un nouveau business chez Frichti, la Cafet'", se souvient-elle. Si l’unité n’existait pas encore, les négociations avec les sociétés où Frichti souhaitait installer ses restaurants d’entreprise étaient déjà lancées. "Je suis arrivée en juillet 2021, enceinte de sept mois de mon deuxième enfant et nous avons ouvert le premier restaurant dans la zone du Parc de L'Ile, à Nanterre. Nous avons monté les chaises et les tables nous-mêmes, avec les trois personnes qui composaient alors mon équipe", s'amuse-t-elle. L’idée était précise : transformer la marque digitale et déjà connue pour ses livraisons de courses et de plats préparés Frichti en une expérience physique au travers de ces restaurants.
Une offre de restauration collective, donc, qui arrive dans un environnement pourtant déjà occupé par des géants du secteur. Alors pour se démarquer, Frichti a souhaité miser sur une stratégie de différenciation. "Nous proposons une offre unique sur le marché qui concilie les avantages du physique et du digital. Tous nos plats sont fait-maison, frais et de saison, cuisinés par nos chefs au sein de nos cuisines près de Rungis. Ceux-ci sont commandés en deux clics sur notre site ou notre application et livrés avant midi dans les entreprises pour régaler plus de 15 000 collaborateurs. C’est chaque jour plus de 30 plats qui sont proposés à la carte pour répondre à toutes les envies et régimes alimentaires. Enfin, c’est une offre abordable et très compétitive à la fois pour les entreprises et les collaborateurs", explique la dirigeante.
Frichti ambitionne aussi de créer un univers particulier, pour ses Cafet' deviennent des lieux de convivialité. "Nous souhaitons aller plus loin que de proposer simplement une offre de restauration le midi : notre objectif avec la Cafet’ est de créer un lieu de vie convivial et chaleureux, au cœur de l’entreprise, ouvert du matin au soir. On peut y déguster le matin un café de spécialité réalisé par notre barista avec une viennoiserie, puis déjeuner le midi un bon petit plat préparé par notre Chef, avant de se retrouver entre collègues pour une pause goûter, une réunion informelle ou pour profiter d’une animation que nous déployons, comme une dégustation de glaces Bachir ou une masterclass Yann Couvreur. Le soir, nous pouvons organiser des événements avec notre offre Traiteur, et les collaborateurs peuvent acheter directement des produits du supermarché Frichti dans leur Cafet’ ", développe Olivia Coville.
Et l’offre a trouvé son public. Présente par exemple chez Colas, filiale de Bouygues, chez Doctolib ou encore chez Wojo, un espace de bureaux partagés du groupe Accor, la Cafet' compte aujourd’hui vingt restaurants dans ses rangs. "Cela représente 10 % du chiffre d’affaires de Frichti et le B2B génère maintenant la moitié des revenus de l’entreprise. Quand je suis arrivée, la proportion tournait plutôt autour de 30 %. C’est une mission passionnante, et l’offre Cafet’ rencontre un succès très important, ce qui nous pousse à nous dépasser tous les jours", sourit Olivia Coville.
Si bien et à tel que point qu’elle a même pris, au mois de mai, de nouvelles responsabilités. Arrivée initialement chez Frichti pour prendre en charge la Cafet', elle endosse désormais la double casquette de directrice B2B et B2C. Un défi qu’elle a hâte de relever : "Le plus important, c’est l’histoire que nous racontons. Tout le monde a besoin de savoir pourquoi il se lève le matin. Moi, c’est de faire vivre des expériences aux gens. Pour nos clients Cafet', cela démarre par la dégustation quotidienne de bons plats cuisinés jusqu’à l’organisation d’un concert au sein de leur entreprise pour la fête de la musique. Si nous parvenons à faire ressentir des émotions, c’est gagné. C’est un peu ça le trait d’union entre URW et Frichti. Et cela le sera pour la suite aussi".
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

